NPA- Mardi 21 Juillet 2020
Semaine après semaine, les Gilets Jaunes de Nîmes réclament la libération de Roland Veuillet. Accompagnés de leurs sympathisants, ils se relaient devant la prison de Nîmes pour donner une bruyante sérénade de soutien à leur camarade qui y est incarcéré depuis cinquante jours.
Rappelons que Roland Veuillet a été condamné le 2 juillet 2020, par une justice aux ordres de l’exécutif, à douze mois de prison, dont six mois de prison ferme avec mandat de dépôt et six mois de prison avec sursis, assortis de mille cinq cent euros d’amende. Le motif en est son refus de se plier à l’interdiction qui lui avait été faite de participer à une manifestation, suite à un précédent procès pour avoir vigoureuse dénoncé des violences policières contre lui et contre les Gilets Jaunes.
Le cas de Roland Veuillet est emblématique de l’acharnement judiciaire et des persécutions qui frappent les opposants aux réformes régressives d'Emmanuel Macron. Ces réformes antisociales, qui succèdent aux attaques de François Hollande, livrent les travailleurs à l’exploitation patronale la plus cynique. L’émergence du mouvement des Gilets Jaunes a rendu visible une nouvelle couche de travailleurs souffrant de ce système globalement injuste.
Pour mater ces opposants aux mains nues, mais nombreux et persévérants, le pouvoir aux abois a déchainé contre eux des bataillons de forces de l’ordre en armure et lourdement armés. Les images crues des graves blessures physiques subies par de nombreux manifestants, diffusées sur les réseaux sociaux, ont fait comprendre à tout un chacun de quoi les capitalistes sont capables.
Afin de leur faire passer l’envie de manifester, les protestataires ont été constamment menacés, provoqués et conduits à la faute par les policiers, en uniforme ou non. Malheur à ceux qui se sont hasardés à porter plainte contre eux. Les lois bourgeoises ne sont pas faites pour les exploités. Les frais d’avocat et les amendes disproportionnées, compte tenu de leurs faibles moyens, ont fini par appauvrir ceux qui l’étaient déjà suffisamment. Des Gilets jaunes ont signalé que des amendes ont même été immédiatement et directement ponctionnées sur leur compte, mettant leurs familles dans la gêne la plus extrême. Cela s’appelle une punition collective.
Dans cet arsenal, le pire est la prison, en raison des conditions de détention indigne de nombre d’établissements pénitentiaires en France, dont celui de Nîmes. Selon l’Observatoire International des Prisons (OIP), on trouve dans ces établissements « surpopulation chronique, vétusté, insalubrité, hygiène défaillante, carence d'activités et absence d’intimité générant violences et tensions ». La France a été condamnée à dix sept reprises par la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) qui prohibe la torture et les traitements inhumains ou dégradants qui y règnent, sans effet.
Avec la pandémie du coronavirus, c’est la double peine pour les détenus en raison du risque de propagation dans ces bombes épidémiologiques que sont les prisons. En dépit des mesures d’exception prises dans la précipitation par la justice française pour baisser le nombre de détenus de droit commun, la surpopulation est toujours aussi scandaleuse élevée. La volonté réactionnaire de punir passe avant le reste.
Aux dernières nouvelles à Nîmes, un communiqué du Comité de Soutien à Roland Veuillet (CSRV) du Vendredi 17 Juillet 2020 indique que « l'exaspération née de la surpopulation carcérale à la maison d’arrêt de Nîmes s’est fait entendre. A tour de bras, les coups sur les barreaux bouillants des cellules ont résonné à travers la prison. Dès leur arrivée, des surveillants se mettent en grève. Plus tard, dans la cour, une centaine de prisonniers refusent de regagner leurs cellules surpeuplées, torrides et imbibées des odeurs fécales des toilettes et celles fétides de transpiration et de moisissure, et l'agitateur Roland Veuillet est placé à l’isolement ».
La justice française acceptera-t-elle de libérer Roland Veuillet en surmontant sa haine vengeresse contre un militant politique qui a osé la défier ainsi que la police en combattant les injustices commises par la classe au pouvoir contre la classe ouvrière ? Ou bien, la pandémie de coronavirus se poursuivant, le mettra-t-elle délibérément en danger de mort dans sa cellule surpeuplée, à la chaleur étouffante et où, à soixante deux ans, il couche sur un matelas posé à même le sol ?
Nous adressons cet appel à la justice avec un grand j, non seulement en faveur de Roland Veuillet mais aussi de tous les Gilets Jaunes et de tous les militants persécutés comme lui. Et nous n’oublions pas non plus la masse des prisonniers de droit commun que l’injustice sociale qui règne dans notre pays a conduits dans ces prisons inhumaines.
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