Petition updateSOS Démocratie en périlLe nombre de blessures aux yeux par LBD en forte hausse avec les Gilets jaunes
Collectif INTER-ORGANISATIONNELFrance
Nov 2, 2019

Une étude menée auprès des CHU de France et publiée dans la revue scientifique « The Lancet » recense vingt-cinq cas de blessures oculaires en 2018 et quinze sur la période étudiée de 2019, contre deux et un cas en 2016 et 2017.
Le Monde avec AFP – le 2 novembre 2019

Une étude menée auprès des CHU de France et publiée dans la revue médicale britannique "The Lancet"a dressé la liste des blessures oculaires suspectées d’avoir été causées par les lanceurs de balle de défense (LBD), une arme utilisée par les forces de l’ordre. Leur nombre est en forte hausse depuis la crise des Gilets jaunes.

Les auteurs de l’étude, intitulée « Blessures oculaires causées par des armes non létales en France », ont fait parvenir une « enquête rétrospective » à tous les CHU de France, où sont traités les patients les plus gravement atteints, pour recenser les cas suspectés de blessures oculaires par LBD, sur la période allant de février 2016 à août 2019.

Les auteurs, des médecins et des chercheurs français, soulignent que la législation du pays ne prévoit pas de collecte de données systématique sur les blessures causées par ces armes, utilisées notamment pour le maintien de l’ordre. Deux cas sont recensés en 2016, un en 2017, mais vingt-cinq en 2018 – année du début de la crise des « Gilets jaunes » – et quinze sur la période étudiée de 2019.

« Premier bilan dans une revue scientifique »
Sur le total de quarante-trois cas étudiés, vingt ont été traités par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dont le patron, Martin Hirsch, a relayé vendredi sur Twitter l’article du "Lancet", qu’il a qualifié de « premier bilan publié dans une revue scientifique ».
L’âge moyen des victimes est de 26 ans. Il y a trente-huit hommes et cinq femmes. Vingt-cinq patients présentent des blessures ouvertes au globe oculaire et dix-huit d’autres traumatismes, notamment à la rétine (dix cas). Il y a vingt-cinq cas de fractures orbitales, douze de fractures de la face et deux de dommages au cerveau. Trente des quarante-trois patients ont dû être opérés, à une ou plusieurs reprises. Parmi eux, neuf ont dû être énucléés.
Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, les méthodes d’intervention et les violences attribuées aux forces de l’ordre font l’objet de nombreux débats. Depuis le 17 novembre 2018, 2 500 manifestants et 1 800 membres des forces de l’ordre ont été blessés, selon les chiffres du ministère de l’intérieur.

2 novembre 2019 Ludo Rossi Le Monde /AFP

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