Deux fois, la justice a ordonné la libération immédiate d'Antonin Bernanos, deux fois, le parquet a fait immédiatement appel. Demain, mardi 29 octobre, la cour d'appel doit trancher.
Rappel des faits :
➡️ COMMUNIQUÉ DU COLLECTIF LIBÉRONS-LES • 24 octobre 2019
Mardi, pour la deuxième fois consécutive, la justice a ordonné la libération immédiate d’Antonin Bernanos. Comme la fois précédente, le parquet de Paris a immédiatement fait appel de cette décision. Allant même jusqu'à déposer un référé-détention pour maintenir Antonin en prison jusqu'à l'audience d'appel qui se tiendra mardi 29 à 9h. Ce référé-détention a été rejeté ce jeudi par la justice mais la libération d'Antonin est conditionnée au versement d'une caution de 10 000 €.
Pour rappel, le 16 avril 2019, Antonin a été arrêté quelques heures après un affrontement entre antifascistes et militants d’extrême-droite.
Il est emprisonné depuis, alors qu’il nie les faits. Le dossier tient uniquement sur le témoignage du militant du militant de Génération identitaire et hooligan d’extrême-droite, Antoine Oziol de Pignol.
Seul incarcéré en raison de son profil militant dans ce qui reste une simple affaire de bagarre, Antonin a vu s’acharner contre lui l’institution judiciaire : permis de visites accordés uniquement à sa famille après deux mois d’attente, rétention systématique du courrier, placement en isolement à Fresnes, transfert surprise à la Santé alors que des dispositions venaient d’être prises pour qu’il puisse mener à bien ses études, menace de le déplacer hors d’Île-de-France pour le couper de ses proches...
Depuis six mois, la juge d’instruction Sabine Kheris n’a pas mené d’enquête. Rien n’a été ajouté au dossier, elle n’a organisé aucune confrontation avec Antoine Oziol de Pignol, ni même auditionné les autres prévenus. Elle s’oppose pourtant encore à la remise en liberté d’Antonin, en prétextant que l’enquête est toujours en cours, et qu’il représente un « trouble à l’ordre publique » - ce qui n'est pas autorisé dans une simple affaire de droit commun.
Elle ose même affirmer qu’Antonin n’a pas donné sa version des faits, alors que c’est le seul mis en examen qu’elle a elle-même auditionné le 20 août dernier. Audition qui n'a d'ailleurs duré que quelques minutes, s'est illustrée par l'incapacité de la juge de fournir des éléments à charge contre Antonin ainsi que sa méconnaissance totale du dossier.
Bref, la justice française fait durer autant que possible une incarcération infondée, parce qu’elle fantasme Antonin en « leader de l’extrême-gauche » extraparlementaire. De mystérieuses sources ne le dépeignaient-elles pas en « chef du black bloc » en août dernier, dans un article ordurier d’Europe 1, lorsque sa libération état à l’ordre du jour et que le G7 approchait ?
C’est le vide du dossier qui conduit Charles Prats (le juge qui avait placé Antonin en détention il y-a six mois), en dépit de son hostilité publique envers les antifas et sa proximité avec l’extrême-droite, à ordonner aujourd’hui la remise en liberté d’Antonin.
Son ordonnance n’en est pas moins symptomatique du caractère politique et délirant de cette affaire. D'abord, la présomption d'innocence d'Antonin y est balayée. Deuxièmement, Prats qualifie encore de « lâche » le mode opératoire habituel des antifas, qu’il qualifie d’« hommes de main » et de « nervis ». Il va jusqu’à ordonner un suivi de soins psychiatriques et éducatifs pour permettre à Antonin d'acquérir « les valeurs de la citoyenneté ». Toujours cette habitude de psychiatriser la révolte contre l’ordre établi.
Il pousse l'absurdité jusqu'à exiger une caution exorbitante de 10 000 euros, fait rarissime pour une affaire aussi mince, en prévision d’une condamnation.
Enfin il ordonne un contrôle judiciaire extrêmement strict, envoyant Antonin loin de Paris, pour le couper de ses proches et de ses études, mais aussi de son activité militante.
De plus, cette manière de faire durer la prison hors les murs se double d’une clause étonnante : l’interdiction de se rendre à toute manifestation.
Après trois pages consacrées à dépolitiser l’affaire et fantasmer sur la violence des antifas, l’évidence refait surface. Si Antonin est en prison, c’est parce que c’est un militant révolutionnaire que l’État français entend couper de la contestation qui fait rage dans le pays. A l’heure où le gouvernement ouvre une nouvelle offensive raciste, et que des soulèvements populaires traversent le monde, quoi de plus logique que de réprimer les antifascistes ?
Soyons nombreux, aux côtés d'Antonin, mardi 29 octobre, pour l’audience d’appel au TGI de Paris (métro Cité) !