Aggiornamento sulla petizioneSNCF: Pour que Neko ne soit pas mort pour rien, exigeons une procédure !« Allô SNCF, il y a quelqu’un ? Georgia vous appelle »
LOLA MARTIN & son conjoint YOAN A.Quincié-en-Beaujolais, Francia
21 mar 2023

Chers signataires ;

Près de trois mois se sont passés depuis la mort de Neko. Aujourd’hui, Georgia a besoin de vous. Désemparée face au silence de la SNCF, elle adresse une lettre ouverte à ses dirigeants. Merci de partager la lettre au maximum sur les réseaux sociaux à l'aide du lien, et en utilisant les hashtag #Neko #NekoMontparnasse #SNCF et #NomoreNekos Ensemble, alertons la SNCF et ses dirigeants. Montrons-leur que Neko reste dans nos mémoires, et qu'on ne lâchera rien ! 

Lettre ouverte à Messieurs FARANDOU et FANICHET

            Je vous interpelle, par la présente, sur l’absence d’empathie, de courtoisie, de considération et, en somme, de réponse de la part de vos services. En dépit des nombreuses réclamations que je vous ai adressées et de la médiatisation de la mort de notre chat Neko, âgé de quatre ans et demi, le silence assourdissant de la SNCF se perpétue, laissant un sentiment de mépris à mon égard. Je n’ai pas d’autre choix que de faire publier cette lettre ouverte sur la pétition, espérant que sa diffusion auprès de l’ensemble des signataires vous fera, enfin, réagir. 

            La vie de Neko s’est injustement et brutalement arrêtée le 2 janvier 2023 peu après 18h10 sur la voie 8 de la gare de Paris Montparnasse. Ma fille Melaïna, âgée de 15 ans, et moi-même avons été témoins de cette exécution en règle sur fond de mépris. Bien que parfaitement au courant de la présence de Neko sous le TGV, vos employés n’ont pris aucune initiative pour nous permettre de sauvegarder l’intégrité et la vie d’un adorable et inoffensif animal, terrorisé par l’agitation de la gare en ce soir de grands retours de vacances. 

Certes, il s’est accidentellement échappé de son sac de transport vingt minutes avant de départ du TGV. Ces vingt longues minutes nous offraient la possibilité de sauver Neko par de simples actions – comme en témoignent de nombreux agents SNCF solidaires de ma cause – sans même retarder d’une minute le départ du train, et sans prendre de mesures drastiques. Là aussi, de nombreux agents SNCF solidaires de ma cause témoignent de situations d’animaux dans la même posture que Neko récupérés en à peine quelques minutes sans avoir à paralyser le trafic ferroviaire de toute une gare. Seul un agent SNCF a su faire preuve de bienveillance et a tenté de faire ce qu’il a pu pour nous aider. Les autres à qui nous avons eu à faire le 2 janvier 2023 sont restés insensibles, et apathiques face à nos appels à l’aide. Aucune initiative n’a permis de sauver la vie de notre chat.

Deux semaines plus tard, je vous adressais neuf messages. Tous restés sans réponse. Exception faite d’un mail dans lequel l’une de vos employées suggère un lien vers un formulaire de réclamation me dirigeant sur un bot sur lequel la rubrique me concernant ne figure pas dans le menu déroulant. Hélas « Exécution d’animal domestique » est absent. Un numéro de dossier a été créé pour deux des autres messages. Ces dossiers sont actuellement indiqués comme « clos ». Aucune suite ne m’a été donnée aux réclamations que je vous ai adressées.

Le 16 janvier, je postais le récit des faits sur la page Facebook SNCF Voyageurs. Près de 3000 personnes, des inconnus pour la plupart, m’ont fait un retour. Y compris des employés SNCF, actuels et passés. Plusieurs d’entre eux n’ont pas caché leur indignation, condamnant l’attitude de leurs semblables présents sur la voie 8 le 2 janvier 2023 entre 17h40 et 18h10. J’ai bénéficié d’un soutien moral énorme de la part de la majorité des personnes ayant réagi. SNCF Voyageurs n’a pas pris la peine de me laisser un commentaire, et encore moins le moindre message d’empathie.

Quelques jours plus tard, l’affaire Neko était médiatisée. La cadence médiatique aura duré près d’une semaine. Dès le premier jour, les personnes ayant gentiment joué de leurs contacts pour provoquer la médiatisation ont pris l’initiative de créer la pétition rassemblant plus de 77000 signatures. Vous n’avez même pas pris la peine de réagir à la pétition en ligne. A l’occasion de la médiatisation, et uniquement parce que la médiatisation de l’affaire Neko devenait gênante, votre « service communication » s’est fendu d’un communiqué de presse pour le moins laconique, reprenant des éléments de langage déviant du sujet initial afin de noyer le poisson.

Vos communiqués ont été démentis par certains de vos propres salariés. Vous indiquez que « le risque d’électrocution est réel car un train à quai est toujours alimenté ». Il n’existe, selon des conducteurs, un risque d’électrocution… que si le pantographe est levé. Et si il était levé, pourquoi ne pas l’avoir baissé ? D’ailleurs, deux semaines plus tard, une vidéo amateure montrant un agent SNCF descendant à la hâte sur les voies à la suite d’un problème de raccordement de TGV à Paris Gare de Lyon m’a été envoyée. Pourquoi avoir ignoré ma requête de faire partir le train doucement, et l’avoir laissé à prendre de la vitesse en sortie de gare, à l’endroit où le corps de Neko avait été retrouvé ? Vous indiquez qu’il est interdit de descendre sur les voies. Encore faut-il rappeler, comme en témoignent des agents SNCF reprenant des exemples vécus, qu’il n’était pas nécessaire de prendre des mesures draconiennes pour sauvegarder l’intégrité et la vie de Neko. Ne suffisait-il pas d’interrompre le flux de voyageurs afin de rassurer Neko et de nous laisser l’appeler depuis le quai ? De tels exemples m’ont été donnés par des agents SNCF solidaires de ma cause. Lorsque les faits se sont déroulés, il m’a bien été indiqué qu’il ne faut pas descendre sur les voies. Ironiquement, une fois le TGV parti, il était possible de descendre sur les voies pour récupérer la dépouille de Neko, il me l’a même été proposé ! Vos communiqués se heurtent à des arguments d’évidence et à des démentis d’agents SNCF, de vos propres salariés. Vous voudrez bien m’épargner de ces mêmes arguments pour le moins bancals.

A l’issue, ma fille et moi restons consternées par l’absence de réponse de SNCF, par ce mépris ambiant, par ce manque de tact dans votre façon de gérer un tel dossier. Je suis victime. Ma fille aussi. Et surtout Neko. Victimes de la grande défaillance de votre service clientèle. Une défaillance qui engendre un traumatisme chez nous, et qui a coûté la vie à un être très cher, à un membre de notre famille. Une défaillance amplifiée par votre silence à notre égard, à nous les victimes toujours en vie. La blessure ne se voit pas mais elle est bel et bien là. 

Car peu importe la situation, contexte ou lieu, ce n’est pas normal de ne pas tenter de sauver la vie d’un animal ; de le condamner sciemment à mourir par de l’inaction et de l'insensibilité ; et de faire subir à l’animal et à ses maîtres 20 minutes d’appréhension, d’angoisse et de détresse avant de leur imposer à assister à sa mise à mort, et de façon violente. Si vos agents avaient réagi autrement, nous n’en serions pas là, aujourd’hui.

Je mérite une réponse adressée à moi personnellement. Même si cela ne nous ramènera pas notre Neko. 

Neko, aux grands yeux verts expressifs dotés d’un eyeliner naturel envié de toutes. Alors que simple chat de rue, il faisait racé et ressemblait à un Ragamuffin. Il avait de grosses pattes blanches duveteuses, des moustaches d’une longueur interminable et son duvet de chaton à l’âge adulte. Sa fourrure épaisse multicolore (blanc, gris, marron, noir, tigré et écaille de tortue) incluait poils sous les coussinets et émergeant des oreilles. M’obligeant à acheter un aspirateur robot pour effacer le chemin de pelage qu’il laissait derrière lui. Sa queue touffue volée à un renard faisait mieux les poussières que mon plumeau.

Neko se laissait manipuler sans rouspéter, ne crachait pas, ne griffait pas. Il a su séduire même ceux méfiants ou méprisant les chats. C’était une crème. Par moments, il se cachait des adultes. Mais une fois apprivoisé, il les squattait en continu. Il révérait les caresses mais ne se frottait pas contre les humains. Il préférait lécher ses disciples. Il répondait à son prénom, il s’asseyait ou sautait lorsqu’on le lui demandait, il venait lorsqu’on l’appelait. Il montrait une grande empathie et une forte sensibilité axée sur les humains l’entourant. Il savait quand il fallait les apaiser, les réconforter ou les laisser tranquilles. Le matin, il attendait sagement notre réveil avant de réclamer sa popote. 

Puis, qu’est-ce qu’il pouvait être bavard le jeunot ! Une batterie de bruitages et de miaulements sortait de son museau à longueur de journée. Il suffisait de lui présenter la brosse pour qu’il arrive en courant roucoulant comme un pigeon pour sa séance de brushing. Impossible de s’échapper à Monsieur en fermant la porte : il savait les ouvrir, en sautant sur la poignée, en tirant ou poussant, et hop ! 

Dans la voiture, il s’installait sur le siège arrière en position Sphinx et matait le paysage. En train ou en avion, il était dans sa caisse de transport, bien à l’aise et profitant du voyage pour faire sa sieste. Il ne réclamait de la quitter qu’une fois au bon port. Lors d’un vol, il avait aussi droit à des caresses des hôtesses pendant que je sirotais mon jus de tomate rondelle citron épicé. Je vous entends en me lisant dire « encore une folle qui pense que son animal est le meilleur au monde » mais avec Neko, je n’étais pas la seule fan.

Lorsqu’on ne voyageait pas avec lui, on le laissait avec un pote à la maison, chez des amis ou en pensionnat. Après un séjour chez une amie, elle ne voulait plus nous le rendre tellement elle en était gaga ! Un week-end avec Neko a suffit pour qu’une autre adopte un matou alors qu’elle avait déjà une chienne. Le pensionnat où il passait ses vacances est aussi bouleversé que nous par son décès. Il y avait tissé des liens forts avec le personnel et quelques-uns de ses colocataires au cours de ses deux séjours.

Les souvenirs ne meurent jamais, mais notre Neko, lui, n’est plus là. Par votre faute. Aujourd’hui encore, lorsque l’on rentre à la maison, on s’attend à ce que Neko nous accueille à la porte. On s’attend à le voir sur son fauteuil préféré. Ses jouets jouent au cache-cache avec nous. On tombe dessus par hasard, en ouvrant un placard et des émotions nous giflent la gueule. Malgré deux mois de rangement, on retrouve toujours des poils. Ses poils. Dans un tiroir. Sur le bureau. Sous le fauteuil. Sur nos vêtements. Nos doigts peuvent presque le sentir à ces moments-là. Et on pousse un soupir.

Dès que ma fille entend « Memoir #2 » de May Roosevelt, elle se met à pleurer. Elle a découvert cette chanson avec Neko à ses côtés, les deux affalés sur le lit en mode fainéant. Elle déclare que la mélodie « me fait ressurgir le même désespoir que j’ai ressenti durant les 20 minutes précédant la mort de Neko »

Neko nous manque. Neko manque à toutes les personnes qui ont eu la chance de le côtoyer, de le caresser, de le garder. Il manque à tous les signataires de la pétition, à toutes les personnes qui ont eu connaissance de son histoire au travers de la couverture médiatique. Les défenseurs de la cause animale sont outrés, horrifiés par la fin tragique de Neko. Votre silence nous prive des réponses essentielles à faire notre deuil.

            Aujourd’hui, j’exige des explications. En tant que client. En tant que passager. En tant que Grand Voyageur. En tant qu’être humain. Et j’ai des questions. Beaucoup de questions. Pourquoi répondez-vous par le biais des communiqués de presse à des journalistes ? Des communiqués de presse communiquant des excuses sans jamais vous excuser. Pourquoi esquivez-vous les responsabilités ? Pourquoi vos services ont-ils clôturé mes réclamations ? Pourquoi nul ne me répond au nom de SNCF de manière officielle ? Suis-je considérée comme une « emmerdeuse à temps complet » ? Nous sommes clients de votre entreprise. Vous devez nous répondre, nous considérer. Vous devez, en tant qu’entreprise d’envergure nationale financée par des capitaux publics, apporter des explications et des solutions. Au-delà de la situation individuelle qui intéresse ma fille et moi-même, il est urgent que votre entreprise instaure une procédure pour que de tels faits ne se reproduise plus. Plus de 77000 personnes ont signé la pétition. Vous restez silencieux, indifférents. Pas un mot. Pas une réaction. Rien ! Est-ce digne d’une entreprise qui a, dans le passé, relevé des défis historiques ?

Au-delà d’une réponse personnalisée adaptée à ma situation, j’exige une réunion privée dans un espace clos avec l’intégralité du personnel SNCF présents sur les TGV 8551 et 8592 le 2 janvier 2023 ainsi que dans le cadre de l’embarquement de ces TGV voie 8 de 17h40 à 18h40. Le moment est venu de discuter face-à-face. C’est une demande entièrement raisonnable ! Vous devez nous accorder au moins cela. Après deux mois sans nouvelles. Tellement de temps que ma fille et moi avions toutes les deux vieilli d’un an en patientant.

Je souhaiterais également qu’un grand mural avec le portrait de Neko soit peint sur la gare Montparnasse en son honneur. Pour jamais l’oublier. Pour que plus jamais cela n’arrive à un autre animal. Pour qu’il ne soit pas mort pour rien "

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