Petition updateSilence coupable : la détresse d’un homme face à un géant d’État : EDFChapitre – Le TJ de Charleville-Mézière : le jour où la vérité a parlé !
Arnaud BEGINSaint Maclou La Brière, France
Oct 18, 2025

Chapitre – Cour d’appel de Reims : le jour où la vérité a parlé

(...)
Le 28 avril 2025, je me suis assis sur le banc d’un tribunal, dans cette salle froide du correctionnel de Charleville-Mézières. Les murs étaient pâles, sans caractère, comme s’ils voulaient rappeler que la justice, ici, se voulait neutre. Mais en moi, rien n’était neutre. J’étais en ébullition. Des années de calomnies, d’humiliations, de nuits d’angoisse contenues dans quelques minutes de silence, avant que la présidente ne prenne la parole.

À ma droite, Maître Picard, mon avocat. Calme. Imperturbable. Millimétré. En face, celui qui m’avait traîné dans la boue cinq ans plus tôt : Philippe VUIART, technicien EDF, mon subordonné. C’est lui qui m’avait accusé. Lui qui avait inventé de toutes pièces des gestes que je n’ai jamais commis étrangement 15 jours après avoir dénoncé mon harcèlement moral. Agressions sexuelles, disait-il. Trois gestes imaginaires. Et moi, en quelques jours, j’étais devenu un homme à fuir. Un pestiféré. Et ce jour-là, dans cette salle d’audience, toute cette haine, tout ce mensonge, revenaient s’asseoir face à moi. Un homme froid, sec, plus de 55 ans, sans compagne. Enfin… si ; une dans toute sa vie. 

Tout avait commencé le 2 novembre 2019, à la centrale de Chooz. Je travaillais à la centrale depuis un an. Ce jour-là, pendant que je faisais mon travail, VUIART se rendait à la gendarmerie. Trois gestes, prétendait-il. Un contact furtif aux fesses, deux autres « attouchements » près du photocopieur, sans date et sans témoin. Rien. Aucune preuve. Aucune logique. Des scènes sorties de son imagination, et pourtant prises au sérieux par la Direction, vous savez, les mêmes "fossoyeurs" qui ont été condamnés moral par la Cours d'Appel de Reims ; pour harcèlement moral en novembre 2024. 

Quand j’ai appris que la direction était au courant, j’ai cru m’effondrer. Je venais à peine de reprendre après un an d’arrêt maladie, suite à un harcèlement moral déjà bien installé chez EDF. Et maintenant, j’étais accusé de ce qu’il y a de plus abject.

Je n’étais plus un ingénieur, plus un cadre supérieur. J’étais devenu « le suspect ».

On m’a isolé. Surveillé. Humilié. EDF, l’entreprise à laquelle j’avais donné plus de vingt ans, s’est retournée contre moi. Elle m’a écrasé. Sans même chercher à comprendre. De son Directeur à son DRH , et en passant par son Directeur Délégué, ils ont tous préféré tourner la tête ! 

J’ai porté plainte, le 9 novembre 2019, pour dénonciation calomnieuse.

Mais la justice, elle aussi, a fermé les yeux. Classé sans suite. Mis de côté. Il m’a fallu des mois de lettres, de relances, de preuves, pour faire rouvrir le dossier. J’ai tout fait moi-même. Récupéré les données de badge, que la direction refusait de transmettre sans l’ordre du procureur. Trouvé les témoins. Démontré les incohérences.

Le 31 octobre 2019, à 16h30, moment supposé des faits, mon ordinateur avait été déconnecté. J’étais en discussion avec deux collègues. Et lui, le menteur, badgeait sa sortie trente minutes plus tard.

Mais la rumeur, elle, n’attendait pas les preuves. Dans les couloirs, on chuchotait. On me fuyait. Certains baissaient les yeux, d’autres me regardaient comme un fantôme. À Paluel, on m’appelait  par la suite « la buse ». Mon nom, on l’évitait. On disait « AB ». Ou pire, on ne disait rien : "celui dont on ne dit pas le nom" ! 

Et puis il y a eu le rapport psychiatrique. Noir sur blanc : "organisation psychotique de la personnalité, tendances persécutives, délires érotomaniaques". Voilà qui était Philippe VUIART. Il allait même jusqu’à dire qu’il voulait « protéger les enfants » d’un pédophile imaginaire. De la folie pure. Et cette folie, le Procureur DE-CAIGNY à Charleville l’a cachée. Scandaleux, mais protégé par ses auxiliaires de justice : le CSM et le gardes des sceaux ! 

Mais EDF ? Eux, ils ont continué à détourner le regard. À me traiter comme une menace. À tenter de me licencier pour faute grave avec cette affaire à coup de milliers d'euros auprès de cabinets payés pour vous faire accuser comme "Empreinte Humain" ou encore le cabinet "JLO". À me mettre au placard comme un problème gênant, qu’on dissimule plutôt qu’on affronte.

Les fossoyeurs d’EDF, ce ne sont pas seulement ceux qui harcèlent. Ce sont ceux qui se taisent. Ceux qui couvrent. 

Puis est venu le 12 mai 2025. Le jour du jugement. Je me souviens du ton de la présidente. Calme. Solennel. Chaque mot tombait comme un couperet.

« Le tribunal considère que Philippe VUIART a sciemment dénoncé des faits inexacts. » Ces mots, je les ai reçus comme un souffle après des années d’apnée. La justice me reconnaissait enfin comme victime.

Mais pas EDF. Non. Eux continuent de le protéger. Lui. Cet homme condamné. Même les syndicats de Chooz, notamment la CFDT – l’ont soutenu. C’est à ne rien comprendre.

M. VUIART a écopé de 3 000 euros d’amende avec sursis. Alors que la procureure avait requis 12 mois de prison avec sursis. Douze mois avec sursis. Ce jugement, c’est une honte. Une insulte. Trois juges incapables de prendre la mesure des faits. Une justice des Ardennes trop complaisante avec les puissants. Avec EDF et son plus gros employeur : la centrale nucléaire de Chooz. 

Ce n’est pas une victoire. Pas vraiment. On ne sort pas indemne d’un tel mensonge. Mais c’est une reconnaissance. L’État a dit : je n’étais pas coupable. J’ai été sali. Accusé à tort. Abandonné.

Je ne suis pas sorti en héros. Je suis sorti tremblant, vidé. Avec ce sentiment d’avoir survécu à quelque chose d’inhumain. Parce que le vrai procès, ce n’était pas seulement celui de VUIART. C’était celui d’EDF.

Cette machine hiérarchique, froide, sans âme, qui a préféré me sacrifier plutôt que de regarder la vérité en face. J’ai compris une chose, au fil de ces années : le silence tue plus sûrement que la calomnie. Chez EDF, on n’enterre pas que les preuves. On enterre les consciences. Ils n’utilisent pas de pelles. Leur arme, c’est le silence. Leur méthode, c’est le classement sans suite. Leur signature, c’est ce DRH qui te dit, d’un ton lisse : « La justice suit son cours" ! 
Oui, elle a suivi son cours. Et ce jour-là, elle m’a rendu un fragment de dignité.

Mais à quel prix ? Six ans. De solitude. De honte. D’insomnie. Pour effacer un mensonge que certains continuent encore de murmurer. Ce chapitre, ce n’est pas une revanche. C’est un témoignage. Celui d’un homme qu’on a voulu faire taire.
Mais qui a choisi, malgré tout, de rester debout. Et si ce livre s’appelle Les Fossoyeurs d’EDF, c’est parce que je sais maintenant comment on détruit des vies, au nom d’une hiérarchie. M. VUIART est l’un d’eux. Un fossoyeur.
Comme tous ceux qui ont fermé les yeux. (...). 

Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X