

Prologue – Ce n’est pas une histoire banale Ce livre n’est pas un roman.
Ce n’est pas une fiction.Et ce n’est pas un simple témoignage. C’est un acte.
Un acte de parole dans un système qui préfère le silence. Un acte de résistance dans un environnement où l’on écrase ceux qui posent les mauvaises questions. Un acte de mémoire pour ceux que l’on a effacés, intimidés, isolés.
Je m’appelle BEGIN Arnaud. Pendant vingt-cinq ans, j’ai travaillé pour EDF. Vingt-cinq ans à croire que j’étais utile. Que je servais un bien commun. J’y ai cru. Sincèrement. Et j’en ai payé le prix.
Un jour, j’ai compris que cette entreprise – que je pensais forte, solide, juste – ne l’était plus. Ce jour-là, j’ai compris que les dirigeants n’étaient plus là pour servir. Mais pour régner. Que la loyauté ne protégeait pas. Elle exposait. Que la vérité dérangeait. Et que ceux qui la disent deviennent des cibles.
J’ai été licencié. Pas pour faute. Pas pour incompétence. Mais pour avoir dérangé un équilibre malsain entre EDF et ses protecteurs politiques. Pour avoir mis en avant de graves dysfonctionnements en terme de sûreté nucléaire !
Car ce livre ne parle pas uniquement d’une entreprise. Il parle d’un système où les syndicats jouent le jeu d'EDF ! D’un État actionnaire à 100 %, mais jamais responsable. De ministres qui se défaussent. De députés absents.
D’une caste protégée, et de ceux qu’on sacrifie pour qu’elle reste intacte.
Il parle de Tricastin. De fausses victimes. De vrais bourreaux.
D’un prétendu lanceur d’alerte transformé en figure héroïque, pendant qu’on broyait les vrais témoins. Il parle d’un avocat de renom, figure du barreau parisien, qui défend l’indéfendable à coups de médias et d’effets de manche. Et il parle de ces petits fonctionnaires, silencieux, invisibles, qui ont obéi sans poser de questions. Par confort. Par peur. Par ambition.
Ce livre ne plaira pas à tout le monde. Il dérangera. Il secouera. Il mettra des noms. Des faits. Des responsabilités.Il ne cherche pas le scandale. Il cherche la vérité.
Ce n’est pas un règlement de compte. C’est un appel à ouvrir les yeux face à cette entreprise dont les PDG et les membres du COMEX sont et ont été des "fossoyeurs". Car ce que j’ai vécu, d’autres le vivent. Et d’autres encore le vivront.
Si on continue à se taire.
Chapitre – Une entreprise, un État, une trahison
Vingt-cinq ans. C’est le temps que j’ai donné à EDF. Un quart de siècle d’engagement, de loyauté, de travail. Vingt-cinq ans à croire, comme tant d’autres, que l’entreprise publique incarnait quelque chose de plus grand que nous : le service de l’intérêt général. La continuité énergétique. L’égalité d’accès. La fierté d’un savoir-faire français.
Mais ce que j’ai découvert, au fil des années, c’est une lente métamorphose. Une décomposition progressive. EDF n’est plus ce qu’elle prétend être. Ce n’est plus une entreprise au service du public, mais une machine. Une machine à exclure. À broyer. À se couvrir. Une structure où la loyauté est punie, où le courage dérange, où l’éthique fait rire.
Ce livre est né de cette fracture. D’un moment de bascule. Celui où j’ai compris que le système, tout entier, m’avait abandonné. Pire : qu’il s’était ligué contre moi. Que mon licenciement, loin d’être une décision interne isolée, avait été encouragé, validé, facilité par l’État lui-même – cet État qui possède 100 % d’EDF.
Et quand je parle de l’État, je parle de ses plus hauts représentants : ministres, Premiers ministres, députés. Tous ceux qui auraient pu, à un moment ou un autre, lever la main et dire : Non. Stop. Ce n’est pas juste. Aucun ne l’a fait, de M. Attal à M. Bayrou ! Et que dire de M. Le-Maire et M. Lescure ! (...).
Ils m’ont laissé tomber. Ou pire : ils ont activement contribué à ma chute.
Je parle ici de Gabriel Attal, de François Bayrou, et de bien d’autres. Des hommes de pouvoir qui, lorsqu’interpellés, se réfugient derrière la fameuse séparation des pouvoirs. Un écran de fumée. Une farce. Car enfin, qui nomme le président d’EDF ? Qui touche les dividendes ? Qui décide des EPR ou des fermetures de centrales comme sous François Hollande ? Qui pilote réellement cette entreprise ? L’État. Toujours l’État.
Alors qu’on ne vienne pas me parler d’indépendance. Il n’y en a pas. Il n’y en a jamais eu. (...).
Et puis, il y a l’affaire. Celle qui a tout déclenché. Tricastin, le fameux site nucléaire du Tricastin, le pire site en terme de sûreté de toute la flotte nucléaire d'EDF !
Et Hugo, cet homme que certains ont érigé en figure héroïque, soutenu à coups de tribunes par La France Insoumise, protégé dans l’ombre. C’est lui qui, par ses accusations, a allumé la mèche de mon éviction.
Aujourd’hui, Hugo est défendu par un avocat célèbre de la place de Paris. Un nom qui fait trembler les prétoires. Un avocat qui se pare des habits de la justice, mais qui, à mes yeux, sert surtout une cause : celle du spectacle médiatique. Un avocat que je ne pourrais même pas me payer, moi, pour défendre ma propre vérité. Pour moi c'est un simple auxiliaire de justice ! (...).
Et puis vient le 10 octobre 2023. Une date que je n’oublierai jamais.
Ce jour-là, je suis convoqué pour un entretien préalable au licenciement.
Rendez-vous à Saint-Denis. Je sors du métro Place Pleyel. Il est tôt. Il fait froid. L’air est tendu. Et là, je les vois. Quatre voitures des Renseignements généraux.
Oui, quatre. Pour moi. Un simple citoyen. Un salarié convoqué. Je suis leur cible. Leur sujet. Ils me prennent en photo. Alors je fais pareil. Je les salue.
Je ne suis pas un danger. Je n’ai jamais été une menace. Alors pourquoi cette mise en scène ? Qui a ordonné ce déploiement ? Et avec quel argent ? Celui des Français. Celui du contribuable.
À l’époque, le ministre de l’Intérieur s’appelait Gérald Darmanin.
Je lui ai écrit. Deux fois. Aucune réponse. Peut-être mon nom ne valait-il pas le détour depuis les bureaux feutrés de la République. Peut-être son diplôme de Sciences Po ne lui permettait-il pas de répondre aux gens ordinaires.
Mais M. Darmanin, lui, n’hésite pas à traîner ses opposants en justice à coup de plainte pour "diffamation" sur les plateaux de télévision dès que vous êtes en désaccord avec lui. Pas avec son argent, bien sûr. Avec le vôtre. Avec celui de l’État.
La plainte comme arme politique. La peur comme outil de dissuasion.
Et pendant ce temps-là, on nous explique que l’État manque de moyens policiers pour lutter contre la délinquance ? Mais moi, ce jour-là, j’ai eu quatre voitures de police politique comme comité d’accueil. Quatre. Pour une convocation RH. (...).
Je me souviens aussi de M. Reber, le DRH adjoint qui m’a reçu. Un homme glacial. Sans humanité. Sans regard. Sans empathie.
Un ami cadre chez EDF m’a dit de lui : « C’est un tueur. » Un professionnel de la mise à mort managériale.
Et ironie du sort : agrégé de mathématiques. Un scientifique reconverti en bras armé du harcèlement. Appuyé au plus haut niveau. Il aura son propre chapitre, croyez-moi.
Tout cela ne serait rien si ça ne racontait qu’une histoire personnelle. Mais ce livre ne parle pas que de moi. Il parle d’un système.
D’un système où les valeurs s’effondrent.
D’un système où l’on détruit les individus pour préserver les intérêts.
D’un système où l’État protège les siens, et écrase les autres.
Ce que j’ai vécu, d’autres le vivent. D’autres le vivront. Tant que ce silence perdurera.
C’est pour cela que j’écris. Pas pour me venger. Mais pour dire, rétablir, dénoncer.
Pour qu’un jour, peut-être, on arrête de protéger les fossoyeurs. Et qu’on commence enfin à protéger ceux qui font tourner la maison.
Écrire ce livre me demande du temps, de l’énergie, du courage. Le publier demande des moyens.
Je le fais seul, sans maison d’édition pour me dicter ses conditions, sans aide institutionnelle — bien sûr. Car ce livre dérange et il va déranger. Et ceux qu’il met en cause ne veulent pas qu’il existe.
Alors, si vous pensez que ce témoignage doit voir le jour, si vous estimez qu’il est temps que les silences cessent, vous pouvez m’aider à le faire exister.
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