Signez le manifeste du Parlement de la rivière Creuse !

Signataires récents:
Sébastien COSSON et 15 autres ont signé récemment.

Le problème

Manifeste du Parlement de la rivière Creuse


Nous, femmes et hommes de bonne volonté, librement réunis sous forme de Parlement, nous nous proclamons Gardiens et Gardiennes de Creuse.

À partir d'aujourd'hui, nous agirons avec détermination pour défendre les intérêts de la rivière, des plus de 10 000 km de son bassin-versant et nous lui prêterons notre voix commune.

Nous affirmons que Creuse est, par essence, une entité naturelle irremplaçable que l'on doit protéger de toute aliénation.

Creuse prend sa source sur le plateau granitique de Millevaches. Elle chemine sur quelque 263 kilomètres pour aller mêler ses eaux à celles de la rivière Vienne.

Creuse pulse la vie autour de nous, irrigue notre histoire et nos existences intimes et collectives.

Elle est née bien avant que nous, les humains, ne nous dressions sur nos pieds.

En artiste inspirée, Creuse a sculpté patiemment les paysages autour d’elle, jusqu’à ce que nous, humains, lui en dénions le droit pour nous l'approprier.

Creuse nous abreuve et nous nourrit depuis des milliers d’années. Nous arpentons ses rives, nous nous baignons, nous pêchons, nous naviguons en ses eaux.

Ainsi, nous, Gardiens et Gardiennes de la rivière, sommes conscients que :

  • L’avenir de Creuse dépend de nous, mais que, plus encore, le nôtre dépend du sien ;
  • Le bien-être de Creuse garantit celui de toutes ses populations, humaines et autres qu’humaines.

Cependant, l’artificialisation des milieux naturels, leur destruction et leur exploitation ont conduit à une forte dégradation de la santé de la rivière.

Nous, Gardiens et Gardiennes, constatons que :

Actuellement sur les 263 km de son cours il ne reste plus que 40 km de rivière sauvage. sachant que la grande majorité des ouvrages, à quelques exceptions près, altèrent la qualité des eaux, compromettent la circulation des sédiments et des poissons migrateurs, renforcent les phénomènes d’évaporation dans un contexte de réchauffement climatique, violant ainsi les droits fondamentaux de Creuse.

Nous, Gardiens et Gardiennes de Creuse, affirmons :

  • La nécessité d’établir avec la rivière et ses entités naturelles, des relations justes et équitables, non uniquement basées sur l’utilité, l’efficacité et le rendement économiques.
  • Que la reconnaissance et la défense de ses droits et ceux de ses affluents sont indispensables à la renaissance de Creuse pour l’avenir. 

Le Parlement de Creuse, souhaite mener un double combat :

  • Faire découvrir ou redécouvrir Creuse, dans toutes ses dimensions, au plus grand nombre, à travers des approches sensibles et scientifiques.
  • Faire reconnaître Creuse et son bassin comme une entité juridique, sujet de droit et, ce faisant, apporter notre contribution au mouvement pour les droits de la Nature.

Le Parlement de Creuse s’engage à défendre les droits fondamentaux de Creuse et de ses affluents, tels que définis ci- après :

  • Le droit de s’écouler librement ;
  • Le droit à la santé ;
  • Le droit à la préservation et la régénération de son intégrité et à sa restauration ;
  • Le droit de remplir ses fonctions essentielles dans ses écosystèmes ;
  • Le droit d’alimenter et d’être alimentée par des aquifères durables ;
  • Le droit à la conservation de sa biodiversité indigène et de ses paysages naturels.

Ces droits, une fois reconnus à partir des meilleures connaissances scientifiques existantes, devront être garantis par la mise en place de mécanismes réglementaires et financiers adéquats et effectivement respectés par les pouvoirs publics, les acteurs et actrices privés, dans toutes les actions ou décisions concernant la rivière et ses affluents, en application des principes directeurs suivants :

  • Le principe de coexistence et d’interdépendance entre Creuse et les riverains et riveraines, impliquant la responsabilité de défendre et préserver la rivière, afin de garantir le bien-être durable de toutes les formes de vie du bassin versant pour elles-mêmes, sans que prévalent les usages et intérêts des activités humaines.
  • Le principe In dubio pro natura (en cas de doute, privilégions la Nature), visant en cas de doute sur l’interprétation des dispositions, des vides juridiques ou de conflits entre deux normes juridiques équivalentes, à résoudre ces questionnements en privilégiant les alternatives les moins dommageables pour la Nature.

Le Parlement de Creuse s’engage à œuvrer pour l’application pleine et entière des droits de la rivière tels qu’énumérés dans ce manifeste.

Pour cela, le Parlement :

  • Organisera une agora annuelle lors du festival « Chapitre Nature ».
  • Mettra en œuvre des actions de sensibilisation, de sciences participatives, de préservation et de restauration.
  • Mobilisera l’ensemble des moyens artistiques, historiques, politiques, juridiques, scientifiques… Pour éveiller les consciences.
  • Agira au nom et dans l’intérêt de la rivière Creuse pour représenter ses intérêts dans toute procédure judiciaire ou devant toute personne ou institution.
  • Mettra en lumière les initiatives d’autres Gardiens et Gardiennes dédiées à la protection des cours d’eau. 4
  • Encouragera et appuiera les études et analyses scientifiques, afin d’identifier tout dommage écologique et d’en donner alerte.
  • Identifiera des lieux de rencontre et des actions communes ou réplicables afin de créer du lien et du relai le long de la rivière et autour d’elle.
  • Agira pour une meilleure représentation citoyenne dans la gestion de la rivière auprès des instances de l’eau, sachant que l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables des milieux naturels, comme le rappelle la Charte de l’environnement adossée à la Constitution française.
  • Accueillera d’autres Gardiennes et Gardiens afin que grandisse cette communauté.
  • Élaborera un plaidoyer à l’attention des élus, des institutions et des entreprises afin d’influencer activement la construction d’une nouvelle représentation juridique, culturelle sociale et économique du monde, fondée sur le respect des milieux naturels et du Vivant.

Fait à Argenton-sur-Creuse
Le 25 mai 2025

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Sébastien COSSON et 15 autres ont signé récemment.

Le problème

Manifeste du Parlement de la rivière Creuse


Nous, femmes et hommes de bonne volonté, librement réunis sous forme de Parlement, nous nous proclamons Gardiens et Gardiennes de Creuse.

À partir d'aujourd'hui, nous agirons avec détermination pour défendre les intérêts de la rivière, des plus de 10 000 km de son bassin-versant et nous lui prêterons notre voix commune.

Nous affirmons que Creuse est, par essence, une entité naturelle irremplaçable que l'on doit protéger de toute aliénation.

Creuse prend sa source sur le plateau granitique de Millevaches. Elle chemine sur quelque 263 kilomètres pour aller mêler ses eaux à celles de la rivière Vienne.

Creuse pulse la vie autour de nous, irrigue notre histoire et nos existences intimes et collectives.

Elle est née bien avant que nous, les humains, ne nous dressions sur nos pieds.

En artiste inspirée, Creuse a sculpté patiemment les paysages autour d’elle, jusqu’à ce que nous, humains, lui en dénions le droit pour nous l'approprier.

Creuse nous abreuve et nous nourrit depuis des milliers d’années. Nous arpentons ses rives, nous nous baignons, nous pêchons, nous naviguons en ses eaux.

Ainsi, nous, Gardiens et Gardiennes de la rivière, sommes conscients que :

  • L’avenir de Creuse dépend de nous, mais que, plus encore, le nôtre dépend du sien ;
  • Le bien-être de Creuse garantit celui de toutes ses populations, humaines et autres qu’humaines.

Cependant, l’artificialisation des milieux naturels, leur destruction et leur exploitation ont conduit à une forte dégradation de la santé de la rivière.

Nous, Gardiens et Gardiennes, constatons que :

Actuellement sur les 263 km de son cours il ne reste plus que 40 km de rivière sauvage. sachant que la grande majorité des ouvrages, à quelques exceptions près, altèrent la qualité des eaux, compromettent la circulation des sédiments et des poissons migrateurs, renforcent les phénomènes d’évaporation dans un contexte de réchauffement climatique, violant ainsi les droits fondamentaux de Creuse.

Nous, Gardiens et Gardiennes de Creuse, affirmons :

  • La nécessité d’établir avec la rivière et ses entités naturelles, des relations justes et équitables, non uniquement basées sur l’utilité, l’efficacité et le rendement économiques.
  • Que la reconnaissance et la défense de ses droits et ceux de ses affluents sont indispensables à la renaissance de Creuse pour l’avenir. 

Le Parlement de Creuse, souhaite mener un double combat :

  • Faire découvrir ou redécouvrir Creuse, dans toutes ses dimensions, au plus grand nombre, à travers des approches sensibles et scientifiques.
  • Faire reconnaître Creuse et son bassin comme une entité juridique, sujet de droit et, ce faisant, apporter notre contribution au mouvement pour les droits de la Nature.

Le Parlement de Creuse s’engage à défendre les droits fondamentaux de Creuse et de ses affluents, tels que définis ci- après :

  • Le droit de s’écouler librement ;
  • Le droit à la santé ;
  • Le droit à la préservation et la régénération de son intégrité et à sa restauration ;
  • Le droit de remplir ses fonctions essentielles dans ses écosystèmes ;
  • Le droit d’alimenter et d’être alimentée par des aquifères durables ;
  • Le droit à la conservation de sa biodiversité indigène et de ses paysages naturels.

Ces droits, une fois reconnus à partir des meilleures connaissances scientifiques existantes, devront être garantis par la mise en place de mécanismes réglementaires et financiers adéquats et effectivement respectés par les pouvoirs publics, les acteurs et actrices privés, dans toutes les actions ou décisions concernant la rivière et ses affluents, en application des principes directeurs suivants :

  • Le principe de coexistence et d’interdépendance entre Creuse et les riverains et riveraines, impliquant la responsabilité de défendre et préserver la rivière, afin de garantir le bien-être durable de toutes les formes de vie du bassin versant pour elles-mêmes, sans que prévalent les usages et intérêts des activités humaines.
  • Le principe In dubio pro natura (en cas de doute, privilégions la Nature), visant en cas de doute sur l’interprétation des dispositions, des vides juridiques ou de conflits entre deux normes juridiques équivalentes, à résoudre ces questionnements en privilégiant les alternatives les moins dommageables pour la Nature.

Le Parlement de Creuse s’engage à œuvrer pour l’application pleine et entière des droits de la rivière tels qu’énumérés dans ce manifeste.

Pour cela, le Parlement :

  • Organisera une agora annuelle lors du festival « Chapitre Nature ».
  • Mettra en œuvre des actions de sensibilisation, de sciences participatives, de préservation et de restauration.
  • Mobilisera l’ensemble des moyens artistiques, historiques, politiques, juridiques, scientifiques… Pour éveiller les consciences.
  • Agira au nom et dans l’intérêt de la rivière Creuse pour représenter ses intérêts dans toute procédure judiciaire ou devant toute personne ou institution.
  • Mettra en lumière les initiatives d’autres Gardiens et Gardiennes dédiées à la protection des cours d’eau. 4
  • Encouragera et appuiera les études et analyses scientifiques, afin d’identifier tout dommage écologique et d’en donner alerte.
  • Identifiera des lieux de rencontre et des actions communes ou réplicables afin de créer du lien et du relai le long de la rivière et autour d’elle.
  • Agira pour une meilleure représentation citoyenne dans la gestion de la rivière auprès des instances de l’eau, sachant que l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables des milieux naturels, comme le rappelle la Charte de l’environnement adossée à la Constitution française.
  • Accueillera d’autres Gardiennes et Gardiens afin que grandisse cette communauté.
  • Élaborera un plaidoyer à l’attention des élus, des institutions et des entreprises afin d’influencer activement la construction d’une nouvelle représentation juridique, culturelle sociale et économique du monde, fondée sur le respect des milieux naturels et du Vivant.

Fait à Argenton-sur-Creuse
Le 25 mai 2025

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Pétition lancée le 7 juin 2025