SDF : mis à l’abri durant l’hiver, expulsés à l'arrivée de l'été ?

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Ils et elles ont été mis à l'abri du froid cet hiver, d'autres depuis plusieurs années, mais avec les beaux jours, ils et elles se retrouvent sans solution pérenne d'hébergement. Des familles, mères célibataires, personnes âgées seules ou en couples, tous sans domicile-fixe ayant été tirés de la rue pourraient s’y retrouver de nouveau.

Entre mars et fin juin 2018, 2816 personnes hébergées sur Paris voient leur centre d’accueil fermer sans propositions sérieuses d'hébergement suite à la fin du plan hivernal et des fermetures de centres normalement pérennes.

Le président E. Macron annonçait fin juillet 2017 à Orléans qu'il ne voulait plus « avoir des femmes et des hommes [dormant] dans les rues, dans les bois » d'ici à la fin de l'année. Force est de constater l’échec de cette promesse et pire encore, l’aggravation de la situation que nous constatons, nous acteurs de terrain, travailleurs sociaux et personnes hébergées réunies pour vous adresser ce message. Nous nous sommes réunis en un collectif solidaire nommé "Sans Toit Pas Sans Nous" pour réagir face à la menace imminente des expulsions à l'arrivée de l'été et soutenir les personnes hébergées au Grands Voisins à Paris.

Fin de l'hiver, fin des crédits pour l'hébergement ?

Quand vient l’hiver et le grand froid, tous les services de l’État se mettent en branle pour ne laisser personne mourir sur les trottoirs parisiens, cela ferait mauvais genre devant les médias et l’opinion attentifs. Mais lorsque les beaux jours reviennent, ces mêmes services expulsent et malmènent celles et ceux que le Samu social et les associations ont recueillis durant l’hiver. Aujourd'hui, ces services centralisés par les préfectures ne proposent pas (ou pas suffisamment) de solutions de relogement pérenne car il faut faire des économies nous dit-on.

Les coupes budgétaires atteignent 38 millions d’euros (9% du budget) pour la seule Île-de-France  dans le secteur de l’hébergement d’urgence sur l’année 2018. Les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), qui accueillent 43 000 personnes sans domicile pour des périodes de plusieurs mois ou années, sont priés de faire 53 millions d'euros d'économie en 4 ans, dont 20 millions dès 2018.

Ces coupes budgétaires ont pour conséquence directe de menacer la qualité de l’accueil et de l’accompagnement. Dans le même temps, le gouvernement n’engage aucune action permettant l’utilisation des multiples bâtiments publics vacants (Hôpitaux désaffectés, caserne, etc) dans la région. Et combien de logement et bureaux vides à Paris ?

Engagés pour un toit pour tous
Nous, citoyens engagés, qui travaillons avec ces publics et partageons la vie des centres d’hébergement, demandons une réaction rapide permettant à ces milliers de personnes d’avoir, encore demain, un toit et une insertion sociale possible.

Nous formulons trois demandes urgentes pour lesquels nous demandons le soutien des citoyens par cette pétition :

  1. Garantir le respect de la loi : Le collectif réclame le respect du code de l’action sociale et des familles (articles L345-2-2 et L345-2-3) qui oblige les pouvoirs publics à « proposer des solutions d’hébergement adaptées à la situation de chacun » dans les meilleurs délais. Ce-ci est la responsabilité de Jacques Mézard, Ministre de la Cohésion des territoires et de Julien Denormandie, secrétaire d'État auprès du ministre de la Cohésion des territoires, mais aussi de Gérard Collomb, ministre de l'Intérieur, dont les préfets peuvent faire ouvrir des bâtiments publics inoccupés.
  2. Revenir à un niveau de financement des centres d’hébergement acceptable : Les coupes budgétaires annoncées réduisent les chances de réinsertion sociale et professionnelle des personnes les plus fragiles. Nous demandons de  revaloriser en urgence le financement des centres d’hébergement et CHRS afin d’assurer la pérennité de leurs missions de mise à l’abri et d’accompagnement vers l’insertion sociale.
  3. Faciliter l’accès aux espaces vacants : Pour rappel, l’Atelier Parisien d’Urbanisme recense en 2017, 205000 logements inoccupés à Paris - sans compter les bureaux, équipements, hôpitaux, casernes…

Une expérience comme celle des "Grands Voisins" est la preuve, depuis 2015, que l’accueil de personnes vulnérables en centre-ville, couplé avec des activités associatives et artistiques, est générateur de nouvelles solidarités et d'une attractivité de quartier favorisant l'économie locale. Ces dispositifs innovants doivent être étendus par le gouvernement comme une solution à dupliquer dans les espaces vacants afin de réduire l’urgence sociale actuelle tout en favorisant des expériences urbaines innovantes et durables.
 
Collectif solidaire "Sans Toit, Pas sans Nous"

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