Fin de la répression des étudiant.e.s à Sciences Po Rennes

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Pétition lancée par le collectif P.N.L. : Pour une Nouvelle Liste, une Nouvelle Lutte (liste étudiante au Conseil d'Administration).

Le 11/04/19, une Réunion publique contre la répression a produit un tract contre des menaces d'exclusion d'étudiant.e.s de Sciences Po Rennes, tract largement relayé sur internet et distribué dans tout Rennes et les établissements d'enseignement supérieur. Nous nous retrouvons dans le discours de ce tract et le prenons comme référence pour notre initiative. Nous invitons à lire ce document, à parler aux étudiant.e.s concerné.e.s, et lançons finalement cette pétition. Elle vise à répondre à une attaque cynique et profondément politique de la part de l'équipe à la tête de l'IEP, ainsi que de ses soutiens, contre des camarades qui ont osé "nuire à l'image de l'institut"...

Au total sur cette année, la direction de Sciences Po Rennes a lancé au moins 3 procédures disciplinaires ciblées contre des étudiant.e.s mobilisé.e.s dans le mouvement social (lutte antisexiste, opposition à la sélection à l'université, soutien aux lycéen.ne.s, précaires et travailleur.euses en lutte...). Dans le même temps, les dépôts de plaintes, à la fois nominatives et contre X, n'ont cessé de pleuvoir au moindre prétexte. En particulier, les 5 élu.e.s au CA de la liste P.N.L. et un groupe de diplômé.e.s de l'an dernier en font les frais... Les menaces et prises à partie individuelles sont aussi régulières.

→ A travers cette pétition, nous exhortons la direction de l'IEP à renoncer à sa politique répressive par le retrait des procédures en cours, et à laisser librement les mouvements étudiants se tenir dans l'enceinte de l'établissement.

Le tract :

" MENACES D’EXCLUSIONS A SCIENCES PO RENNES LUTTONS CONTRE LA RÉPRESSION, ORGANISONS LA RIPOSTE !


Au printemps dernier, le mouvement étudiant, s’inscrivant au niveau national, s’est implanté à l’IEP : blocages, occupation, diffusion de tracts, AG réunissant jusqu’à 500 personnes, etc. Les étudiant.es ont même réussi à annuler leurs partiels pour poursuivre la mobilisation avec d’autres secteurs en lutte, malgré l’invitation de la police, par la direction, aux portes de l’IEP. C’est le début de la mise en place d’une répression systématique et structurée de toute forme d’expression contestataire. Dès septembre, le mouvement social s’est poursuivi dans un contexte national de protestations (gilets jaunes, mouvement lycéen, mouvement écolo...) avec de nouveau des blocages, l’occupation d’une salle et des actions collectives. Le mouvement féministe s’est enfin ancré à l’IEP avec une ampleur et un rapport de force plus important qu’auparavant, afin de dénoncer un établissement patriarcal dans lequel se perpétuent des violences sexistes et sexuelles. Cela fait résonance aux luttes antisexistes présentes dans d’autres lieux d’études, mais aussi de travail et de vie de Rennes et d’ailleurs. Comme le reste du mouvement social, la direction y a répondu par la répression.


Alors que plusieurs actions en justice ont été menées dans l’année par la direction, ces dernières semaines ont vu la multiplication de dépôt de plaintes, s’inscrivant dans un processus de judiciarisation systématique. D’abord, au mois de mars, suite à la publication d’un communiqué sur un potentiel partenariat de l’IEP avec la police nationale, les 5 élèves de la liste étudiante majoritaire P.N.L. ont été menacé.es d’un dépôt de plainte pour violation de la correspondance, soupçonné.es d’avoir accédé.es illégalement à des informations.


Ensuite, au moins 3 étudiantes mobilisées ont été notifiées de conseils de discipline et de plaintes à leur encontre. La première pour un motif de « chantage » et « menaces » contre la direction lors d’une intervention au CA et pour « participation au blocage et occupation illégale d’une salle de classe ». Les autres pour « distribution de tracts à caractère diffamatoire » lors de la journée portes ouvertes. Les sanctions encourues vont jusque l’exclusion définitive de l’établissement.


Enfin, en début de semaine, suite à une intervention d’anciens élèves lors de la remise des diplômes qui dénonçait les méthodes de la direction durant leur cursus, une plainte contre X a été déposée. Étant donné la disproportion des sanctions encourues par rapport aux faits reprochés, on peut pressentir la mise en place d’une répression des mobilisations et d’une censure du tractage généralisée.


Ces attaques s’inscrivent dans un cadre méthodiquement préparé. Après l’occupation d’une salle de l’IEP, la direction a convoqué un Conseil d’Administration « extraordinaire » sans même respecter les cadres légaux pour une telle réunion et en a fait une séance de règlement de comptes (pressions sur les élu.e.s étudiant.e.s). Il en est sorti un texte donnant aval à la direction pour prendre les mesures nécessaires à mater toute « perturbation » du quotidien de l’établissement. La direction invoque ces revendications pour sortir un nouveau règlement intérieur ouvertement orienté contre la pratique des blocages et des occupations. Les commissions disciplinaires sont l’aboutissement politique de cette manœuvre qui vise à faire des exemples et empêcher toute contestation dans l’IEP. On peut remarquer finalement que ces procédures disciplinaires et plaintes nominatives arrivent à la veille des partiels alors que les étudiant-e-s sont moins disponibles pour se défendre, ce qui témoigne du cynisme de la direction.


Ces mesures mises en place à Sciences Po ne doivent pas être vues comme isolées, elles s’ancrent dans un climat plus global qui tente de dépolitiser les lieux d’études et de travail par une répression conjointe : celle de l’appareil administratif des lieux d’études, celle de l’appareil patronal des lieux de travail et celle de l’appareil judiciaire de l’Etat. En France, plus de 400 gilets jaunes ont été condamnés à de la prison ferme ou à du sursis. Et plus localement, à Rennes, le mouvement a connu une série de perquisitions, GAV et convocations courant mars.

Face à la répression, continuons à nous organiser, cassons l’isolement, perturbons par tous les moyens les instances répressives. Si vous recevez une convocation chez vous ou chez vos parents, écrivez à la page Facebook Sciences Po Rennes En lutte.


RDV Mardi 23 avril pour une AG à Sciences Po à 12h30 "