Save the Boutique des Cahiers! / Sauvons la Boutique des Cahiers !

Le problème

                                    (see also this text translated into English below)

Il faut sauver la Boutique des Cahiers de Charles Péguy

L’Amitié Charles Péguy, association créée en 1942 pour préserver l’intégrité de l’œuvre de Péguy vis-à-vis de récupérations partisanes, croit de son devoir de signaler au grand public le projet d’une probable dénaturation d’un lieu de mémoire majeur de la vie intellectuelle de la France (et même d’Europe) du début du XXème siècle.

La Boutique des Cahiers, créée par Charles Péguy au 8 rue de la Sorbonne, au cœur du Quartier latin, fut bien plus qu’une boutique d’édition et de commercialisation de sa revue, les Cahiers de la Quinzaine. Ce fut aussi, malgré son étroitesse, un lieu de rassemblement, de discussions et d’échanges entre les contributeurs de la revue et ses abonnés de province lors de leur passage à Paris. 

La Boutique et les Cahiers furent un lieu de rassemblement des dreyfusards, auquel il convient d’associer la personne de Bernard-Lazare, et un lieu privilégié pour la défense de la liberté d’expression des différents courants socialistes. Elle devint progressivement un lieu d’édition pour des auteurs encore peu connus et dont elle assura la notoriété, Romain Rolland, en premier lieu, futur Prix Nobel de 1915, avec la publication en de multiples Cahiers de son Jean-Christophe, et de la Vie de Beethoven. Péguy permit à Antonin Lavergne d’y publier son Jean Coste, refusé partout. Ce qui donna l’occasion à Péguy de publier de son côté son essai De Jean Coste, en réponse aux critiques formulées vis-à-vis de l’auteur. Il y publia maints Cahiers pour la défense de peuples opprimés, sur les Arméniens victimes du Sultan Abdulhamid, les massacres de juifs de Kitchinev, la situation dans les deux Congo, et singulièrement celle du Congo français, suite à la mission d’inspection confiée à Savorgnan de Brazza, parmi de nombreux autres, … Il y publia aussi lui-même ses œuvres poétiques, ses Mystères, après son retour à une foi chrétienne plus mystique que cléricale. Mais il y publia aussi les souvenirs du communard Maxime Vuillaume, sur dix numéros jusqu’en juin 1914 avec le titre explicite (suggéré par Péguy lui-même), Mes Cahiers rouges, …

Il y publia ses essais au retentissement toujours actuel, L’Argent, hommage aux « hussards noirs », les « élèves-maîtres » républicains qui l’avaient formé, et Notre Jeunesse, pour ne citer que les plus connus. 

La notoriété de cette modeste boutique était internationale au temps de Péguy, et elle perdure aujourd’hui tant en France qu’à l’étranger. Dans le monde germanique, que pourtant Péguy ne ménageait guère, on doit relever son jeune traducteur allemand, Ernst Stadler, né à Colmar mais d’ascendance bavaroise, mort en Belgique quelques mois après Péguy, et l’intérêt manifesté par l’autrichien Egon Schiele qui réalisa un portrait très expressif de Péguy publié à la une de la revue allemande Die Aktion dès que la mort de Péguy fut connue. Dans le monde anglo-saxon, John Middleton Murry (1899-1957) a décrit Péguy dans sa boutique, aperçu par la vitrine, confectionnant lui-même les paquets destinés à ses abonnés. T. S. Eliot (1888-1965), qui perfectionna son français avec Alain-Fournier, a cotoyé lui aussi Péguy aux cours de Bergson ; il s’inspira de l’expérience des Cahiers pour créer sa propre revue Criterion. Sir Geoffrey Hill (1932-2016) consacra tout un poème à Péguy The Mystery of the Charity of Charles Péguy (1983). Ne manquant pas de passer devant la Boutique des Cahiers lors de ses séjours à Paris, il déplorait dans ses conférences que Péguy n’y soit pas suffisamment mis en valeur. 

Enfin ce fut aussi un haut lieu de la défense du bergsonnisme, et d’Henri Bergson (encore un autre Prix Nobel) qui accepta de s’occuper de la succession compliquée de Péguy et de l’éducation de ses enfants. Trop faible pour y participer, peu avant sa mort, il fit lire un texte lors de l’inauguration de la plaque apposée au-dessus de la Boutique. 

Quelle ne serait pas l’indignation de toutes ces personnes en apprenant que cette Boutique fameuse pourrait devenir un Coffee Shop, une sandwicherie, (voire un salon de coiffure comme le suggérait l’annonce de l’agence spécialisée). 

De nombreuses voix proposèrent à deux occasions au moins que les restes de Charles Péguy soient transférés au Panthéon tout proche. C’est avec raison que les membres de sa famille s’opposèrent à ce transfert pour qu’il continue de reposer au milieu de ses compagnons à Villeroy, mais cela ne justifie en rien le saccage de ce lieu de mémoire que fut la Boutique des Cahiers jusqu’ici préservé.

Il semblerait qu’un bail soit sur le point d’être signé entre les propriétaires et un nouveau commerçant. Reste l’obtention d’un permis de construire pour adapter les lieux à un nouvel usage, et modifier la façade qui fait référence à son passé.

Il est donc encore temps de se mobiliser pour manifester notre indignation face à ce saccage culturel, alors même que d’autres solutions étaient en gestation.

Premier signataire
Jean-Yves CARADEC, Secrétaire général de l’Amitié Charles Péguy

 

 

Save the Boutique des Cahiers!

L’Amitié Charles Péguy, an association created in 1942 to preserve the integrity of Péguy’s works from partisan recuperations during the Vichy regime, believes it should inform the public of a project that will completely alter a major place of memory for French and European intellectual life from the early twentieth century. The Boutique des Cahiers, created by Charles Péguy at 8, rue de la Sorbonne, in the heart of the Latin Quarter in Paris, was more than the shop for a press or for simply selling his journal, the Cahiers de la Quinzaine. It was also an important meeting point, despite its narrow size, where discussions took place between the journal’s contributors and subscribers, and between subscribers from the provinces and Parisian intellectuals. The Boutique des Cahiers served as a place where dreyfusards could meet, and should also be associated with Bernard-Lazare. It was a privileged space for the defence of Liberty and freedom of expression for different socialist currents. It progressively became a place where lesser-known authors were published and thereby grew in reputation. For example, Romain Rolland, who was a Nobel Prize winner in 1915, benefited from many of Péguy’s Cahiers being devoted to the first publication of his Jean-Christophe, and of La Vie de Beethoven. Péguy allowed Antonin Lavergne to publish his Jean Coste, which had been refused by other publishers. That also became an occasion for Péguy to publish his essay De Jean Coste to respond to critics of the author. 

Péguy published many Cahiers to defend the oppressed, such as the Armenians who were victims of Sultan Abdulhamid, the Jews who were being massacred in Kitchinev, or the situation of the two Congos, and especially the French Congo, as inspected by Savorgnan de Brazza. Péguy championed underdogs, and he also published his own prose works, and his poetical works, particularly his Mystères after his return to a Christian faith that was more mystical than ecclesiastical. But he also published the memoirs of the communard Maxime Vuillaume in ten numbers of the Cahiers, right until June 1914, with the explicit title (suggested by Péguy himself), Mes Cahiers rouges …

Péguy’s essays, written to address issues of his time, still seem relevant for our time.  L’Argent contained a homage to the state's student-teacher “soldiers” (“hussards noirs”) that he was educated by, and Notre Jeunesse related his commitment to the cause of defending Alfred Dreyfus. Those are probably his best known essays, but of course others were and are just as relevant. 

The influence of Péguy’s modest storefront was international during his day, and has persisted until today both in France and abroad. In the German speaking world, which Péguy did little to woo after 1905, one should note Ernst Stadler, who was born in Colmar and of Bavarian descent: he chose to translate Péguy, and died a few weeks after Péguy, on the Belgian front at Ypres. The Austrian artist Egon Schiele made a very expressive portrait of Péguy that was published on the cover of the German journal Die Aktion as soon as Péguy’s death was made known. In the English-speaking world, John Middleton Murry (1899-1957) described Péguy standing in his shop, as Murry saw from the outside, tying up packages to be sent to his subscribers. T.S. Eliot (1888-1965) who took French lessons with Alain-Fournier, also must have noticed Péguy during the lectures by Henri Bergson that he attended at the Collège de France. Eliot’s letters reveal that he was influenced by Péguy’s Cahiers when he founded his own journal, The Criterion. Sir Geoffrey Hill (1932-2016) devoted a long poem to Péguy, The Mystery of the Charity of Charles Péguy (1983). When in Paris he never missed an opportunity to pass by Péguy’s Boutique des Cahiers, and in his talks he lamented that Péguy was not given his proper due. 

The Boutique was also a place where Bergsonism was defended, and Henri Bergson (another Nobel Prize winner) agreed to handle the complicated estate of Péguy and ensure the education of his children after he died. Shortly before Bergson died, because he was too weak to attend and participate himself, he wrote a text that was read for the inauguration of the memorial plaque affixed above the Boutique storefront.

How much indignation would all of these people feel to learn that the illustrious Boutique des Cahiers is about to become a Coffee Shop, a place for selling sandwiches (or even a hair salon, as the announcement at the real estate agency suggested). In the past, numerous voices had requested that Péguy’s remains be transferred to the Pantheon that is less than a ten-minute walk from the Boutique. Members of Péguy’s family carefully opposed those requests by saying that Péguy’s resting-place was justly next to his comrades-in-arms at Villeroy, but that does not justify the destruction of the heritage site of the Boutique des Cahiers that has in fact been preserved until now.

We have learned that a rental contract has been signed between the owners of the Boutique and a new commercial entrepreneur.  They must already be seeking a construction permit to adapt the shop for a new usage, modifying the bookshop-like interior and the façade which speaks of its past. There is still time to express our indignation at this cultural destruction, even as other solutions had been discussed. [Translated by Jennifer Kilgore-Caradec]

First signataire
Jean-Yves CARADEC, General Secretary to the Amitié Charles Péguy

 

 

 

 

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Le problème

                                    (see also this text translated into English below)

Il faut sauver la Boutique des Cahiers de Charles Péguy

L’Amitié Charles Péguy, association créée en 1942 pour préserver l’intégrité de l’œuvre de Péguy vis-à-vis de récupérations partisanes, croit de son devoir de signaler au grand public le projet d’une probable dénaturation d’un lieu de mémoire majeur de la vie intellectuelle de la France (et même d’Europe) du début du XXème siècle.

La Boutique des Cahiers, créée par Charles Péguy au 8 rue de la Sorbonne, au cœur du Quartier latin, fut bien plus qu’une boutique d’édition et de commercialisation de sa revue, les Cahiers de la Quinzaine. Ce fut aussi, malgré son étroitesse, un lieu de rassemblement, de discussions et d’échanges entre les contributeurs de la revue et ses abonnés de province lors de leur passage à Paris. 

La Boutique et les Cahiers furent un lieu de rassemblement des dreyfusards, auquel il convient d’associer la personne de Bernard-Lazare, et un lieu privilégié pour la défense de la liberté d’expression des différents courants socialistes. Elle devint progressivement un lieu d’édition pour des auteurs encore peu connus et dont elle assura la notoriété, Romain Rolland, en premier lieu, futur Prix Nobel de 1915, avec la publication en de multiples Cahiers de son Jean-Christophe, et de la Vie de Beethoven. Péguy permit à Antonin Lavergne d’y publier son Jean Coste, refusé partout. Ce qui donna l’occasion à Péguy de publier de son côté son essai De Jean Coste, en réponse aux critiques formulées vis-à-vis de l’auteur. Il y publia maints Cahiers pour la défense de peuples opprimés, sur les Arméniens victimes du Sultan Abdulhamid, les massacres de juifs de Kitchinev, la situation dans les deux Congo, et singulièrement celle du Congo français, suite à la mission d’inspection confiée à Savorgnan de Brazza, parmi de nombreux autres, … Il y publia aussi lui-même ses œuvres poétiques, ses Mystères, après son retour à une foi chrétienne plus mystique que cléricale. Mais il y publia aussi les souvenirs du communard Maxime Vuillaume, sur dix numéros jusqu’en juin 1914 avec le titre explicite (suggéré par Péguy lui-même), Mes Cahiers rouges, …

Il y publia ses essais au retentissement toujours actuel, L’Argent, hommage aux « hussards noirs », les « élèves-maîtres » républicains qui l’avaient formé, et Notre Jeunesse, pour ne citer que les plus connus. 

La notoriété de cette modeste boutique était internationale au temps de Péguy, et elle perdure aujourd’hui tant en France qu’à l’étranger. Dans le monde germanique, que pourtant Péguy ne ménageait guère, on doit relever son jeune traducteur allemand, Ernst Stadler, né à Colmar mais d’ascendance bavaroise, mort en Belgique quelques mois après Péguy, et l’intérêt manifesté par l’autrichien Egon Schiele qui réalisa un portrait très expressif de Péguy publié à la une de la revue allemande Die Aktion dès que la mort de Péguy fut connue. Dans le monde anglo-saxon, John Middleton Murry (1899-1957) a décrit Péguy dans sa boutique, aperçu par la vitrine, confectionnant lui-même les paquets destinés à ses abonnés. T. S. Eliot (1888-1965), qui perfectionna son français avec Alain-Fournier, a cotoyé lui aussi Péguy aux cours de Bergson ; il s’inspira de l’expérience des Cahiers pour créer sa propre revue Criterion. Sir Geoffrey Hill (1932-2016) consacra tout un poème à Péguy The Mystery of the Charity of Charles Péguy (1983). Ne manquant pas de passer devant la Boutique des Cahiers lors de ses séjours à Paris, il déplorait dans ses conférences que Péguy n’y soit pas suffisamment mis en valeur. 

Enfin ce fut aussi un haut lieu de la défense du bergsonnisme, et d’Henri Bergson (encore un autre Prix Nobel) qui accepta de s’occuper de la succession compliquée de Péguy et de l’éducation de ses enfants. Trop faible pour y participer, peu avant sa mort, il fit lire un texte lors de l’inauguration de la plaque apposée au-dessus de la Boutique. 

Quelle ne serait pas l’indignation de toutes ces personnes en apprenant que cette Boutique fameuse pourrait devenir un Coffee Shop, une sandwicherie, (voire un salon de coiffure comme le suggérait l’annonce de l’agence spécialisée). 

De nombreuses voix proposèrent à deux occasions au moins que les restes de Charles Péguy soient transférés au Panthéon tout proche. C’est avec raison que les membres de sa famille s’opposèrent à ce transfert pour qu’il continue de reposer au milieu de ses compagnons à Villeroy, mais cela ne justifie en rien le saccage de ce lieu de mémoire que fut la Boutique des Cahiers jusqu’ici préservé.

Il semblerait qu’un bail soit sur le point d’être signé entre les propriétaires et un nouveau commerçant. Reste l’obtention d’un permis de construire pour adapter les lieux à un nouvel usage, et modifier la façade qui fait référence à son passé.

Il est donc encore temps de se mobiliser pour manifester notre indignation face à ce saccage culturel, alors même que d’autres solutions étaient en gestation.

Premier signataire
Jean-Yves CARADEC, Secrétaire général de l’Amitié Charles Péguy

 

 

Save the Boutique des Cahiers!

L’Amitié Charles Péguy, an association created in 1942 to preserve the integrity of Péguy’s works from partisan recuperations during the Vichy regime, believes it should inform the public of a project that will completely alter a major place of memory for French and European intellectual life from the early twentieth century. The Boutique des Cahiers, created by Charles Péguy at 8, rue de la Sorbonne, in the heart of the Latin Quarter in Paris, was more than the shop for a press or for simply selling his journal, the Cahiers de la Quinzaine. It was also an important meeting point, despite its narrow size, where discussions took place between the journal’s contributors and subscribers, and between subscribers from the provinces and Parisian intellectuals. The Boutique des Cahiers served as a place where dreyfusards could meet, and should also be associated with Bernard-Lazare. It was a privileged space for the defence of Liberty and freedom of expression for different socialist currents. It progressively became a place where lesser-known authors were published and thereby grew in reputation. For example, Romain Rolland, who was a Nobel Prize winner in 1915, benefited from many of Péguy’s Cahiers being devoted to the first publication of his Jean-Christophe, and of La Vie de Beethoven. Péguy allowed Antonin Lavergne to publish his Jean Coste, which had been refused by other publishers. That also became an occasion for Péguy to publish his essay De Jean Coste to respond to critics of the author. 

Péguy published many Cahiers to defend the oppressed, such as the Armenians who were victims of Sultan Abdulhamid, the Jews who were being massacred in Kitchinev, or the situation of the two Congos, and especially the French Congo, as inspected by Savorgnan de Brazza. Péguy championed underdogs, and he also published his own prose works, and his poetical works, particularly his Mystères after his return to a Christian faith that was more mystical than ecclesiastical. But he also published the memoirs of the communard Maxime Vuillaume in ten numbers of the Cahiers, right until June 1914, with the explicit title (suggested by Péguy himself), Mes Cahiers rouges …

Péguy’s essays, written to address issues of his time, still seem relevant for our time.  L’Argent contained a homage to the state's student-teacher “soldiers” (“hussards noirs”) that he was educated by, and Notre Jeunesse related his commitment to the cause of defending Alfred Dreyfus. Those are probably his best known essays, but of course others were and are just as relevant. 

The influence of Péguy’s modest storefront was international during his day, and has persisted until today both in France and abroad. In the German speaking world, which Péguy did little to woo after 1905, one should note Ernst Stadler, who was born in Colmar and of Bavarian descent: he chose to translate Péguy, and died a few weeks after Péguy, on the Belgian front at Ypres. The Austrian artist Egon Schiele made a very expressive portrait of Péguy that was published on the cover of the German journal Die Aktion as soon as Péguy’s death was made known. In the English-speaking world, John Middleton Murry (1899-1957) described Péguy standing in his shop, as Murry saw from the outside, tying up packages to be sent to his subscribers. T.S. Eliot (1888-1965) who took French lessons with Alain-Fournier, also must have noticed Péguy during the lectures by Henri Bergson that he attended at the Collège de France. Eliot’s letters reveal that he was influenced by Péguy’s Cahiers when he founded his own journal, The Criterion. Sir Geoffrey Hill (1932-2016) devoted a long poem to Péguy, The Mystery of the Charity of Charles Péguy (1983). When in Paris he never missed an opportunity to pass by Péguy’s Boutique des Cahiers, and in his talks he lamented that Péguy was not given his proper due. 

The Boutique was also a place where Bergsonism was defended, and Henri Bergson (another Nobel Prize winner) agreed to handle the complicated estate of Péguy and ensure the education of his children after he died. Shortly before Bergson died, because he was too weak to attend and participate himself, he wrote a text that was read for the inauguration of the memorial plaque affixed above the Boutique storefront.

How much indignation would all of these people feel to learn that the illustrious Boutique des Cahiers is about to become a Coffee Shop, a place for selling sandwiches (or even a hair salon, as the announcement at the real estate agency suggested). In the past, numerous voices had requested that Péguy’s remains be transferred to the Pantheon that is less than a ten-minute walk from the Boutique. Members of Péguy’s family carefully opposed those requests by saying that Péguy’s resting-place was justly next to his comrades-in-arms at Villeroy, but that does not justify the destruction of the heritage site of the Boutique des Cahiers that has in fact been preserved until now.

We have learned that a rental contract has been signed between the owners of the Boutique and a new commercial entrepreneur.  They must already be seeking a construction permit to adapt the shop for a new usage, modifying the bookshop-like interior and the façade which speaks of its past. There is still time to express our indignation at this cultural destruction, even as other solutions had been discussed. [Translated by Jennifer Kilgore-Caradec]

First signataire
Jean-Yves CARADEC, General Secretary to the Amitié Charles Péguy

 

 

 

 

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