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Feb 10, 2019

CÉLINE FREMAULT: BETONNER 19 HECTARES, C'EST CA AGIR POUR LE CLIMAT???
Communiqué de presse, 05 février 2019.

Ce lundi, dans la suite de #WakeUpYourMinisters, des personnes ne se contentent pas d'annonces politiques face à la Loi Climat et lancent des actions intitulées « Incohérences Politiques ». Elles exigent des gestes concrets et comptent mettre les ministres face à leurs contradictions. La première action concerne la destruction de 19 hectares de terre arable à Haren, autorisée par la ministre Fremault, pour laisser place à la Maxi-Prison, projet déjà hautement polémique.

Ces dernières semaines ont été marquées par les marches citoyennes pour le climat, des actions de désobéissance, des déclarations d'organisations et finalement, ces derniers jours, par la campagne WakeUpYourMinisters. Ces mouvements dénoncent le manque de pas en avant de la part de nos représentants politiques. Ce lundi, des personnes ont décidé de dénoncer les pas en arrière effectués par ces mêmes politiciens.

"Nous sommes décidés à montrer le vrai visage de nos élu.e.s, surtout en période préélectorale, afin que les gens puissent prendre des décisions en connaissance de cause" déclare Jo. "D'un côté, Céline Fremault dit vouloir agir pour le climat, l'agriculture urbaine, la production locale via notamment son objectif de 30% de production locale à Bruxelles1 et être en faveur de la loi climat, prévoyant entre autres des espaces verts proches des habitations. De l'autre, cette même ministre délivre des permis pour bétonner de grands espaces naturels, comme ces 19 hectares, dernier poumon vert du nord de Bruxelles capable de permettre l'exécution de ces promesses. Cette incohérence, il faut la rendre visible", poursuit-elle.

Ainsi, des personnes se sont rendues sur le chantier de la Maxi-Prison pour brandir une banderole et ont interpellé personnellement Céline Fremault. Elles attendent non pas seulement une réponse, mais un réel positionnement cohérent de la part de la ministre : « Nous attendons de vous une démarche et une cohérence dans les actes », peut on lire dans l'e-mail.

En effet, la ministre bruxelloise n'a pas délivré le permis pour bétonner ces 19 hectares par manque d'alternative.
Au niveau carcéral, il existe des alternatives à la construction de la Maxi-Prison, notamment le projet De Huizen proposé dès le début du Masterplan ou encore la rénovation des prisons de Saint-Gilles et Forest.
Concernant sa responsabilité individuelle, Céline Fremault a délivré deux dérogations spéciales contraire à l'Ordonnance Nature, principal texte de loi régissant la protection de l'environnement bruxellois, pour déplacer une espèce protégée d'orchidéei et la source du Keelbeek. Déterminée dans sa position, la ministre bruxelloise a confirmé ce permis niant l'opposition du Collège de l'environnement de la Régionii, a refusé de considérer le projet de ferme de réinsertioniii comme alternative à ce projet de Maxi-Prison et a fermé les yeux sur les actes illégaux posés par Cafasso, consortium d'entreprise responsable du chantier, notamment le coupage illégal des arbresiv et les travaux de sondage du sol sans permis. Il existait de nombreuses raisons de bloquer ce projet de bétonisation mais la ministre de l’environnement, Céline Frémault, n'a jamais agi à son encontre.

Il est temps de dénoncer ces incohérences politiques qui donnent l'impression qu'on se moque de nous et qui nous empêche de réellement agir en tant que citoyen.ne.s. Si on nous dit quelque chose, mais que dans les actes, on observe totalement l'inverse, comment pouvons-nous participer à la dynamique politique, vu que c'est incompréhensible. La cacophonie politique n'est pas due seulement à la lasagne institutionnelle pour reprendre les mots de Fremaultv. Le collectif pointe davantage l'incohérence comme responsable du non-avancement face à l'urgence climatique.

Il ne faut dès lors pas s'étonner que les gens descendent dans la rue, que les jeunes font grève, que de plus en plus de personnes désobéissent et qu'un appel à action soit lancé contre la construction de cette prison. Nous exigeons des avancées mais également de la cohérence, l'un sans l'autre ne répondra pas à l'urgence climatique. Agir pour le climat commence par empêcher la bétonisation du dernier poumon vert de Bruxelles.

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