Sauvons le patrimoine culturel sénégalais !

Le problème

Monsieur le président de la république française, 

Si nos voix se joignent aujourd’hui c’est pour alerter sur un drame. Une partie de la bibliothèque personnelle du poète et premier président du Sénégal Léopold Sédar Senghor — un « Immortel » de l’Académie Française — sera mise aux enchères le 16 avril prochain à 14 heures à l’Hôtel des Ventes de Caen. Cette vente qui est sur le point d’avoir lieu dans l’indifférence générale nous concerne toutes et tous. Pourquoi ? Car si elle se fait, elle nous ôtera la possibilité de consulter la bibliothèque d’une figure qui conversa avec les grandes pensées de son temps et qui traversa ce que nous appelions alors le « monde noir ». 

Vous n’êtes pas sans savoir que ce « monde » se retrouva et développa une part de ses solidarités en France au début du siècle dernier, que cette immense romancière guadeloupéenne que fut Maryse Condé et auquel l’État rendra hommage le 15 avril contribua très largement aux archives du monde noir, que c’est aussi en France et aux côtés d’écrivaines et écrivains comme Alioune Diop, Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas, Aragon et les sœurs Nardal qu’une telle bibliothèque se constitua. 

Cette vente est un drame, car en plus de déposséder un peuple de son patrimoine, elle nous enlève ce tout constitué des littératures africaines, afro-diasporiques et désireuses de mondes. Si vous jetez un œil à ces 110 lots mis en vente, comprenant chacun un ou plusieurs ouvrages, vous trouverez le Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire dédicacé à son vieil ami, l’exemplaire d’Ainsi parla l’oncle de l’ethnologue haïtien Jean-Price Mars — ouvrage ô combien important pour Senghor — ou encore un livre de l’afro-américain Richard Wright ou du réalisateur et écrivain Sembène Ousmane ou du poète martiniquais Joseph Zobel

Qu’importe nos avis et nos opinions vis-à-vis de la figure de Léopold Sédar Senghor, il est question ici de patrimoine culturel mondial, cela nous concerne toutes et tous et dépasse la mesure d’un seul homme quelque important qu’il fut. Nous parlons de ce qui, en droit, devrait appartenir à un peuple et de ce qui, en fait, fait partie de nos histoires enchevêtrées.

De plus, votre promotion de l’Ecole nationale d’administration (2002-2004) portant justement le nom de Léopold Sédar Senghor, nous nous permettons de penser que vous ne serez pas insensible à cet appel.

C’est pour toutes ces raisons que nous appelons à la sauvegarde de ce patrimoine et que nous demandons à l’État français de faciliter le retour de ces ouvrages au Sénégal. 

 

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Nekonia FALLLanceur de pétition
Victoire
Cette pétition a abouti avec 514 signatures !

Le problème

Monsieur le président de la république française, 

Si nos voix se joignent aujourd’hui c’est pour alerter sur un drame. Une partie de la bibliothèque personnelle du poète et premier président du Sénégal Léopold Sédar Senghor — un « Immortel » de l’Académie Française — sera mise aux enchères le 16 avril prochain à 14 heures à l’Hôtel des Ventes de Caen. Cette vente qui est sur le point d’avoir lieu dans l’indifférence générale nous concerne toutes et tous. Pourquoi ? Car si elle se fait, elle nous ôtera la possibilité de consulter la bibliothèque d’une figure qui conversa avec les grandes pensées de son temps et qui traversa ce que nous appelions alors le « monde noir ». 

Vous n’êtes pas sans savoir que ce « monde » se retrouva et développa une part de ses solidarités en France au début du siècle dernier, que cette immense romancière guadeloupéenne que fut Maryse Condé et auquel l’État rendra hommage le 15 avril contribua très largement aux archives du monde noir, que c’est aussi en France et aux côtés d’écrivaines et écrivains comme Alioune Diop, Aimé Césaire, Léon-Gontran Damas, Aragon et les sœurs Nardal qu’une telle bibliothèque se constitua. 

Cette vente est un drame, car en plus de déposséder un peuple de son patrimoine, elle nous enlève ce tout constitué des littératures africaines, afro-diasporiques et désireuses de mondes. Si vous jetez un œil à ces 110 lots mis en vente, comprenant chacun un ou plusieurs ouvrages, vous trouverez le Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire dédicacé à son vieil ami, l’exemplaire d’Ainsi parla l’oncle de l’ethnologue haïtien Jean-Price Mars — ouvrage ô combien important pour Senghor — ou encore un livre de l’afro-américain Richard Wright ou du réalisateur et écrivain Sembène Ousmane ou du poète martiniquais Joseph Zobel

Qu’importe nos avis et nos opinions vis-à-vis de la figure de Léopold Sédar Senghor, il est question ici de patrimoine culturel mondial, cela nous concerne toutes et tous et dépasse la mesure d’un seul homme quelque important qu’il fut. Nous parlons de ce qui, en droit, devrait appartenir à un peuple et de ce qui, en fait, fait partie de nos histoires enchevêtrées.

De plus, votre promotion de l’Ecole nationale d’administration (2002-2004) portant justement le nom de Léopold Sédar Senghor, nous nous permettons de penser que vous ne serez pas insensible à cet appel.

C’est pour toutes ces raisons que nous appelons à la sauvegarde de ce patrimoine et que nous demandons à l’État français de faciliter le retour de ces ouvrages au Sénégal. 

 

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Nekonia FALLLanceur de pétition

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Pétition lancée le 12 avril 2024