TotalEnergies dans l’éolien offshore… un effacement silencieux de GBE ?
Alors que TotalEnergies annonce un investissement de 4,5 milliards d’euros dans le plus grand parc éolien en mer de France
, une question cruciale se pose : ce virage énergétique surprenant pour un pétrolier s’accompagne-t-il d’un effacement volontaire de solutions françaises comme celle de Global Bioenergies (GBE) susceptible de « menacer un monopole en place » ?
? Le contexte : une technologie française ignorée
GBE a développé un procédé innovant de carburant aérien durable (SAF), certifié ASTM en 2023, basé sur le bioéthanol (nota bene : les producteurs français ou européens de bioéthanol n'attendraient que le débouché du SAF de GBE vu l'accord du Mercosur qui va inonder ce marché de produit brésilien et probablement les ruiner). Or le SAF de GBE est immédiatement compatible avec les infrastructures existantes, et en phase avec les objectifs climatiques européens.
Pourtant :
- Le rapport parlementaire de l'Assemblée Nationale sur la décarbonation de l’aérien (2024) ignore totalement GBE, s’arrêtant à une analyse technologique en date de 2020.( https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/ots/l16b2703_rapport-information.pdf )
- Le CSIA (Comité de Surveillance des Investissements d'Avenir), comité qui contrôle et valide France2030, compte le directeur R&D de TotalEnergies parmi ses membres, mais ne comporte aucun représentant de la bioéconomie. susceptible d'équilibrer cette influence sur ce sujet pointu (https://www.info.gouv.fr/organisation/secretariat-general-pour-l-investissement-sgpi/comite-de-surveillance-4012
- Au niveau européen, la directive RED III (Renewable Energy Directive) favorise les RFNBO (carburants non biologiques), excluant de facto le procédé de GBE, au profit de solutions SAF produit par « chimie lourde »
https://setis.ec.europa.eu/renewable-fuels-non-biological-origin-european-union_en?prefLang=fr
⚙️ Une hypothèse stratégique : le retour d’ascenseur
Et si l’investissement massif de Total dans l’éolien offshore s’inscrivait dans une logique de “deal institutionnel concerté” ?
- En finançant la politique d’EnergieWende à la mode européenne, donc de la tant décriée PPE3, Total pourrait obtenir en retour : la validation exclusive de ses filières SAF (HEFA, syngas, Fischer-Tropsch, H₂…).
- GBE, pourtant mature et française, serait écartée des “solutions vitales”, sans débat ni justification.
? Ce que cela révèle
- Une stratégie industrielle opaque, où les grands groupes s'immiscent et dictent les trajectoires.
- Une exclusion silencieuse d’une technologie française pourtant alignée avec les objectifs climatiques.
- Une absence de pluralisme technologique, qui affaiblit notre souveraineté énergétique.
✊ Ce que nous demandons
- La requalification du procédé GBE dans les trajectoires SAF françaises et européennes.
- Une révision du rapport parlementaire, intégrant les technologies certifiées post-2020.
- Une représentation équilibrée au CSIA, incluant la bioéconomie et les PME innovantes.
GBE n’est pas une start-up de niche. C’est une solution française, prête à l’emploi, pour une aviation durable et souveraine.