Célèbre Fresque des lyonnais à Lyon (1° arrondissement).
Effacement souhaité de la silhouette de l'Abbé Pierre relaté par Le Progrès du mardi 1° octobre 2024.
De Ribes à Rupnik et à l'Abbé Pierre... réflexions et miroirs, d'un visage à l'autre, d'une œuvre à une autre, picturale ou charitable.
Voici notre réaction adressée aux élu(e)s lyonnais le 2 octobre 2024 et aux responsables qui prendront décision pour ou contre l'effacement de la silhouette de l'Abbé Pierre sur la fresque des lyonnais :
Pour la vérité de l'Histoire... vérité de l'histoire du combat des femmes et des hommes qui se sont dressés contre l'égoïsme et la lâcheté, deux composantes de l'humain !
L'inconséquence d'une décision d'effacement de la silhouette de l'Abbé Pierre saute à nos yeux. Elle ne va servir qu'à pousser les plus pauvres vers la misère et à salir ses compagnons qui font l'admirable travail d'Emmaüs. Cela atteindra par boomerang toutes les associations ou fondations qui travaillent pour les plus miséreux. C'est le plus grave.
L'effacement souhaité servira même à éteindre les "pulsions du bien" entraînées dans le cœur des citoyennes et citoyens, croyants de toute confession ou non-croyants, par le Jésus des évangiles. Ce Jésus reconnu comme prophète par tous, pour le moins. Ce ne sera pas sans conséquence non plus.
Il y a le loup et l'agneau dans l'Homme. Reste en vie celui que nous voulons bien nourrir. Et c'est pourquoi les lyonnaises et les lyonnais peuvent continuer à être fiers de la silhouette de "l'Abbé Pierre".
Pourquoi ? Parce que l'abbé Pierre, c'est nous toutes et tous, capables du meilleur et du pire, nous toutes et tous riches ou pauvres, faits d'ombres et de lumière, de tendresse et de violence...
Évidemment qu'il faut dénoncer les inconcevables atteintes à la dignité humaine que sont les abus ou crimes sexuels (et leur dissimulation). Évidemment qu'il faut tout faire pour aider les victimes à retrouver leur dignité. Évidemment qu'il faut tenter d'offrir à ces victimes de solides chemins de reconstruction (et non des simulacres par la destruction des œuvres, répondant à nos désirs de vengeance et à nos volontés d'oubli).
Mais il faut savoir dire aussi que l'abbé Pierre fit davantage pour soutenir l'humain que l'ensemble de celles et ceux qui veulent l'effacer !
Assez d'hypocrisie, s'il vous plaît. L'on découvre par exemple aujourd'hui que "le bon père de famille" est aussi le terreau des plus nombreux viols... L'humain est ainsi fait, de fange et d'altruisme à en perdre sa vie propre... S'il vous plaît, n'utilisons pas le leurre, les stratégies de recouvrement, les déclarations indécentes de "honte" entendues régulièrement ainsi que les propos simplistes (le bien contre le mal). Ces cris d'orfraies ne servent qu'à l'effacement de la vérité sur la connaissance des crimes et, pire encore, ils tentent d'effacer la connaissance du fonctionnement des humains que nous sommes toutes et tous, "capables" du crime comme du plus grand amour.
Le film "l'abbé Pierre, une vie de combats", qui n'élude rien mais creuse en nos cœurs l'urgence d'aimer le plus pauvre, peut être projeté à nouveau dans les salles ! La silhouette de l'abbé se doit en conséquence d'être restaurée sur "la fresque des lyonnais", à Lyon.
Car la vérité de l'Histoire et la vérité du sillon creusé au cœur de l'humain, croyant ou non-croyant, grâce à "l'abbé Pierre" - en raison de sa mise en œuvre pendant 70 ans du regard nouveau du Jésus des évangiles (ce que vous faites au plus petit...) - l'exigent.
Les Comités francophones pour la distinction entre une œuvre et son auteur,
médiateurs du site https://justicepourandregouzes.fr/ qui consacre sa page 19 à "l'affaire Abbé Pierre".
Jeudi 3 octobre 2024
cdoafrance@gmail.com
