Sauvons celles qui sont encore vivantes

Le problème

Le tournage de Jacqueline Sauvage, dans lequel j’ai pu ressentir ce que pouvait être « en vrai » la violence conjugale, ne m’a pas laissée indemne. Je suis, depuis, connectée avec toutes ces victimes (femmes, hommes et enfants). Il était de mon devoir de citoyenne de prendre la parole pour qu’elles ne se sentent plus abandonnées. J’ai besoin de vous, et surtout elles ont besoin de vous afin que nous n’ayons plus honte du nombre effrayant de 150 cadavres par an. Cette pétition est pour leur dire qu’elles ne sont plus seules et que nous allons y arriver. C’est aussi une façon de les prendre dans nos bras. Je fais une confiance totale au Président de la République mais nous devons lui envoyer un signal fort venant du peuple afin que l’horreur s’arrête. Œuvrons main dans la main avec le gouvernement. ENSEMBLE. On a besoin des citoyens, de la police, du corps médical, des hommes de loi et on a besoin de VOUS. Merci.

Retrouvons nous le samedi 6 octobre à 14 heures, devant le Palais de Justice de Paris, 10 bd du Palais 75001. En province, n’hésitez pas à initier un rassemblement même jour, même heure.

Sauvons celles qui sont encore vivantes

Tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou de son ancien conjoint. L’an dernier, 123 ont ainsi perdu la vie. Et 225.000 autres ont été victimes de violences conjugales. Ces femmes ne sont pas des inconnues : ce sont nos mères, nos filles, nos amies, nos voisines.

Le président de la République Emmanuel Macron a fait de l’égalité femmes-hommes la grande cause de son quinquennat ; et la lutte contre les violences faites aux femmes a été proclamée « grande cause nationale » pour l’année 2018. 

Et pourtant, un silence assourdissant persiste. Il faut que cela s’arrête. Il faut que notre cri de révolte soit aussi retentissant que le déni qui règne aujourd’hui.

Monsieur le président, agissons pour que ces femmes ne meurent plus dans l’indifférence totale, pour que nous n’ayons plus honte de ces cadavres.

Les lois existent, mais leur application est inégale. Des initiatives efficaces sont développées, mais leur déploiement repose trop souvent sur l’implication de quelques-uns. Il faut donner les moyens d’agir à ceux qui prennent en charge les femmes victimes et les hommes auteurs de ces violences.

En mettant fin à l’horreur, une femme battue doit ne pas être doublement terrifiée par un autre cauchemar qui va commencer. Lors des premiers dépôts de plainte, les victimes doivent être écoutées avec la plus grande attention. Nous demandons une formation O.BLI.GA.TOI.RE nationale de tous les métiers de loi (police, gendarmerie, juges, magistrats) et un plan d’urgence pour l’hébergement des femmes.

Il faut faire évoluer la médiation pénale, en imposant à l’agresseur une interdiction d’approcher le domicile de l’agressée. Il faut contraindre les hommes « violents » à se soigner.

Enfin, il est urgent de repenser la loi sur la légitime défense : comment une femme pourrait-elle répondre en « proportion » à un ou des coups de poings donnés par un homme ? C’est impensable. Pour les cas de violences conjugales, qui touchent aussi les enfants, la légitime défense est obligatoirement différée et ne peut être proportionnée. Une évolution de la loi devrait néanmoins se garder de donner le droit aux victimes de se faire justice elles-mêmes. C’est cet inextricable qu’il faut résoudre.

Si vous voulez manifester votre engagement, je vous propose que nous nous retrouvions toutes et tous le samedi 6 octobre à 14h, devant le Palais de Justice de Paris. Tous ensemble, montrons à ces femmes que nous leur tendons la main, et que viendra un jour où elles ne seront plus seules.

SAUVONS CELLES QUI SONT ENCORE VIVANTES

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Muriel ROBINLanceur de pétition

784 907

Le problème

Le tournage de Jacqueline Sauvage, dans lequel j’ai pu ressentir ce que pouvait être « en vrai » la violence conjugale, ne m’a pas laissée indemne. Je suis, depuis, connectée avec toutes ces victimes (femmes, hommes et enfants). Il était de mon devoir de citoyenne de prendre la parole pour qu’elles ne se sentent plus abandonnées. J’ai besoin de vous, et surtout elles ont besoin de vous afin que nous n’ayons plus honte du nombre effrayant de 150 cadavres par an. Cette pétition est pour leur dire qu’elles ne sont plus seules et que nous allons y arriver. C’est aussi une façon de les prendre dans nos bras. Je fais une confiance totale au Président de la République mais nous devons lui envoyer un signal fort venant du peuple afin que l’horreur s’arrête. Œuvrons main dans la main avec le gouvernement. ENSEMBLE. On a besoin des citoyens, de la police, du corps médical, des hommes de loi et on a besoin de VOUS. Merci.

Retrouvons nous le samedi 6 octobre à 14 heures, devant le Palais de Justice de Paris, 10 bd du Palais 75001. En province, n’hésitez pas à initier un rassemblement même jour, même heure.

Sauvons celles qui sont encore vivantes

Tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint ou de son ancien conjoint. L’an dernier, 123 ont ainsi perdu la vie. Et 225.000 autres ont été victimes de violences conjugales. Ces femmes ne sont pas des inconnues : ce sont nos mères, nos filles, nos amies, nos voisines.

Le président de la République Emmanuel Macron a fait de l’égalité femmes-hommes la grande cause de son quinquennat ; et la lutte contre les violences faites aux femmes a été proclamée « grande cause nationale » pour l’année 2018. 

Et pourtant, un silence assourdissant persiste. Il faut que cela s’arrête. Il faut que notre cri de révolte soit aussi retentissant que le déni qui règne aujourd’hui.

Monsieur le président, agissons pour que ces femmes ne meurent plus dans l’indifférence totale, pour que nous n’ayons plus honte de ces cadavres.

Les lois existent, mais leur application est inégale. Des initiatives efficaces sont développées, mais leur déploiement repose trop souvent sur l’implication de quelques-uns. Il faut donner les moyens d’agir à ceux qui prennent en charge les femmes victimes et les hommes auteurs de ces violences.

En mettant fin à l’horreur, une femme battue doit ne pas être doublement terrifiée par un autre cauchemar qui va commencer. Lors des premiers dépôts de plainte, les victimes doivent être écoutées avec la plus grande attention. Nous demandons une formation O.BLI.GA.TOI.RE nationale de tous les métiers de loi (police, gendarmerie, juges, magistrats) et un plan d’urgence pour l’hébergement des femmes.

Il faut faire évoluer la médiation pénale, en imposant à l’agresseur une interdiction d’approcher le domicile de l’agressée. Il faut contraindre les hommes « violents » à se soigner.

Enfin, il est urgent de repenser la loi sur la légitime défense : comment une femme pourrait-elle répondre en « proportion » à un ou des coups de poings donnés par un homme ? C’est impensable. Pour les cas de violences conjugales, qui touchent aussi les enfants, la légitime défense est obligatoirement différée et ne peut être proportionnée. Une évolution de la loi devrait néanmoins se garder de donner le droit aux victimes de se faire justice elles-mêmes. C’est cet inextricable qu’il faut résoudre.

Si vous voulez manifester votre engagement, je vous propose que nous nous retrouvions toutes et tous le samedi 6 octobre à 14h, devant le Palais de Justice de Paris. Tous ensemble, montrons à ces femmes que nous leur tendons la main, et que viendra un jour où elles ne seront plus seules.

SAUVONS CELLES QUI SONT ENCORE VIVANTES

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Muriel ROBINLanceur de pétition
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Les décisionnaires

Edouard Philippe
Maire du Havre - Ancien Premier ministre
Répondu
Chère Muriel Robin, chères signataires, Vous écriviez il y a plus d’un an déjà, qu’autour des violences faites aux femmes, « un silence assourdissant persiste. » Aujourd’hui, alors que se conclut le Grenelle contre les violences conjugales et que 150000 personnes se sont rassemblées en France ce week-end pour dire stop aux féminicides, votre mobilisation a permis de briser la chaîne du silence. Elle a permis de libérer la parole des victimes et de leurs proches ; celle des associations ; celle des institutions ; celle du Gouvernement, portée en premier lieu par Marlène Schiappa. Face aux violences conjugales, notre société a besoin d’un électrochoc. Pour le Gouvernement, cet électrochoc se traduit en une série d’actions décidées dans le cadre du Grenelle. J’ai tenu à vous en rendre compte directement. 1. Premier axe : traiter les violences à la racine dès le plus jeune âge en misant sur l'éducation. L'enjeu, c'est d'éradiquer dans notre inconscient tout ce qui peut nourrir le machisme ordinaire. Nous allons proposer aux enseignants une formation obligatoire sur l'égalité entre les filles et les garçons, et demander aux établissements d'organiser chaque année un conseil de la vie collégienne ou lycéenne sur l'égalité entre les filles et les garçons. L'institution scolaire peut nous aider à détecter les enfants qui sont témoins de ces violences. Encore faut-il se poser la question. Nous allons donc proposer aux personnels des établissements un document unique de signalement qui, en plus de la formation, permettra de faciliter leurs démarches. 2. Deuxième axe : garantir le plus haut degré de protection aux victimes et à leurs enfants. Dès les premières violences, y compris psychologiques, chaque minute compte. C’est pourquoi il sera désormais possible de joindre le 3919, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Nous créerons également d'ici 2021, 80 postes supplémentaires d'intervenants sociaux dans les commissariats et les brigades. Ils viendront s’ajouter aux 271 existants, qui constituent des maillons essentiels d'accueil et de première prise en charge de femmes qui déposent plainte. Nous allons également supprimer certaines absurdités juridiques. Je pense à l'obligation alimentaire qui figure dans le Code civil et qui contraint les enfants à subvenir aux besoins de leurs parents, y compris de leur père, même quand celui-ci a assassiné leur mère. Nous allons créer une nouvelle circonstance aggravante pour les auteurs de violences dans le cas de harcèlement ayant conduit au suicide ou à une tentative de suicide, et ce pour sanctionner plus lourdement les personnes à l'origine de ce que l'on appelle parfois le suicide forcé. La violence psychologique est souvent le préalable à la violence physique. Nous inscrirons dans le Code civil et dans le Code pénal la notion d'emprise. L'emprise conjugale, c'est la prise de possession d'un membre du couple par l'autre, une prise de possession qui s'installe de manière progressive et implacable, parfois même sans que la victime ne s'en aperçoive. Enfin, nous devons, lorsque cela peut sauver des vies, offrir la possibilité aux médecins de déroger au secret médical. Je souhaite que cela concerne des cas très stricts, encadrés, les cas d'urgence absolue où il existe un risque sérieux de renouvellement de violence. 3. Troisième axe : le suivi des auteurs des violences. Il n’est pas toujours politiquement correct d’affirmer que les auteurs de violence contre les femmes ont besoin d’un suivi psychologique, psychiatrique ou parfois d’addictologie. Ce sujet pose la question de la prévention et de la récidive. C'est pourquoi nous allons lancer un appel à projets pour que deux centres de prise en charge des hommes violents voient le jour dans chaque région. Ces centres permettront de suivre psychologiquement l'auteur de violences et donc d'offrir la possibilité à sa victime, si elle le souhaite, de demeurer à son domicile. Car après tout ce devrait être à l'auteur des violences de partir, non à sa victime. S’agissant des moyens, le Gouvernement consacrera l'année prochaine plus d'un milliard d'euros à l'ensemble des actions en matière d'égalité entre les hommes et les femmes. Dans le cadre de cette somme, nous dédierons 360 millions d’euros en une année à la lutte contre les violences faites aux femmes. Les financements sont donc là ; ils sont massifs. Ils bénéficieront aux victimes et à tous ceux qui leur portent assistance. Je suis convaincu que grâce à la mobilisation complète de la société, celle de chacune et de chacun d’entre vous, nous obtiendrons des résultats. Notre unique boussole, c’est de lutter pour les femmes. Lutter pour que cesse le décompte macabre des femmes battues à mort par leur conjoint. Lutter pour les survivantes, afin qu’elles osent franchir la porte d’un commissariat, que leur parole soit entendue et qu’une protection rapide et efficace leur soit garantie. Lutter pour que les femmes vivent. Tout simplement.
Emmanuel Macron
Président de la République française.

Voix de signataires

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Pétition lancée le 24 septembre 2018