sauver des vies mérites plus que des médailles !

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Le problème

Pour une véritable reconnaissance nationale des sapeurs-pompiers volontaires

Monsieur le Président de la République,

Monsieur le Premier ministre,

Monsieur le ministre de l’Intérieur,

Mesdames et Messieurs les parlementaires,

En France, lorsque nous appelons les secours, nous ne demandons pas à la personne qui vient nous sauver si elle est professionnelle ou volontaire.

Nous attendons simplement qu’elle arrive.

Pourtant, derrière une grande partie des secours assurés quotidiennement dans notre pays se trouvent des femmes et des hommes qui exercent un autre métier, ont une famille et choisissent de consacrer une part considérable de leur vie à protéger celle des autres.

Au 31 décembre 2025, la France comptait 200 961 sapeurs-pompiers volontaires, sur un total de 258 641 sapeurs-pompiers. Ils représentent ainsi près de 78 % des effectifs. En 2025, les services d’incendie et de secours ont réalisé 4,89 millions d’opérations de secours.

Les sapeurs-pompiers volontaires assurent environ 67 % des interventions quotidiennes. Ils exercent les mêmes activités opérationnelles que les professionnels : secours aux personnes, accidents de la route, incendies, catastrophes naturelles, risques industriels et protection des biens et de l’environnement. Dans les territoires ruraux et périurbains, ils constituent souvent la principale, voire la seule force de secours rapidement disponible.

Ils ne sont donc pas une simple force d’appoint.

Ils sont l’un des piliers de notre sécurité civile.

Un engagement immense pour une indemnisation dérisoire

Un sapeur-pompier volontaire n’est juridiquement pas salarié pour son activité de secours. Il n’est pas rémunéré : il est seulement indemnisé.

Depuis novembre 2025, l’indemnité horaire de base est fixée à :

• 8,71 € pour un sapeur ;

• 9,35 € pour un caporal ;

• 10,55 € pour un sous-officier ;

• 13,11 € pour un officier.

Ces montants peuvent varier selon le régime de garde ou d’astreinte, mais ils restent extrêmement faibles au regard des responsabilités exercées, des compétences exigées et des risques encourus.

Pour ces quelques euros par heure, les volontaires quittent parfois leur travail, leur repas, leurs enfants ou leur sommeil.

Ils interviennent la nuit, les week-ends, les jours fériés et pendant leurs vacances.

Ils entrent dans des bâtiments en feu, prennent en charge des blessés graves, interviennent lors d’accidents mortels, affrontent des violences, des situations traumatisantes et des catastrophes de plus en plus fréquentes.

Près de 1 500 agressions verbales ou physiques contre des sapeurs-pompiers sont signalées chaque année, soit environ quatre par jour.

Malgré cela, leur engagement ne bénéficie toujours pas d’une reconnaissance proportionnée aux services rendus à la Nation.

Des sacrifices professionnels et familiaux trop peu compensés

Pour partir en intervention ou suivre les formations obligatoires, de nombreux volontaires doivent négocier avec leur employeur.

La loi prévoit des autorisations d’absence, mais leur mise en œuvre dépend des nécessités de l’entreprise, des conventions conclues avec les SDIS et de la bonne volonté des employeurs.

Lorsque le salaire n’est pas maintenu, certains volontaires utilisent leurs congés, leurs jours de repos ou acceptent une perte de rémunération. Le droit prévoit même la possibilité de recevoir des jours de repos donnés par des collègues, dans la limite de certaines conditions.

Il n’est pas normal qu’une personne doive sacrifier une partie de son salaire ou de ses congés personnels pour se former afin de sauver des vies.

Il n’est pas normal que les familles supportent seules les absences, les nuits interrompues, les départs imprévus, la fatigue, l’inquiétude et les conséquences psychologiques de cet engagement.

Derrière chaque volontaire, il y a souvent une famille qui s’engage elle aussi, silencieusement.

Une avancée pour la retraite, mais très insuffisante

Depuis le 1er juillet 2026, les sapeurs-pompiers volontaires peuvent bénéficier :

• d’un trimestre supplémentaire après au moins 10 ans d’engagement ;

• de deux trimestres après au moins 20 ans ;

• de trois trimestres après au moins 25 ans.

Cette mesure constitue une première reconnaissance. Mais peut-on réellement considérer que vingt-cinq années de gardes, d’astreintes, de formations et d’interventions dangereuses ne valent que trois trimestres de retraite ?

De plus, ces trimestres ne sont pas retenus pour permettre un départ anticipé au titre d’une carrière longue.

Après vingt ans, vingt-cinq ans ou trente ans au service de la population, la reconnaissance doit être bien plus importante.

Une activité exigeante qui n’ouvre pas les mêmes droits liés à la pénibilité

Les sapeurs-pompiers volontaires sont exposés aux fumées toxiques, aux produits chimiques, aux charges lourdes, aux températures extrêmes, au stress aigu, au travail de nuit, aux accidents et aux traumatismes psychologiques.

Pourtant, leur activité volontaire n’étant pas considérée comme un emploi salarié, elle ne leur ouvre pas automatiquement les mêmes dispositifs professionnels liés à la pénibilité.

Le paradoxe est évident : ils accomplissent les mêmes missions opérationnelles que les professionnels, affrontent les mêmes dangers et portent les mêmes équipements, mais ne disposent pas des mêmes droits sociaux.

La Nation ne peut pas reconnaître le danger uniquement au moment de remettre une médaille.

Elle doit aussi le reconnaître dans les droits accordés tout au long de la vie.

Un modèle indispensable, mais fragile

Les volontaires représentent près de quatre pompiers sur cinq. La charge de leurs indemnités ne représenterait pourtant qu’environ 20 % du budget des services départementaux d’incendie et de secours.

Un rapport du Sénat indique également que, sans les gardes assurées par les volontaires, il faudrait recruter plus de 22 000 sapeurs-pompiers professionnels supplémentaires, pour un coût annuel dépassant 1,1 milliard d’euros.

La France réalise donc une économie considérable grâce à leur engagement.

Mais un système aussi essentiel ne peut pas reposer indéfiniment sur le sacrifice personnel, familial et professionnel de citoyens insuffisamment reconnus.

Même si les effectifs nationaux ont légèrement progressé, la difficulté principale reste la disponibilité des volontaires, particulièrement en journée et en semaine. Une meilleure reconnaissance aiderait à fidéliser ceux qui sont déjà engagés, à convaincre davantage d’employeurs de les libérer et à attirer de nouvelles vocations.

Nous demandons donc :

1. Une revalorisation significative des indemnités horaires

Les indemnités doivent mieux correspondre aux compétences, aux responsabilités, aux contraintes et aux risques supportés.

Une indexation automatique sur l’inflation doit être instaurée afin d’éviter que leur valeur ne diminue au fil des années.

2. Une meilleure reconnaissance pour la retraite

Nous demandons une bonification plus importante et progressive, par exemple :

• un trimestre après cinq années d’engagement ;

• un trimestre supplémentaire tous les cinq ans ;

• une bonification renforcée après vingt, vingt-cinq et trente années ;

• la prise en compte de ces trimestres pour les carrières longues ;

• une mesure équitable pour les volontaires déjà retraités ou partis avant le 1er juillet 2026.

3. La reconnaissance officielle des risques et de la pénibilité

Les expositions aux fumées, aux produits toxiques, au travail de nuit, aux efforts physiques intenses et aux traumatismes psychologiques doivent être réellement prises en compte.

Un suivi médical renforcé et durable doit être proposé, y compris après la fin de l’engagement.

4. Des autorisations d’absence réellement protectrices

Un volontaire ne devrait jamais perdre de salaire ni utiliser ses congés personnels pour partir en intervention ou suivre une formation obligatoire.

Nous demandons :

• un maintien systématique de la rémunération ;

• une compensation financière pour les employeurs ;

• des conventions de disponibilité plus simples et plus nombreuses ;

• une protection contre toute discrimination professionnelle liée à l’engagement ;

• des règles adaptées aux travailleurs indépendants, artisans et agriculteurs.

5. Des avantages concrets accordés après plusieurs années de service

L’engagement durable pourrait ouvrir droit à des mesures nationales telles que :

• des avantages fiscaux progressifs ;

• une reconnaissance facilitée des compétences acquises ;

• des aides à la formation et à la reconversion ;

• des conditions préférentielles pour certains concours publics ;

• une meilleure prestation de fidélisation ;

• un soutien spécifique aux familles en cas d’accident, d’invalidité ou de décès en service.

6. Une reconnaissance accrue des employeurs partenaires

Les entreprises et administrations qui permettent réellement à leurs salariés volontaires de partir en intervention doivent bénéficier d’incitations simples, durables et suffisamment attractives.

La disponibilité des volontaires en journée dépend directement de l’engagement des employeurs.

7. Un véritable plan national de fidélisation et de recrutement

Une campagne nationale doit présenter la réalité de cet engagement, mais aussi garantir que les futurs volontaires ne seront pas laissés seuls face aux contraintes financières, professionnelles et familiales.

On ne suscitera pas durablement de nouvelles vocations avec des discours de reconnaissance si les droits concrets ne suivent pas.

Je signe en tant qu’épouse de sapeur-pompier volontaire

Je suis l’épouse (depuis 10 ans) d’un sapeur-pompier volontaire engagé depuis plus de trente ans.

Pendant toutes ces années, j’ai vu les départs en urgence, les nuits interrompues, les repas laissés sur la table, les week-ends bouleversés, la fatigue, les formations, les risques et l’inquiétude.

J’ai vu ce que ces femmes et ces hommes donnent à notre pays.

Ils donnent leur temps.

Ils donnent leur énergie.

Ils mettent leur santé en danger.

Certains donnent malheureusement leur vie.

Ils ne demandent pas à devenir riches grâce à leur engagement. Ils demandent simplement que celui-ci soit respecté, protégé et justement reconnu.

Aujourd’hui, il est temps que les remerciements deviennent des actes.

Il est temps que les médailles soient accompagnées de véritables droits.

Il est temps que la France protège davantage celles et ceux qui la protègent.

Nous demandons au Gouvernement et au Parlement d’engager sans délai une réforme ambitieuse de la reconnaissance, de l’indemnisation, de la disponibilité, de la protection sociale et de la retraite des sapeurs-pompiers volontaires.

Parce que sans volontaires, une grande partie du territoire français ne pourrait plus être secourue dans les mêmes conditions.

Parce que sauver des vies mérite davantage que des remerciements.

Certains donnent quelques heures par mois, d'autres y laissent leur vie!

NE LES OUBLIONS PAS!❤️

Signez et partagez cette pétition pour que leur engagement soit enfin reconnu à sa juste valeur.

 

 

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Jennifer LEFORTLanceur de pétition

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