Stop à l’urbanisation de la Prévalaye dans le dos des Rennais​.​e​.​s ! n°2

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En décembre 2018, notre collectif citoyen lançait la version 1 de cette pétition citoyenne, pour dénoncer un chantier d’aménagements urbains de l’espace naturel de la Prévalaye, lancé en octobre sans aucune information préalable. Ces travaux sont pilotés par Rennes Métropole dans le cadre du grand projet de  "valorisation" touristico-ludique de la vallée de la Vilaine jusqu'à Laillé.

Ces aménagements ont été pensés dans l’objectif affiché de faire découvrir la nature aux Rennai·se·s, probablement aussi pour rehausser l'attrait de la nouvelle Courrouze vraisemblablement non labellisable en écoquartier (vu la pollution des terres). Mais ils sont mal conçus, car ne s’appuient sur aucun besoin ou attentes identifiés, ni par les habitant·e·s et riverain·e·s impacté·e·s, ni même par les associations des usagers ciblés (rollers, skates, trottinettes).

Avec les associations environnementales, la Ville et la Métropole ont mené une concertation faussée : elles n'ont pas tenu compte de leur expertise. L'essentiel du projet a été décidé à l'avance.

C’est seulement 5 mois après le démarrage des travaux que la Ville et la Métropole ont daigné informer le public lors d'une réunion (11 mars 2019) : présentation globale du projet, indication très approximative de son coût, à notre demande (2,6 millions d'€, "hors frais d'études et de compensation" et d'entretien, inconnus), valorisation de sa soi-disant exemplarité environnementale et participative !

Ce projet, c’est : une vision déconnectée de la nature réaménagée en espace multiloisirs, une violence démocratique, administrative et sociale, une hérésie environnementale (destruction d'espèces protégées, perturbation de zones de compensation), un gaspillage financier, dénoncés dans la première pétition citoyenne (600 signataires, présentée au conseil de Rennes Métropole le 31 janvier 2019). Sont concernés :

  • La réalisation d'une "piste active" de 3 km en enrobé imperméable pour les véhicules sans moteur – avec un liant soi-disant végétal dont on ne connaît ni l’origine, ni la durabilité –, dont 1 km en plein dans l'allée cavalière, patrimoine historique et naturel arboré. Les experts environnementaux recommandaient d'éviter absolument ce site, point de passage de salamandres, espèce protégée ayant fait l'objet de mesures compensatoires (métro) pour développer leur habitat ! Elle est trop étroite pour tous les usages. Un autre tracé plus court et plus large, raccordant facilement plusieurs voies de circulation bitumées Cleunay-Courrouze-St-Jacques-Apigné était réalisable. Pourtant, Rennes (Métropole) a prétendu que ce tracé alternatif était impossible ou trop compliqué, pour imposer le sien !

Les méfaits prédits par les associations se sont exactement réalisés : démarrage des travaux en pleine période de reproduction des salamandres (suspendus in extremis grâce à leur interpellation) – salamandres écrasées – impraticabilité simultanée de promeneurs piétons et roulants – piste accidentogène par accumulation de feuilles humides en automne et circulation d'engins motorisés (au moins un accident évité de justesse entre un 2 roues à moteur et un groupe d'enfants en sortie pédagogique)

  • La destruction de boisements, de haies bocagères et de talus, le comblement de fossés pour reconfigurer 3 parkings non saturés (côté Cleunay). Des arbres ont été replantés dans des trous remblayés et trop rapprochés (parfois sous la ramure d’arbres matures) ; leur plein développement est très incertain
  • La matérialisation de plusieurs "entrées" de site par des grandes dalles de béton (chemin de Boiron) et la plantation d'arbres toujours trop rapprochés. Aménagement incongru qui dénature les lieux ; pire, crée en été des îlots de chaleur que la Ville prétend résorber ailleurs !
  • Aux étangs d’Apigné : la création d'un nouvel ilot de chaleur par le bétonnage d’une zone humide pour un espace qui agglutine skate park, practice de basket et d’escalade, le tout traversé par un chemin de promenade ! ; l'implantation de brumisateurs à eau (potable)
  • L'ouverture d'un "cheminement doux" (depuis le chemin de Boron vers les étangs d'Apigné), imposé sans manières aux Jardins des Mille Pas : empiétement de leurs parcelles, absence de pose de clôture pendant plusieurs mois les obligeant à enlever leurs animaux, pose d'un revêtement bas de gamme, imperméabilisant et mal stabilisé. Ses terrains étant mis à disposition, l’association a été incitée de ce fait à se soumettre en silence
  • L'élargissement de la piste longeant l'écocentre de la Taupinais – qui était très praticable – par un matériau dur et imperméabilisant. Plus impactant pour la marche et la course, sa durabilité donc son coût d’entretien posent question

 

S'ajoute à cette urbanisation rampante, UN PROJET D'EXTENSION DU STADE RENNAIS imposé à la collectivité avant les élections de 2020 (chantage au départ à l'appui). La Ville a accepté ce diktat en négociant avec l'entreprise dans l'opacité la plus totale, alors même que, sur les parcelles concernées (Piverdière), elle impacterait négativement : des activités artisanales et propriétés riveraines ; des terres naturelles et jardinières de qualité agricole (selon une étude d’AgroCampus Ouest), riches d'une biodiversité en grave déclin sur le territoire, malgré les compensations effectuées à la Prévalaye.

Tous les acteurs économiques doivent désormais apprendre à faire avec ce qu'ils ont déjà : le Stade Rennais dispose de 12 ha de terrains d'entraînement et 8,6 ha de stade + parkings, soit au total plus de 20 ha ! En outre, il bénéficie de dérogations systématiques pour pouvoir arroser en période de sécheresse.

 

Face à ce constat déplorable, nous demandons 6 mesures :

1. La remise à l'état antérieur de l'allée cavalière par la destruction pure et simple de la piste. C'est la seule mesure technique et à moindre coût financier, permettant d'enrayer la mortalité des batraciens protégés nouvellement causée par cet équipement. La pose de "crapauducs" soufflée en coulisses par la Ville, gênée aux entournures du fait de ses manquements, ne serait qu'un pis-aller (Voir l'article d'Eau et Rivières de Bretagne dans le journal Le Pont 9 (n°45, déc. 2019, p.12 : "Salamandres de la Prévalaye : chronique d'une hécatombe annoncée")

2. La replantation des haies arbustives détruites et de bosquets, adaptés au biotope, pour reconstituer l'habitat de la biodiversité et une barrière anti-bruit (rocade) : sur les pourtours des parkings ; rue Jean Perrin le long de la rocade désormais fermée à la circulation automobile, où l'arasement du talus a supprimé une barrière de sécurité naturelle en surplomb de la rocade attenante. Ce chantier serait une très belle opportunité de mobiliser, autour des services techniques, la participation transversale et intergénérationnelle des associations et des habitant.e.s que la Ville met en avant dans d'autres quartiers !

3. La pose d’un second portique empêchant réellement l’accès de véhicules imposants au parking côté centre de maintenance du métro ; la pose de corbeilles supplémentaires, ou bien leur vidage plus fréquent (hors le confinement sanitaire, celui-ci est très insuffisant : les déchets débordent régulièrement) ; la pose de corbeilles sur le parking central, souillé de déchets sauvages

4. L'abandon définitif du projet d'extension du Stade Rennais sur ce lieu : une nouvelle artificialisation de terres à la Prévalaye-Piverdière est totalement contraire aux urgences : chaque geste compte pour contenir le dérèglement climatique et la disparition accélérée de la biodiversité, préserver des terres de qualité agricole, assurer la préservation d'une ressource en eau déjà insuffisante et en état désastreux dans notre département (3 % des cours d’eau en bon état écologique – moins 2 points, chiffres officiels déc. 2019). 

La collectivité publique est garante de cet intérêt général supérieur !

5. La suspension de tous projets de travaux validés ou futurs au profit de la mise en place, sans délai, d'une gestion concertée de l'espace de la Prévalaye-Piverdière-Apigné. Seule une instance rassemblant toutes les parties et co-animée par elles (collectivité (élu.e.s et services), associations environnementales et d'usagers, entreprises, riverain.e.s, tout.e habitant.e volontaire) pourra garantir la transparence et la rigueur indispensables à la prise en compte de tous les enjeux liés à l'espace

6. Nous réitérons la demande solennelle faite au élu.e.s de Rennes Métropole le 31 janvier 2019, que, sur le secteur Prévalaye-Piverdière-Apigné, nous citoyen.ne.s-contribuables soyons informé.e.s et consulté.e.s avec rigueur et sincérité sur les intentions de projets d’aménagements et d’infrastructures impactant l’environnement et les finances publiques (donc, leur conformité aux enjeux et leur coût). Nous avons notre mot à dire sur l’intérêt public des projets pensés pour nous ! Nous en avons assez de la politique du fait accompli !

 

À Rennes, les maîtres-mots sont : « Vivre en intelligence », « la biodiversité est capitale » ? C’est « l’état d’urgence climatique » (vœux du conseil municipal du 24 juin 2019) ? Dont acte : sortez des slogans, des faux-semblants et des incohérences ! Reprenez-vous !

 

Le Collectif de sauvegarde de la Prévalaye

Les citoyen.ne.s-contribuables de Rennes et d’ailleurs

 

Mail : sauvegarde.prevalaye@protonmail.com / Facebook : collectif de Sauvegarde de la Prévalaye