SNOWBOARD FRANÇAIS EN PÉRIL

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English version below

 

Madame la Ministre,

Nous vous adressons cette pétition afin d’obtenir votre aide face à une situation qui met aujourd’hui le snowboard en péril. Nous souhaitons attirer votre attention sur les effets délétères d’un règlement délégué européen sur ce sport olympique, sur son enseignement et sur la reconversion socioprofessionnelle des sportifs de haut niveau.

Il existe aujourd’hui deux options pour enseigner professionnellement le snowboard en France, seul pays d’Europe occidentale tristement caractérisé par l’absence de Diplôme d’Etat (DE) de Snowboard. La première et seule véritable voie dans le pays consiste en l’obtention d’un DE de Ski. Ce diplôme de ski alpin requiert un niveau très élevé qui le rend naturellement inaccessible à la plupart des snowboardeurs. Bien que le ski et le snowboard partagent un environnement identique, il s’agit de deux sports très différents et non apparentés. La jurisprudence « Prinz » (Arrêt du 22 avril 2004 de la 1ère Chambre Correctionnelle de la Cours d’Appel de Grenoble) précise à ce propos que « le snowboard n’est pas un dérivé du ski ». La seconde option consiste à se former à l’étranger puis à revenir exercer en France.

Jusqu’à aujourd’hui, les sportifs de haut niveau en snowboard, que nous représentons ici, bénéficiaient d’un aménagement du cursus permettant d’obtenir le diplôme de ski sans prérequis techniques, ce qui permettait de pallier en partie à l’écueil juste évoqué. Cette disposition ouvrait un champ de possibilités attendues pour la reconversion socioprofessionnelle des sportifs de haut niveau, en les rendant aptes à enseigner leur sport.

Le règlement délégué européen (UE) 2019/907 du 14 mars 2019 introduit cependant de nouvelles dispositions d’examens au DE de Ski qui nous apparaissent comme extrêmement préjudiciables pour le snowboard. Porté à notre connaissance par la Fédération Française de Ski le 25 juillet 2020, ce règlement européen modifie les conditions d’accès au DE de Ski en imposant à tous les candidats la réussite d’une épreuve technique en ski alpin (Common Training Test, CTT), correspondant à l’ancien Eurotest.

Or, il est tout à fait impossible pour les snowboardeurs de haut niveau de réussir une telle épreuve technique dans un autre sport que le leur. Pourrait-on imaginer imposer un examen très sélectif en tennis à des athlètes spécialistes en badminton ? Les contraintes de la compétition, l’investissement nécessaire dans la carrière sportive et la maturation de plus en plus précoce des athlètes n’autorisent pas la dispersion sans nuire à la performance. L’accès au DE est ainsi devenu un obstacle insurmontable. Le règlement européen va à l’encontre de la mission d’accompagnement des sportifs de haut niveau (insertion professionnelle et reconversion), telle que mise en avant par le pôle haute performance de l’Agence Nationale du Sport.

Nous nous permettons donc de vous faire part de notre profonde inquiétude, car les conséquences à termes seront multiples. En l’absence de spécialistes diplômés, c’est l’ensemble de la filière de recrutement des entraineurs qui souffrirait. En France, seulement 40% des entraineurs snowboard en fonction disposent du DE de ski alpin obtenu par la filière classique. Ce groupe constitue de surcroît les catégories d’âge les plus élevées. La majorité des entraineurs provient des filières haut niveau – incluant tous les entraineurs des équipes de France – ou se sont formés à l’étranger (Suisse et Espagne). Cette disparité sera d’autant plus saillante dans les années à venir car les jeunes générations ont depuis leur plus jeune âge une pratique exclusive en snowboard. Sans entraineurs compétents et sans perspectives professionnelles, l’avenir du snowboard en France serait durement compromis. Cette compromission concernerait autant le monde fédéral que l’industrie spécialisée.

Dans la mesure où les institutions maîtresses de notre sport n’ont pas les moyens d’intervenir sur une situation verrouillée par l’Europe, nous nous en remettons à vous.

* Nous souhaitons obtenir, soit l’exemption au CTT pour les sportifs français de haut niveau en snowboard, soit la réalisation d’un test technique dans notre sport et non en ski alpin.

En l’absence notoire de Diplôme d’Etat de Snowboard en France, le règlement européen apparaît comme éminemment discriminatoire pour notre sport.

Nous sommes également consternés par le fait que les snowboardeurs français soient contraints d'investir dans les formations étrangères, alors que la France dispose de toutes les compétences humaines, techniques, pédagogiques et logistiques pour assurer leur formation.

Pour toutes ces raisons, nous souhaitions partager avec vous cette situation accablante dans l’espoir d’obtenir votre appui. Nous connaissons vos intérêts pour un sport fort, non discriminatoire et équitable. Nous ne doutons pas de votre volonté à résoudre ce dossier.

Dans l’attente de votre retour, veuillez agréer, Madame la ministre, l’expression de nos meilleures considérations.

 

Les membres du Collectif des Equipes de France de Snowboard

#savefrenchsnowboard

 

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Dear Minister,

We are addressing this petition to you in order to obtain your help with a situation that puts snowboarding in France in jeopardy. We would like to draw your attention to the harmful effects of a European Commission delegated regulation on this Olympic sport, on its teaching and on the professional future of high-level athletes.

At present, there are two options to qualify to teach snowboarding professionally in France, the only country in Western Europe sadly lacking a Snowboard State Diploma. The first and only real path within the country is to obtain a State Diploma in Ski. This alpine skiing diploma requires a very high level making it inaccessible to most snowboarders. Although skiing and snowboarding share the same environment, they are two very different and unrelated sports. The "Prinz" case law (Judgment of April 22, 2004 of the 1st Correctional Chamber of the Grenoble Appeal Court) specifies in this regard that "snowboarding is not a derivative of skiing". The second option is to train abroad and then return to practice in France.

Until now, high-level snowboard athletes, whom we represent here, have benefited from an adjustment of the training course allowing them to obtain the ski diploma without technical prerequisites, which has made it possible to partially overcome the pitfall just mentioned. This provision opened up a field of possibilities for the socio-professional reconversion of high-level athletes, by enabling them to teach their sport.

The European Delegated Regulation (EU) 2019/907 of March 14, 2019, however, introduces new examination provisions for the Diploma in Ski which appear to us to be extremely detrimental for snowboarding. Brought to our attention by the French Ski Federation on July 25, 2020, this European regulation modifies the conditions of access to the Diploma in Ski by requiring all candidates to pass a technical test in alpine skiing (Common Training Test, CTT ), corresponding to the former Eurotest.

However, it is impossible for high level snowboarders to pass such a technical test in a sport other than their own. Could we imagine imposing a very selective examination in tennis on athletes specializing in badminton? The constraints of competition, the necessary investment in the career and the increasingly early maturation of athletes make it impossible for these athletes to disperse into other disciplines without harming performance. This Diploma is thus unattainable to them. The European regulation goes against the mission put forward by the high-performance unit of the National Sports Agency to support high-level athletes (professional integration and retraining).

We would therefore like to express our deep concern to you, since the long-term consequences will be multiple. In the absence of qualified specialists, the entire coach recruitment process would suffer. In France, only 40% of active snowboard coaches have a State Diploma in Ski, obtained through the classic curriculum. This group mainly represents the older generations. The majority of coaches are either former high-level athletes who benefitted from the adjustment explained above - including all the coaches of the French national teams - or sportsmen trained abroad (Switzerland and Spain). This disparity will be all the more salient in the years to come as the younger generations have been exclusively involved in snowboarding from an early age. Without competent coaches and professional prospects, the future of snowboarding in France would be severely compromised, affecting both the federal world and the specialized industry.

Insofar as the leading institutions of our sport do not have the means to intervene in a situation locked in by Europe, we are in your hands.

* We would like to obtain either exemption from the CTT for top-level French sportsmen in snowboarding, or the inclusion of a technical test in our sport and not in alpine skiing.

This notable absence of a State Diploma in Snowboarding in France renders the European regulation highly discriminatory for our sport.

We are also concerned about all French snowboarders forced to invest in training abroad, in spite of the existence of all means, human, technical, pedagogical and logistical in France.

For all these reasons, we seek to share this devastating situation with you in the hope of securing your support. We know you are interested in high-performing, non-discriminatory and fair sport. We do not doubt your willingness to resolve this matter. We thank you for your attention, and send our best regards.

Yours sincerely, 

 

Members of the French Snowboard Teams Collective

#savefrenchsnowboard