Petición cerrada

Afin qu'être artiste ne rime plus avec précarité, stigmatisation et indifférence.

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Un peu de transparence...

Cela me tient à coeur depuis longtemps, pas facile à dire mais je vais essayer quand même.S’il vous-plait, prenez le temps de lire jusqu’au bout, même si cela vous paraît un peu long...

 

LA VIE D’ARTISTE

Etre artiste ce n’est pas que « vivre d’amour et d’eau fraiche".

C'est un choix qui s'impose à vous, une petite voix qui vous murmure que c'est votre chemin, et qui vous prouve chaque jour que c'est le bon, et que malgré les épreuves votre vie est riche !

C’est travailler à son œuvre sans relâche, c’est une recherche quotidienne qui ne passe pas forcément par la création elle même, c’est un choix de vie, souvent très solitaire. C’est être libre, oui, mais sans filet de protection, c’est s’exposer à la critique, au jugement, au mépris, à la précarité, c’est se mettre à nu, c’est affronter les échecs, les doutes et très souvent soi-même... C’est parfois penser que l’on n'arrivera plus jamais à faire un seul tableau, c’est continuer de croire coûte que coûte qu’il n’est pas vain de créer, ne serait-ce que pour percevoir l’émotion de ceux dont le cœur aura été touché par nos œuvres…C’est travailler sans être sûr qu’il en sortira quelque chose de beau, ou tout simplement quelque chose, contrairement à une recette, ce sont des facteurs autres que les ingrédients et la bonne volonté qui font naitre les chefs d’œuvres, et il faut parfois des kilomètres de toiles et des litres de peinture avant d’ y arriver...

Je prends la parole aujourd’hui au nom de tous ces artistes plasticiens de l'ombre qui, comme moi, essayent tant bien que mal de survivre. SURVIVRE, oui c’est bien ça !Savez-vous que plus de la majorité d’entre eux vit sous le seuil de pauvreté ?, et ce depuis bien longtemps avant la crise…

Je pense qu’il est utile de rappeler que quel que soit le travail fourni par l’artiste il n’est jamais sûr de vendre ne serait-ce qu’un seul tableau quand il expose, que les frais d’exposition sont à sa charge, la majorité des salons et des expositions, dont les plus fréquentés se tiennent à Paris, sont payants moyennant des sommes faramineuses sans compter tous les frais annexes, achat de matière première, encadrement, déplacements, hébergement..., qu’il n’est pas rémunéré pour la production de ses œuvres, et que le droit de présentation publique (article L 122-2 du code de la propriété intellectuelle) n’est pour ainsi dire jamais appliqué, l’artiste doit payer pour montrer son travail et devrait se contenter de la visibilité qu’il acquiert lors de ces manifestations quand tous les autres intervenants sont rémunérés ! Pourtant sans les œuvres et les artistes qui les créent ces manifestions n’existeraient pas...

De plus, suivant les régions, les inégalités sont énormes face aux chances de rencontrer un public averti et des amateurs d’art.

J’ai débuté à Paris, où les opportunités d’exposer dans des lieux porteurs étaient très nombreuses, et mon cercle de collectionneurs grandissant, depuis mon départ pour la province j’ai vu mes chances diminuer bien plus que je ne l’aurais imaginé, le circuit des collectionneurs passe rarement par les chemins de nos campagnes …

J’ai eu également la malchance de choisir le seul département de France qui, en toute illégalité, essaye de faire rentrer dans « le moule » les artistes bénéficiaires du RSA, en leur supprimant leurs droits, pour les forcer à abandonner leur activité « non rentable » et à « se lever le matin pour trouver un vrai travail » ! (pour le moment en suspend avec la crise, mais jusqu’à quand ?)

Etre artiste c’est un peu comme une maladie honteuse, ça ne se crie pas trop haut et fort, par peur d’être jugé voire considéré comme un parasite qui vit aux crochets des contribuables, le pire c’est que l’on en arrive à avoir honte de dire que nos œuvres sont à vendre et que c’est notre gagne pain…

Aujourd’hui il est fréquent d’entendre dire qu’un artiste qui ne vend pas son travail est un mauvais artiste. On a tendance à oublier que la plupart de ceux qui remplissent les musées aujourd’hui et dont les œuvres sont vendues à des prix dépassant l’imagination, sont morts dans la misère et l’indifférence générale !

Mais revenons à aujourd’hui, je ne vous apprendrais rien en vous disant que c’est la crise !Et là, encore une fois, les artistes précaires, donc plus de la majorité, sont exclus des dispositifs de soutien mis en place par le gouvernement. Ne sont concernés que ceux qui ont fait du chiffre en 2019 (pour exemple ceux qui n’ont rien vendu en 2019 n’ont droit à rien ! et ceux qui ont vendu un tout petit peu ont droit à un tout petit peu), idem pour les exonérations de charges (URSSAF), seuls ceux dont le chiffre d’affaire est au moins supérieur ou égal à 3000 euros pour 2019 ont droit à des exonérations, les plus précaires, eux, doivent payer plein pot, même si c’est peu, quand on a rien c’est toujours trop ! Certaines aides extérieures existent, mais pareil, les conditions à remplir pour les obtenir sont telles que peu peuvent en bénéficier.

Alors je vous en prie, si vous aimez l’art, SOUTENEZ ET SAUVEZ les artistes EN ACHETANT LEURS OEUVRES, ce sont des pièces uniques, que vous ne verrez chez personne d’autre, et qui vous accompagneront toute votre vie durant et bien au delà, qui vous apporteront de la poésie, de la couleur, des émotions et pourquoi pas du réconfort. Et à ceux qui continuent de croire que l’art est trop cher, allez voir les prix d’un peu plus près…Je vous l’assure, TOUT LE MONDE, peut s’offrir ou offrir de l’art !

N’oubliez-pas non plus, qu’un artiste qui montre son travail sur les réseaux, le fait gratuitement, c’est un cadeau, et que les « j’aime », qui sont pourtant d’un grand réconfort, ne sont malheureusement pas encore convertibles en euros… !

Je terminerai par une simple question,

Quand avez-vous acheté une oeuvre d’art pour la dernière fois ?

ou plus simplement,

Avez-vous déjà acheté une œuvre d’art ?

Je vous remercie d’avoir lu ce texte jusqu’au bout et j’espère vous avoir un peu plus sensibilisé aux difficultés financières et psychologiques auxquelles nombre d’artistes sont confrontés…

Avec toute mon affection

Pascale Kutner

PS : N’hésitez pas à partager

Ci-joint quelques extraits de textes sur le sujet :

- « La création artistique est un défi pour les notions communes de “profession” et de “travail” parce qu’elle est dissociée d’un revenu immédiat et proportionnel au temps de travail. La moitié des artistes auteurs affiliés se partage moins de 10% de l’ensemble des revenus, tandis que les 10% d’artistes auteurs les mieux rémunérés concentrent à eux seuls plus de la moitié de ces revenus. Etre artiste auteur recouvre donc des réalités très contrastées dont les deux pôles extrêmes sont, d’une part, un très petit nombre d’artistes auteurs parvenant à vivre largement de leur activité artistique et, de l’autre, une population nombreuse dont les revenus tirés de leur activité d’artiste auteur sont faibles » .
Source : CAAP

- « L’artiste-auteur est le seul travailleur qui peut rapporter davantage une fois mort que de son vivant. Sans artiste-auteur, pas d’œuvre. Mais l’œuvre survit à l’artiste. Et peut alors rapporter « gros », voire « très gros », mais à d’autres, comme en témoignent les Best-sellers du passé ou les records de ventes aux enchères. L’artiste-auteur a le grand tort d’être contemporain de son œuvre. La construction d’une œuvre se fait le plus souvent au prix d’une vie de labeur dans la précarité voire la pauvreté. Au moment où il pourrait enfin mettre du beurre dans ses épinards, l’artiste mange les pissenlits par la racine, c’est ballot ! » (CAAP juin 2019)

- « à un époque on estimait la culture autant que la médecine, soutenir un artiste aujourd’hui, dans l’esprit d’une population mal informée, c’est faire de l’humanitaire » (Antoine Titus « Les artistes français, des auteurs assistés ou en manque d’assistance »)

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 



 



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