
Saint-Maur est l'une des rares villes d'Île-de-France à cultiver elle-même les plantes qui agrémentent ses rues.
Imaginez, disséminée sur un terrain d'environ 6 000 mètres carrés, une enfilade de serres en verre et de tunnels en plastique abritant près de 150 000 plantes en tout genre, et vous aurez une idée de ce que peut être l'un des plus étonnants - mais aussi des plus enchanteurs - sites de Saint-Maur.
Tout commence en 1929, lorsque la municipalité acquiert l'ancien orphelinat de la Seine, situé au centre de la cité, pour y aménager un jardin public. L'endroit, composé de terres maraîchères, est vaste : on décide d'y implanter d'abord trois serres (dont une orangerie), puis quelques autres encore. Le succès ne se fait pas attendre. Un demi-siècle plus tard, la ville voit les choses en grand : elle met la main sur les terrains voisins et installe 2 000 mètres carrés d'abris pour y produire la totalité des fleurs destinées à ses espaces verts.
Parmi les quelque 250 variétés de plantes bichonnées aujourd'hui dans les serres municipales se cache une poignée de raretés que les Saint-Mauriens pourront découvrir lors des Journées du Patrimoine.
A ne pas manquer : la collection d'orchidées, mais aussi le papyrus du Nil - une vertigineuse tige surmontée de longues feuilles vert jade utilisées par les Égyptiens pour la fabrication du parchemin -, le beaucarnéa (Beaucarnea recurvata) - un arbuste aux allures de pied d'éléphant - ou encore le cycas du Japon (Cycas revoluta), une plante si vieille qu'elle aurait, dit-on, connu... les dinosaures. »
TOUT CELA, C'ÉTAIT AVANT 2014 ET L'ARRIVÉE DE M. BERRIOS
AUX COMMANDES.
(article tiré du dossier de L'Express du 5 septembre 2012, par Virginie Skrzyniarz).
Maintenant, les fleurs municipales sont achetées à Rungis, importées par avion de Hollande, importées par avion de, etc.
Le Maire a déclaré que c'était bien mieux comme ça.
Que sont devenues les collections végétales ?
Que sont devenus les horticulteurs diplômés et tous leurs savoir-faire ?
Que sont devenues l'orangerie de style Art Déco et les serres en elles-mêmes qui se trouvaient sur 2 parcelles au début de l'avenue Louis-Blanc, l'une à côté d'un magasin de surgelés, l'autre mitoyenne des Pompiers.
L'une des 2 est aujourd'hui occupée par un énorme parallélépipède de béton de 4 étages.
L'autre parcelle est pour l'instant tabula rasa en attendant de faire place ... (suspense intense) à des immeubles.
Remarquez que maintenant en petite couronne (probablement à Paris aussi),
on peut construire sur TOUTE une parcelle, sans même laisser un m² d'espace non construit.
Autres exemples :
- 80 avenue Louis Blanc à Saint-Maur
- résidence Rosignano Marittimo dans la rue du même nom à Champigny. 7 étages ici.
Dans chaque cas, au milieu de pavillons...
Cerise sur le gâteau dans cette rue de Champigny :
des immeubles ont été construits en fond de parcelle le long de la voie ferrée (future ligne 15 du Grand Paris Express) à la place du talus.
Le principe d'urbanisme côté cour, côté jardin, tout au moins un petit jardin devant, un immeuble parallèle à la rue et un grand jardin derrière semble mort et enterré.
Épisodes à venir de la série «Destruction systématique » du patrimoine de la ville :
- les Archives municipales ;
- le Musée de Saint-Maur et ses riches collections à la villa Médicis.
Illustration :
En haut, les Serres municipales de Saint-Maur dans toute leur splendeur, juste avant l'arrivée de M. Berrios comme Maire en 2014 ;
En bas, le premier immeuble construit à l'emplacement des serres municipales et en face la table rase avant l'éclosion du béton.