Mise à jour sur la pétitionSauvegarde d'un des plus vieux et magnifiques arbres de FranceLa gestion de l'eau, autre bien qui se porterait mieux à être commun !
François WINICKIFrance
5 sept. 2021

Deux mises au point pour commencer :


Suite aux commentaires de M. Arnaud Allouche qui m'ont mis la puce à l'oreille et après vérification  (merci au lycéen sensibilisé aux problématiques de vidéoprotection / surveillance (pour rester neutre) qui m'a bluffé par ses recherches),  les petits engins en forme de gond de porte seraient des répéteurs-antennes-relais 828Mhz utilisés pour nos compteurs communicants (Veolia ou Enedis par exemple).
Pourquoi, à Champigny, un panneau « Vidéoprotection » a été placé juste en dessous sur le même poteau, mystère et boule de gomme. Si quelqu'un a l'explication, je suis preneur.

Avouez, pour continuer sur l'esthétique de l'espace public, de nos rues, que celles-ci sont encombrées de petits boîtiers, caissons, armoires divers et variés sans personne pour communiquer dessus et expliquer leur usage.
C'est comme pour les panneaux indicateurs : entre ceux qui manquent (comme pour indiquer une zone sous vidéo) et ceux qui ne servent plus et ne sont pas retirés ou longtemps après.

Seconde mise au point : contrairement à ce que j'avais avancé, avant le changement de majorité, la ville de Champigny ne suivait pas totalement une politique zéro sécurité mais quatre caméras vidéo
avaient été placées en 2016 en centre-ville à la demande de riverains pour 36 000 €.

Revenons à Veolia (sans lui faire de pub).
Tiré du fameux dossier de L'Express du 5 septembre 2012 sur les singularités et les charmes de Saint-Maur, un extrait de l'article « Saint-Maur: de l'insolite à chaque coin de rue », par Virginie Skrzyniarz :


« Histoire d'eau :

Voici une particularité pour le moins étonnante : la ville est l'une des rares de France à produire et à distribuer elle-même son eau. Évidemment, les techniques ont considérablement évolué depuis l'époque où la petite usine de traitement, ouverte en 1966, pompait l'eau de la Marne avant de la distribuer à domicile, où elle était filtrée au goutte à goutte sur un bloc de charbon de bois par tout un chacun. Dressé en 1975, le réservoir permet aujourd'hui le stockage de 24 000 mètres cubes d'eau, soit... à peine une journée de consommation. 9, rue du Belvédère.»

Monsieur le Maire actuel a eu assez de « détermination » pour déclarer publiquement que ses administrés tireraient profit de la cession de la gestion de l'eau à Veolia en voyant la décrue de leurs factures d'eau
(l'usine des Eaux de Saint-Maur a définitivement fermé le 1er juillet 2016).


Et toujours à contre-courant, notre premier édile :

« Comment l'eau est-elle gérée en France et cette ressource stratégique est-elle accaparée par des intérêts privés ? Une commission d'enquête parlementaire [ Mme Mathilde Panot (FI, Val-de-Marne), présidente, et M.Olivier Serva (Guadeloupe, LaREM), rapporteur ] s'est penchée sur la question.

Ses conclusions ont été rendues publiques le 15 juillet 2021. Depuis janvier 2021, la commission a auditionné 81 personnes et s'est rendue sur le terrain dans les Vosges du côté de Vittel et en Guadeloupe où la situation est particulièrement catastrophique.Dans ce rapport, les parlementaires ont surligné plusieurs points, en particulier celui de la gestion de l'eau quand elle est déléguée au privé. L'eau douce est en voie de raréfaction, c'est le constat initial de cette enquête parlementaire initiée par le groupe LFI.


Le rythme des sécheresses en France s'est accéléré depuis les années 90. Certaines rivières ont carrément disparu sur plusieurs kilomètres, c'est le cas du Doubs et, d'ici 50 ans, on estime que le volume d'eau disponible dans les nappes phréatiques pourrait chuter de moitié dans certains bassins de la Loire et du Sud-Ouest.
Une situation qui rend d'autant plus important de savoir qui gère la ressource et comment.
L'actualité s'est d'ailleurs posée la question avec les cas de Nestlé à Vittel et de Danone à Volvic ,
deux multinationales régulièrement accusées de piller les nappes phréatiques.
Enfin, on a beaucoup parlé de l'O.P.A. de Veolia sur Suez, un dossier certes économique et financier, mais qui pose surtout la question du monopole de la gestion privée de l'eau en France, un marché de 25 milliards d'euros par an que se partageaient trois sociétés jusqu'à présent, et bientôt plus que deux. Bref, en France, l'accaparement de l'eau par des intérêts privés est une réalité, c'est ce qu'estiment les rapporteurs.
Les parlementaires proposent de donner à l'eau le statut de bien commun pour notamment s'obliger à œuvrer à sa conservation. Ça ne signifierait pas forcément nationaliser l'eau en France mais en rendre la gestion commune. Les parlementaires font par ailleurs savoir que les municipalités interviennent de plus en plus dans la gestion de l'eau via la mise en régie et, selon les rapporteurs,
c'est plutôt une bonne chose. Ils préconisent également d'augmenter très fortement les investissements publics dans les équipements pour éviter qu'un litre d'eau sur 5 soit perdu  dans l'Hexagone, un litre sur 2 dans les territoires français d'outre-mer. L'autorité de la concurrence devrait également, selon eux, regarder de plus près l'état de la concurrence entre les gestionnaires privés de l'eau et les sanctions pénales devraient s'alourdir en cas d'accaparement patent.
Au total, 75 propositions répondant chacune à un problème spécifique. »


France Culture, le 15 juillet 2021, par Anne-Laure Chouin.

Lien vers le rapport parlementaire :
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/ceeau/l15b4376_rapport-enquete

Petit rapport d'étonnement sur l'eau pour terminer :
1) lors d'une visite journée portes ouvertes de l'usine de retraitement de Noisy-le-Grand - Neuilly-sur-Marne, j'ai vu un employé muni d'une longue perche dont le travail consistait à récupérer les papiers toilette qui surnageaient à la surface ;
2) pourquoi, en France, l'eau purifiée à grand frais (voir la répartition sur votre facture) sert-elle à l'évacuation des toilettes ?
Une exception notable :
l'expérience-pilote à Grenoble de réutilisation après traitement de l' « eau grise » rejetée par les douches et les machines à laver pour alimenter les WC ;
3) depuis décembre 2020 en Californie, l'eau est une matière première comme une autre, par exemple le pétrole, sur le cours de laquelle les investisseurs peuvent spéculer ;
4) une consultation ouverte à tous les habitants d'au moins 16 ans est organisée depuis le 1er septembre dans neuf communes du 94 ( Arcueil, Cachan, Chevilly-Larue, Fresnes, Gentilly, Ivry, Vitry, Le Kremlin-Bicêtre, et Orly) pour qu'ils s’expriment sur l’avenir de la gestion de l’eau.
Sorties du syndicat francilien de gestion SEDIF, ces communes souhaitent retirer sa délégation de service public à Veolia et se lancer dans une distribution municipale de l’eau.

Illustration :
l'usine des eaux du Parc-Saint-Maur au début du XXème siècle.

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