
À Saint-Maur, à certains endroits de la trame verte, qui est sensée facilitée le maintien et l'accroissement de la biodiversité, par exemple à hauteur des avenues des Maréchaux Leclerc
(celle du Grand Chêne) et Delattre-de-Tassigny ne poussent plus que des ailantes,
appelées aussi faux vernis du Japon, et des robiniers faux-acacia aux épines redoutables.
Cet envahissement empêche la pousse de maintes fleurs sauvages qui faisaient le charme « champêtre » de ce lieu il y a encore quelques années.
De même, les espaces verts qui longent le RER rue Washington entre les gares de Champigny
et La Varenne-Chennevières sont largement étouffés par les ailantes et les faux acacias
(le pied de tomate de la rue Viala, lui au moins, ne manque pas d'entretien :
j'ai vu aux heures de bureau une dame en tailleur venir en auto s'en occuper).
Nous assistons donc à Saint-Maur-même au phénomène problématique de ces plantes envahissantes dites invasives.
Je laisse la journaliste Anne-Laure Chouin nous expliquer le rapport parlementaire
qui vient de sortir à ce sujet
(France Culture, le 22 juillet) :
« Arrêtons-nous sur un exemple frappant que l'on peut observer dans notre quotidien,
la prolifération des plantes invasives. Elles sont une des causes majeures du recul de la biodiversité et les éradiquer est devenu presque impossible.
C'est le constat que fait un rapport parlementaire qui vient d'être publié sur le sujet mais on peut encore tenter de les contenir.
Renouée du Japon, Ambroisie, Jussie, Berce du Caucase ou encore algues vertes, ces plantes invasives, exotiques ou non, n'ont pendant longtemps pas été considérées comme un problème, principalement parce qu'elles ne perturbaient ni l'économie, ni les loisirs,, ni le tourisme.
Ce n'est plus le cas désormais mais le constat arrive tard et les conséquences sont non seulement environnementales, mais aussi sanitaires. On connaît par exemple le pouvoir urticant de certaines de ces plantes comme l'ambroisie. Elles sont aussi le résultat de l'artificialisation des sols, de la hausse des températures de l'eau ou de l'arrêt de la culture de plantes locales.
Non seulement elles empêchent d'autres espèces de survivre, mais elles altèrent la chimie du sol et de l'eau, et elles coûtent cher, très cher, lorsqu'il s'agit de s'en débarrasser.
Pour preuve, l'arrachage mécanique et manuel de la jussie à grandes fleurs sur les berges de l'Adour dans les Landes a coûté à la Collectivité près de 440 000 euros.
Pour Nadia Essayan, députée de l'Eure, co-rapporteur de cette mission d'information, il est indispensable de développer la recherche sur ces plantes invasives :
''Pour comprendre pourquoi ces plantes invasives se développent de cette manière-là, où elles se développent le plus, et comment on peut les contrer, notamment peut-être par la production d'espèces végétales locales qu'on a un peu mises de côté et qui pourraient être aussi efficaces.
C'est très intéressant d'aller regarder quelles sont les expérimentations qui se font sur les terrains et que la Recherche souhaite en lien avec ces expérimentations.''
Multiplier par 10 les financements dédiés mais aussi informer le grand public sur ces plantes qu'il contribue parfois à éparpiller sans le savoir. Ou encore désigner plus clairement qui doit lutter contre la prolifération de ces plantes invasives, autant de pistes données par les députés au Gouvernement. »
Pour consulter le rapport parlementaire :
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/rapports/cion-dvp/l15b4391_rapport-information
Merci une fois encore à Audrey Safar pour la photo d'illustration qui a été prise depuis le pont qui enjambe le RER à l'extrémité de l'avenue du Maréchal Delattre-de-Tassigny à hauteur de la place des Anciens Combattants d'Indochine.