
Lara RobbianiManno, Switzerland
Jul 29, 2017
Depuis presque trois ans nous nous occupons de l’accueil de migrants à Milan, Como et au Tessin. Au mois d’octobre 2016, avec d’autres volontaires, nous avons constitué l’association DaRe (qui se traduit en italien par ‘donner’)-Diritto a Restare (qui se traduit par ‘droit de rester’). Ce groupe, qui compte sur la collaboration d’une cinquantaine de volontaires, est actif dans différents secteurs : la collecte et la distribution de vêtements et de produits d’hygiène personnelle, la gestion des réserves, les cours d’italien, la collaboration avec les sages femmes, les cours de cuisine. En ce moment il y a d’autres projets qui sont en train d’être crées, comme par exemple des cours de couture. Les volontaires offrent leur travail gratuitement, sans aucune prise en charge des dépenses. En plus de ces activités, nous rendons visite aux pensions et aux centres de protection civile dans lesquels sont logés les 200 requérants d’asile au Tessin. Personne d’autre le fait, et dans ces occasions nous nous sommes rendus compte que, outre le personnel de sécurité et les responsables des pensions, les requérants d’asile n’ont aucun autre contact avec personne. C’est pour cela que vos visites sont très appréciées. Depuis le début, nous avons signalé chaque visite de chaque volontaire dans ces structures à Carmela Fiorini, la cheffe de section des requérants d’asile du Bureau de soutien social et à l’insertion et il faut souligner que la collaboration entre nous, volontaires, et ce service cantonal, s’est toujours révélée bonne.
Il y a deux mois, après avoir annoncé à toutes les pensions et les protections civiles que les bons de 50 francs pour les requérants d’asile pour acquérir les vêtements auprès de Caritas et de la Croix rouge n’étaient plus valables, le Bureau de Carmela Fiorini a demandé à notre association de présenter un projet pour couvrir toutes les demandes d’habits provenants des 17 structures qui accueillent les requérants d’asile. Nous avons donc transmis notre projet, en attendant une réponse des responsables cantonales. Après beaucoup de sollicitations de notre part, un mois après nous avons pu rencontrer Carmela Fiorini et Renato Bernasconi, chef du Bureau du soutien social et de l’insertion. A notre plus grande surprise ils nous ont communiqué que l’autorité cantonal avait conféré à Caritas le mandat (nota bene en payant un collaborateur à 50%) de coordonner les volontaires qui s’occupent des réfugiés dans notre canton. En d’autres termes, dorénavant notre association, qui compte le plus grand nombre de volontaires actifs sur le territoire cantonal, devrait être soumise à Caritas qui, retribuée par le canton, coordonnerait aussi nos activités ! Nous tenons à préciser que notre travail s’était révélé nécessaire précisément parce que le service proposé par Caritas ne marchait pas, d’autant plus que, pour faire des exemples concrets, à Bosco Gurin, même s’il faisait déjà froid, il y avait des requérants d’asile avec des vêtements estivales et à Camorino il y avait des garçons qui n’avaient même pas pu changer leurs sous-vêtements.
Nous retenons que, aussi à la lumière du cas d’Argo, cette façon de procéder est très discutable. Le mandat a été conféré, sans concours, à une organisation politiquement et religieusement très engagée, qui maintenant, grâce à cette nouvelle charge, va gérer dans le Tessin quasi toutes les activités dans le secteur du social.
Nous ne comprenons pas d’ailleurs pourquoi nous n’avons pas été pris en considération, même en ayant une expérience de travail de deux ans durant les quels notre travail a été apprécié et soutenu par les autorités mêmes qui nous avaient autorisés à accéder aux pensions et aux centres de protection civile et nous avaient même proposé (de par leur propre requête) une collaboration professionnelle et gratuite. / une collaboration professionnelle qui prévoyait seulement la couverture de nos coûts (par exemple pour la location de l’entrepôt et garantissait un service efficace et économique (il suffit de penser, à ce propos, que dans notre entrepôt de Bellinzona nous rencontrons des familles –pas seulement de migrants- qui recourent à notre aide parce que l’offre de Caritas est trop chère).
À la lumière de ce qui a été dit, nous sommes de l’opinion qu’il serait plus opportun de continuer notre activité de manière autonome, même si on nous a vivement conseillé de nous subordonner à Caritas et à la Croix rouge. Pour nous, cette hypothèse est inacceptable puisque les produits que nous distribuons gratuitement nous ont été donnés par la population, laquelle souvent déclare nous préférer par rapport aux organisations comme Caritas et la Croix rouge, lesquelles contriarement à nous revendent à nouveau ce qui leur a été offert.
Nous désirons être plus pris plus en considération pour notre travail et pouvoir observer plus de transparence dans les décisions des autorités.
Au nom du comité,
Lara Robbiani Tognina
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