Actualización sobre la peticiónRestitution des têtes des résistants algériens, détenues par le Musée de l'HommeEncore un effort, chers amis!
Brahim SENOUCIBagneux, Francia
21 may 2016
Nous avons dépassé le seuil psychologique des 400 signataires. Pas mal mais encore très insuffisant. Si je suis tellement attaché à la réussite de cette initiative, c'est parce que je crois qu'elle présente une très haute valeur symbolique ajoutée. Cela montrerait que nos compatriotes sont capables de "faire société" quand ils le décident. Simplement, ils ne le savent pas. Un succès éventuel leur permettrait de le découvrir et de réaliser qu'ils ont la force de se battre pour leur dignité, et que ce combat passe par le recouvrement de celle de nos aïeux. Nous portons en nous le poids d'une sorte de malédiction. Il y a une voix doucereuse qui nous susurre que toute tentative de notre part pour infléchir le cours des choses est vouée à l'échec, que ce dernier nous est consubstantiel en somme. Il est vrai que ça fait bientôt deux siècles que nous vivons dans une sorte de déclassement permanent, la colonisation, l'instauration d'une dictature imbécile après l'indépendance, la décennie noire, la tentation suicidaire de notre jeunesse, le marasme actuel... Nous avons une responsabilité collective dans notre situation. Il ne suffit pas en effet d'accuser le Pouvoir, de dénoncer la corruption, bien réelle, au point qu'elle est devenue systémique. Mais, nous contribuons à l'entretenir par notre silence, notre conservatisme, notre résignation à accepter notre déclassement, en dépit des atouts gigantesques dont la Nature nous a dotés. Réussir dans cette modeste entreprise qui consiste à rapatrier ces restes et leur donner une sépulture digne et fière dans leurs régions d'origine*, pourrait marquer un début de rupture dans la maladie de langueur dont nous sommes atteints et qui annihile toute réaction digne de ce nom, alors même que nous sommes conscients que nous allons vers l'abîme. Alors, de grâce, merci évidemment pour vos signatures, mais allez, allons au-delà, secouons les dormants d’Éphèse, appelons-en aux consciences. Rappelons que personne ne demande de prendre les armes, de risquer la mort, ou une longue période de prison. Même si l'Algérie fait face à un péril peut-être plus important que celui qu'elle a connu durant la période coloniale, il n'est pas question de monter au maquis, de risquer la torture, d'abandonner sa famille pour une vie de clandestinité, ce que de glorieux chouhadas ont choisi en leur temps. Rien de tout cela. Juste une signature au bas d'un texte qui réclame, au nom de notre dignité, la restitution des restes de nos martyrs à leurs familles et à leur patrie, et une inhumation digne, avec les honneurs dus à leur rang. Il est clair que tout le processus doit rester entre les mains de la société civile. Le Pouvoir politique avait toute latitude pour engager cette entreprise et il s'y est refusé. C'est donc à la société civile que reviendra le bénéfice de ce succès. Ce sera à elle d'organiser le rapatriement et la cérémonie d'inhumation. * Dans un précédent post, j'ai indiqué que les restes devaient être enterrés à Biskra. Des amis m'ont fait observer que les combattants de la bataille des Zaatchas venaient de toute l'Algérie, Kabylie, Oranie... Il faudra donc nous organiser en conséquence. Au passage, notons le caractère national de cette révolte. Puissent les apprentis sorciers sécessionnistes l'entendre!
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