Requête à l'administration face à la situation du SECOP


Requête à l'administration face à la situation du SECOP
Le problème
Madame, Monsieur,
Nous souhaitons vous faire part de notre position concernant la décision de recours à la solidarité institutionnelle adressée aux praticiens hospitaliers de l’établissement pour assurer une demi-journée de présence dans le service d'évaluation de crise de d'orientation psychiatrique (SECOP), dans le contexte actuel.
Personne ne peut nier la gravité de la situation que traverse cette unité, ni l’engagement constant des équipes médicales et soignantes de l’hôpital face à une pénurie médicale chronique et à des conditions de travail de plus en plus dégradées. En tant que praticiens hospitaliers, nous faisons déjà preuve au quotidien d’un investissement important, souvent au-delà de ce que nos missions et nos moyens permettent raisonnablement.
Cependant, la décision prise actuellement, reposant sur un appel à la solidarité et à la confraternité des PH de l’établissement, nous pose un profond problème de fond. Elle revient à demander à des équipes déjà éprouvées, parfois elles-mêmes en grande fragilité, de compenser une défaillance institutionnelle ancienne, identifiée de longue date et restée sans réponse structurelle malgré les alertes répétées.
Cette modalité de réponse nous semble doublement problématique :
• d’une part, elle expose d’autres services et d’autres praticiens à un risque accru d’épuisement, dans un contexte où la prévention des burn-out devrait être une priorité institutionnelle ;
• d’autre part, elle entretient l’illusion qu’une crise organisationnelle majeure peut être résolue par des ajustements ponctuels reposant sur le sur-engagement des individus, plutôt que par des décisions structurelles relevant de la responsabilité de la direction et des instances.
La confraternité et la solidarité entre médecins sont des valeurs auxquelles nous sommes tous attachés. Elles ne peuvent cependant pas être invoquées pour rendre moralement contraignante l’acceptation de conditions de travail qui mettent en difficulté les professionnels et, à terme, la qualité et la sécurité des soins pour les patients.
Il nous semble aujourd’hui indispensable que des solutions institutionnelles pérennes soient pensées et portées par la direction et les instances compétentes (réorganisation du dispositif, redéfinition des missions de l’unité, moyens humains adaptés, recours à des solutions extérieures de remplacement, professionnalisation de la psychiatrie d'urgence...), plutôt que de reposer sur une logique de compensation par les praticiens en poste.
Pour ces raisons, et sans remettre en cause la gravité de la situation ni l’engagement de chacun et spécialement des praticiens en poste au SECOP, nous souhaitons exprimer nos réserves quant à cette demande, nos craintes que cette solution court-termiste soit renouvelée de façon itérative et rappeler que la responsabilité de la résolution de cette crise relève avant tout de choix organisationnels et institutionnels.
Nous restons à votre disposition et sommes nombreux à vouloir pouvoir participer à une réflexion collective sur des solutions durables et respectueuses de la santé des professionnels et des patients.
Cordialement,
Les praticiens hospitaliers signataires

Le problème
Madame, Monsieur,
Nous souhaitons vous faire part de notre position concernant la décision de recours à la solidarité institutionnelle adressée aux praticiens hospitaliers de l’établissement pour assurer une demi-journée de présence dans le service d'évaluation de crise de d'orientation psychiatrique (SECOP), dans le contexte actuel.
Personne ne peut nier la gravité de la situation que traverse cette unité, ni l’engagement constant des équipes médicales et soignantes de l’hôpital face à une pénurie médicale chronique et à des conditions de travail de plus en plus dégradées. En tant que praticiens hospitaliers, nous faisons déjà preuve au quotidien d’un investissement important, souvent au-delà de ce que nos missions et nos moyens permettent raisonnablement.
Cependant, la décision prise actuellement, reposant sur un appel à la solidarité et à la confraternité des PH de l’établissement, nous pose un profond problème de fond. Elle revient à demander à des équipes déjà éprouvées, parfois elles-mêmes en grande fragilité, de compenser une défaillance institutionnelle ancienne, identifiée de longue date et restée sans réponse structurelle malgré les alertes répétées.
Cette modalité de réponse nous semble doublement problématique :
• d’une part, elle expose d’autres services et d’autres praticiens à un risque accru d’épuisement, dans un contexte où la prévention des burn-out devrait être une priorité institutionnelle ;
• d’autre part, elle entretient l’illusion qu’une crise organisationnelle majeure peut être résolue par des ajustements ponctuels reposant sur le sur-engagement des individus, plutôt que par des décisions structurelles relevant de la responsabilité de la direction et des instances.
La confraternité et la solidarité entre médecins sont des valeurs auxquelles nous sommes tous attachés. Elles ne peuvent cependant pas être invoquées pour rendre moralement contraignante l’acceptation de conditions de travail qui mettent en difficulté les professionnels et, à terme, la qualité et la sécurité des soins pour les patients.
Il nous semble aujourd’hui indispensable que des solutions institutionnelles pérennes soient pensées et portées par la direction et les instances compétentes (réorganisation du dispositif, redéfinition des missions de l’unité, moyens humains adaptés, recours à des solutions extérieures de remplacement, professionnalisation de la psychiatrie d'urgence...), plutôt que de reposer sur une logique de compensation par les praticiens en poste.
Pour ces raisons, et sans remettre en cause la gravité de la situation ni l’engagement de chacun et spécialement des praticiens en poste au SECOP, nous souhaitons exprimer nos réserves quant à cette demande, nos craintes que cette solution court-termiste soit renouvelée de façon itérative et rappeler que la responsabilité de la résolution de cette crise relève avant tout de choix organisationnels et institutionnels.
Nous restons à votre disposition et sommes nombreux à vouloir pouvoir participer à une réflexion collective sur des solutions durables et respectueuses de la santé des professionnels et des patients.
Cordialement,
Les praticiens hospitaliers signataires

Victoire
Partagez cette pétition
Partager la pétition
Pétition lancée le 4 février 2026