Reportez les concours, pour la santé et l'égalité de traitement de toutes et tous !

0 a signé. Prochain objectif : 2 500 !


Vendredi soir, la décision de maintenir dans les prochaines semaines la majorité des concours, dans les centres prévus, a été confirmée par le gouvernement et les institutions organisatrices de ces concours, à contre-courant de toutes les autres mesures décidées pour les semaines qui viennent. Si les concours post-bac seront remplacés par des examens de dossier, les concours des grandes écoles (pour les élèves des classes préparatoires) et ceux de la fonction publique sont maintenus. En plus des milliers de personnes qui s'occupent de la logistique et de l'organisation des épreuves, cette décision affecte plusieurs dizaines de milliers d'élèves de classes prépas et de candidat.e.s aux concours de la fonction publique, une grande partie d'entre eux ayant précisément lieu dans les semaines qui viennent.

Là où le gouvernement espagnol par exemple a pris la responsabilité de reporter les concours et examens des deux prochains mois, nos dirigeants ont pris une décision plus lourde encore de conséquences. Elle affaiblit le plan général de santé publique en y introduisant des exceptions larges (puisque les concours vont faire se côtoyer dans les mêmes salles des centaines de personnes venues de tout un département, toute une académie ou parfois la France entière). Les transports, qui sont à éviter le plus possible selon le gouvernement, sont réduits, rendant les conditions d'accès plus difficiles et augmentant la densité par wagon, et donc les risques de contamination. Les centres d'examen vont être occupés par des milliers de personnes simultanément, il est physiquement impossible d'éviter les attroupements aux accès et dans les couloirs du centre.

C'est également une décision qui introduit dans ces concours une nouvelle couche d'inégalités validistes et classistes :

  • Elle interdit de fait à certain.e.s candidat.e.s de passer leur concours : les personnes immunodéprimées ou particulièrement exposées au Covid-19 qui ont été placé.e.s en confinement par leur médecin et dont la vie est en danger, les personne déjà contaminées ou en confinement dans l'attente des résultats du test après avoir présenté des symptômes, etc.
  • Elle oblige les autres à faire le choix entre renoncer à un concours préparé pendant des mois et prendre le risque d'être contaminé.e, au mépris de sa santé mais aussi de celles de ses proches. C'est évidemment un choix beaucoup plus difficile à prendre lorsqu'on cohabite avec des personnes à la santé plus fragile que la nôtre (conjoint.e.s, enfants, parents ou grands-parents, colocataires), et qui touche particulièrement les plus précaires qui ont des contraintes de logement plus fortes (quid de celles et ceux qui habitent chez une personne âgée à qui on tient compagnie parce que le loyer est moins cher, ou en résidence universitaire avec équipements collectifs où l'on risque de contaminer 50 personnes, etc.).
  • Elle force les concours à se tenir alors que les inégalités dans les conditions de préparation et de révision sont encore plus prononcées que d'habitude : les bibliothèques, CDI et établissements fermés, cela signifie plus de lieu de travail, plus de livres disponibles, parfois plus d'accès à internet pour bon nombre de candidat.e.s, en particulier les plus précaires.
  • Elle oblige également les appariteur.rice.s qui permettent l'organisation des épreuves, dont une bonne partie sont des retraité.e.s censé.e.s faire partie des populations à protéger en priorité, à mettre leur santé en jeu. L'exercice d'un éventuel droit de retrait est compliqué à cause de la pression financière (nombre d'entre eux font cela pour arrondir les fins de mois) mais également psychologique (nul doute que les discours des institutions organisatrices de ces concours seront culpabilisants au possible pour convaincre ces personnes de venir les organiser, en insistant sur leur responsabilité morale vis-à-vis des candidat.e.s).

Nous demandons donc au gouvernement français et aux institutions organisatrices de ces concours de prendre la mesure de la gravité de cette décision, qui met en danger la santé des candidat.e.s et appariteur.rice.s et qui remet en cause la légitimité même des concours qui seront passés dans de telles conditions, et de décider d'un nécessaire report de ces concours.

Bien sûr, nous sommes conscients qu'un report aurait également de graves conséquences, qui toucheraient là encore d'abord les candidat.e.s les plus précaires : il n'y a aucune solution optimale, et pour les concours comme pour le reste, cette crise et les mesures qui seront prises pour y remédier affecteront d'abord les plus précaires. Mais un report, en dehors des enjeux immédiats de danger sanitaire, laissera justement plus de temps aux organisateurs de trouver des solutions moins mauvaises, et aux candidat.e.s lésé.e.s par la situation de s'organiser pour faire valoir leurs droits à un traitement égal.

Si vous êtes concerné.e.s, si vous avez des proches ou des connaissances qui le sont, merci de relayer cette pétition et adressez vos témoignages à l'adresse reportezlesconcours@gmail.com, en nous donnant des informations sur le(s) concours que vous préparez ou devez encadrer, leur date, et les raisons pour lesquelles cette décision met en danger votre santé et/ou vos chances de réussite.