Renommer la place de la Bergère d'Ivry, Paris, en place Aimée Millot victime de féminicide
Renommer la place de la Bergère d'Ivry, Paris, en place Aimée Millot victime de féminicide
Le problème
À l'attention de la Mairie du 13e arrondissement de Paris
Le 25 mai 1827, une jeune femme de 19 ans est assassinée dans le quartier de la Croulebarbe, dans ce qui est aujourd'hui le 13e arrondissement de Paris. Elle s'appelle Aimée Millot. Orpheline, chevrière, elle a refusé les avances d'un homme. Il l'attend au champ de l'Alouette et lui porte cinq coups de couteau, dont trois mortels, en présence d'une petite fille.
C'est un féminicide. Une femme tuée par un homme parce qu'elle lui avait dit non.
Depuis 2002, une place de l'arrondissement porte le nom de "place de la Bergère-d'Ivry" en référence à cette histoire. C'est un geste symbolique important. Mais la plaque qui y figure comporte des erreurs factuelles et une formulation profondément problématique : elle indique qu'Aimée Millot a été "assassinée par son compagnon en 1826". Il n'était pas son compagnon. Et le meurtre a eu lieu en 1827.
Écrire "son compagnon" sur une plaque officielle, c'est inventer rétrospectivement une relation qui n'existait pas, et reproduire le récit du XIXe siècle : celui d'un drame à deux, d'une passion malheureuse, d'un amour qui a mal tourné. C'est effacer la violence derrière un mot qui répartit la responsabilité.
Nous demandons à la Mairie du 13e arrondissement deux choses :
Corriger les erreurs factuelles de la plaque actuelle.
Renommer la place en place Aimée Millot, victime de féminicide.
Ce geste n'est pas sans précédent. Les plaques commémoratives parisiennes rendent hommage depuis des décennies aux victimes de la Libération avec la formule "mort pour la France". Nommer le contexte d'une mort sur une plaque est la norme mémorielle, pas l'exception. La même logique doit s'appliquer aux femmes tuées parce qu'elles étaient des femmes.
Le 13e arrondissement a déjà montré qu'il pouvait faire ce geste : en 2021, il a inauguré la "place en hommage aux femmes victimes de violences", à quelques mètres de là. Cette initiative témoigne d'une sensibilité réelle de la Mairie à ces questions, et c'est précisément pourquoi nous sommes confiantes qu'elle saura entendre cette demande. Il s'agit aujourd'hui d'aller jusqu'au bout : donner à Aimée Millot son nom complet, et donner à sa mort son nom exact.
Aimée Millot mérite que sa place le dise.
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Le problème
À l'attention de la Mairie du 13e arrondissement de Paris
Le 25 mai 1827, une jeune femme de 19 ans est assassinée dans le quartier de la Croulebarbe, dans ce qui est aujourd'hui le 13e arrondissement de Paris. Elle s'appelle Aimée Millot. Orpheline, chevrière, elle a refusé les avances d'un homme. Il l'attend au champ de l'Alouette et lui porte cinq coups de couteau, dont trois mortels, en présence d'une petite fille.
C'est un féminicide. Une femme tuée par un homme parce qu'elle lui avait dit non.
Depuis 2002, une place de l'arrondissement porte le nom de "place de la Bergère-d'Ivry" en référence à cette histoire. C'est un geste symbolique important. Mais la plaque qui y figure comporte des erreurs factuelles et une formulation profondément problématique : elle indique qu'Aimée Millot a été "assassinée par son compagnon en 1826". Il n'était pas son compagnon. Et le meurtre a eu lieu en 1827.
Écrire "son compagnon" sur une plaque officielle, c'est inventer rétrospectivement une relation qui n'existait pas, et reproduire le récit du XIXe siècle : celui d'un drame à deux, d'une passion malheureuse, d'un amour qui a mal tourné. C'est effacer la violence derrière un mot qui répartit la responsabilité.
Nous demandons à la Mairie du 13e arrondissement deux choses :
Corriger les erreurs factuelles de la plaque actuelle.
Renommer la place en place Aimée Millot, victime de féminicide.
Ce geste n'est pas sans précédent. Les plaques commémoratives parisiennes rendent hommage depuis des décennies aux victimes de la Libération avec la formule "mort pour la France". Nommer le contexte d'une mort sur une plaque est la norme mémorielle, pas l'exception. La même logique doit s'appliquer aux femmes tuées parce qu'elles étaient des femmes.
Le 13e arrondissement a déjà montré qu'il pouvait faire ce geste : en 2021, il a inauguré la "place en hommage aux femmes victimes de violences", à quelques mètres de là. Cette initiative témoigne d'une sensibilité réelle de la Mairie à ces questions, et c'est précisément pourquoi nous sommes confiantes qu'elle saura entendre cette demande. Il s'agit aujourd'hui d'aller jusqu'au bout : donner à Aimée Millot son nom complet, et donner à sa mort son nom exact.
Aimée Millot mérite que sa place le dise.
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Pétition lancée le 18 juin 2026