Refusons la mise à la rue des familles en Ile-de-France !

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Des familles mises à la rue : une décision  injuste et inhumaine assumée par l’Etat

Depuis le début du mois d’avril, de nombreuses familles hébergées à l’hôtel par le 115 se voient notifier la fin de leur prise en charge. Concrètement, il leur est demandé de quitter les lieux dans un délai de 15 jours à 1 mois, sans qu’aucune autre solution d’hébergement ne leur soit proposée.

En effet, le pôle urgence du SIAO[1] 92 applique désormais des critères de priorisation pour l’hébergement d’urgence à l’hôtel : présence d’au moins un enfant de moins de trois ans, femme enceinte, situation de vulnérabilité spécifique.

L’application de ces critères conduit à la fin de prise en charge par le 115 de nombreuses familles dès lors que leur dernier enfant a plus de 3 ans, sans aucune autre proposition d’hébergement, ce qui signifie une mise à la rue. Une centaine de familles angoissées, désemparées, sont venues frapper à la porte des associations du collectif Citoyens Fraternels 92[2], et il en arrive de nouvelles chaque jour.

Cette décision est inhumaine et inadmissible. Il est important de rappeler ce que stipule la Loi : « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. » (Art. L345-2 du code de l’action sociale et des familles). En outre « toute personne accueillie dans une structure d'hébergement d'urgence doit pouvoir […] y demeurer, dès lors qu'elle le souhaite, jusqu'à ce qu'une orientation lui soit proposée. Cette orientation est effectuée vers une structure d'hébergement stable ou de soins, ou vers un logement, adaptés à sa situation.» (Art. L345-2-2 du code de l’action sociale et des familles).

Face à cette situation, le collectif Citoyens Fraternels 92 a demandé rendez-vous au préfet des Hauts-de-Seine et à la directrice de l’unité territoriale de la DRIHL[3] 92, pour demander la levée de ces critères de priorisation.

Une délégation du collectif, avec quelques représentants des familles, a été reçue jeudi 24 mai à la préfecture. Le secrétaire général de la préfecture a confirmé que la définition de ces critères est de la responsabilité du préfet et qu’il ne pouvait être envisagé de les suspendre. « La loi oblige l'Etat à mettre à l'abri des personnes vulnérables, mais où se situe le seuil de vulnérabilité ? » a-t-il objecté.

La position du collectif est claire : la vulnérabilité des familles à la rue est incontestable, aucune famille ne doit être mise à la rue ! Chacun sait que les personnes qui vivent à la rue sont victimes de violences quotidiennes : vols, menaces, agressions, viols, trafics… Les familles, et particulièrement les enfants, y sont en danger. Cette situation entraîne une déscolarisation des enfants et ruine tous les efforts d’insertion des parents.

Nous, associations du collectif Citoyens Fraternels 92, signataires de ce texte :

  • demandons au préfet une levée immédiate des critères mis en œuvre par le SIAO 92,
  • demandons au SIAO92 de reprendre en charge les familles en rupture d’hébergement, et de leur proposer une solution adaptée à leur situation (hébergement ou logement pérenne).

 

Contact : bonjour@citoyensfraternels.org 


[1] Système intégré d’accueil et d’orientation dans les Hauts-de-Seine, qui gère le 115
[2] Le collectif est composé de la Fédération des Associations et des Acteurs pour la Promotion et l'Insertion par le Logement Ile-de-France, l’Action Catholique Ouvrière, l’association Habitat et Humanisme Ile-de-France, L'Entraide, l'association Espaces, du Secours Catholique - Caritas 92, l’Ordre de Malte France, la Fédération des acteurs de la solidarité, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Nord 92, l'Observatoire de la Précarité et du Mal-logement 92, du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement - Terre Solidaire, du Secours islamique de France, de l'association Les Petits frères des Pauvres, du Secours Populaire 92, de L'ASSOL - Maison des chômeurs, de l'association Solidarités nouvelles pour le logement Hauts-de-Seine et de l'association Agir Tous pour la Dignité Quart monde.
[3] Direction Régionale et Interdépartementale de l'Hébergement et du Logement



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