

Reconnaître l’apartheid de genre et défendre les droits des femmes en Afghanistan
Le problème
À monsieur Emmanuel Macron, le président de la république:
Le 15 août 2021, les Talibans reprenaient le contrôle de l'Afghanistan, plongeant le pays dans un régime de terreur où les femmes étaient à nouveau privées de leurs droits durement acquis. La veille encore, des millions de filles fréquentaient l'école et l’université, des femmes siégeaient au parlement, occupaient des postes de ministre, de juge ou d'enseignante. L'art, la politique, la culture et l'économie leur étaient accessibles.
Du jour au lendemain, ces droits leur ont été retirés.
En trois ans, les Talibans ont publié au moins 52 décrets instaurant un régime confinant les femmes dans l'isolement et l'oppression. Si, dans un premier temps, de très nombreux Etats se sont mobilisés pour leur apporter un soutien et leur offrir l’asile, aujourd’hui le silence et l’inaction des mêmes États les abandonnent à la merci de ceux qui sont devenus leurs tortionnaires.
Le 21 août dernier, en imposant de nouvelles lois interdisant aux femmes de parler, de chanter, ou de réciter de la poésie en public, tout en les obligeant à couvrir entièrement leur corps y compris le visage, les Talibans ont encore durci ce que l’on se doit de qualifier « d’apartheid de genre ». Ces mesures, promulguées par le « Ministère pour la Promotion de la Vertu et la Prévention du Vice », sous l'autorité du chef suprême Hibatullah Akhundzada, prévoient des sanctions allant de l'emprisonnement à la confiscation de biens.

L’article 13 définit précisément la tenue et le comportement des femmes dans l’espace public « 1. La couverture de tout le corps de la femme est obligatoire. 2. Cacher le visage de la femme par crainte de la tentation est nécessaire. 3. La voix des femmes (chanter à haute voix, réciter des chants religieux et lire des textes en public) est considérée comme une partie intime. 4. Les vêtements des femmes ne doivent pas être fins, courts ou moulants. 5. Les femmes musulmanes sont obligées de cacher leur corps et leur visage aux hommes étrangers. 6. Couvrir les femmes musulmanes et vertueuses face aux femmes infidèles et corrompues est obligatoire par crainte de la tentation. 7. Il est interdit pour les hommes adultes étrangers de regarder le corps et le visage des femmes, et vice versa. 8. Si une femme adulte sort de chez elle pour un besoin urgent, elle est obligée de couvrir sa voix, son visage et son corps ».
Nombre de ces prescriptions étaient déjà de fait appliquées par les Talibans. Des jeunes filles ont été arrêtées au cours de ces trois dernières années pour ne pas avoir respecté le port du voile et certaines d'entre elles ont disparu avant que leur corps sans vie soit retrouvé devant le domicile de leurs parents. Aujourd’hui, ces interdictions ont été élargies et ont valeur de loi.
Invisibilisées, les Afghanes sont désormais condamnées au mutisme.
Les lois adoptées par les Talibans s'inscrivent dans une stratégie systématique visant à effacer les femmes de la sphère publique. Elles leur interdisent de voyager sans être accompagnées d'un homme de leur famille, renforçant ainsi les nombreuses restrictions déjà en place depuis le retour au pouvoir des talibans. Réduites à des rôles domestiques, elles sont exclues de toute participation active dans la société.
La communauté internationale ne peut continuer d’ignorer les souffrances des femmes afghanes. Exprimer des préoccupations lors de réunions diplomatiques avec les talibans ne suffit plus. Tenir des sommets comme celui de Doha, où les talibans s’affichent, souriants, aux cotés de diplomates étrangers tout en excluant les femmes des discussions, est une insulte faite aux Afghanes et aux valeurs que nous prétendons défendre.
A l’heure où les rencontres se multiplient en vue de reconnaitre le régime des Talibans, les gouvernements doivent affirmer clairement que les violations des droits humains et notamment celles des droits des femmes ne seront plus tolérées. Que le respect des droits des femmes, leur participation à toutes les discussions internationales concernant leur pays sont un préalable non négociable à une quelconque légitimité internationale.
Soutenons les femmes afghanes
Ces trois dernières années, les femmes afghanes ont résisté, y compris en organisant des marches, malgré la répression, les arrestations, la torture et les meurtres. Nous ne pouvons continuer d’ignorer leur appel à les soutenir.
C’est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons à une mobilisation générale et urgente pour lutter contre ce régime oppressif et soutenir les femmes afghanes dans leur combat pour la dignité et la liberté.
Nous invitons tous et toutes à rejoindre la campagne « La voix des femmes n'est pas une honte », pour porter leurs voix confisquées en organisant des évènements dans l’espace public, en diffusant des messages vidéos sur les réseaux sociaux.

Toutefois dans ce contexte la mobilisation de la société civil n'est pas suffisante et nous en appelons à vous monsieur le président afin que vous preniez des décisions politiques qui seront mis en œuvre par le gouvernement du premier ministre pour :
- Faciliter l’évacuation des femmes, et leur famille, contraintes à l’exil par les Talibans puis renforcer leur accueil en France afin de permettre leur intégration dans des conditions dignes.
- Imposer des sanctions ciblées contre les dirigeants talibans et refuser toute reconnaissance diplomatique de leur régime sans contrepartie pour le respect des droits des femmes.
- Refuser de participer à des réunions internationales sur l’Afghanistan en l’absence de femmes afghanes.
- Porter au niveau international une campagne pour la reconnaissance de l'apartheid de genre comme crime contre l'humanité.
Monsieur le président de la république, le 5 octobre 2021, vous vous êtes engagé à ne reconnaitre les talibans que sous certaines conditions et notamment vous leur avez dit "Vous devez absolument donner un avenir aux jeunes filles dans votre pays" et respecter la "dignité des femmes afghanes".
Depuis le 5 octobre 2021, la situation s'est terriblement aggravé pour les femmes en Afghanistan. Aujourd'hui nous vous appelons à agir pour donner un avenir aux jeunes filles et respecter la dignité des femmes en Afghanistan.
Très respectueusement,
Premiers signataires :
Zakia Khudadadi médaille de bronze au para-taekwondo au Jeux paralympiques de Paris 2024, Mursal Sayas écrivaine, journaliste et militante pour les droits des femmes, Mortaza Behboudi journaliste franco-afghan, Hamida Aman journaliste et fondatrice de Radio Bagum, Alice Barbe cofondatrice de Singa, fondatrice de l’académie des Futurs Leaders, Rana Gorgani artiste chorégraphique iranienne, Collectif N’oublions pas l’Afghanistan, Darya Djavahery-Farsi présidente de Neda d’Iran.
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Le problème
À monsieur Emmanuel Macron, le président de la république:
Le 15 août 2021, les Talibans reprenaient le contrôle de l'Afghanistan, plongeant le pays dans un régime de terreur où les femmes étaient à nouveau privées de leurs droits durement acquis. La veille encore, des millions de filles fréquentaient l'école et l’université, des femmes siégeaient au parlement, occupaient des postes de ministre, de juge ou d'enseignante. L'art, la politique, la culture et l'économie leur étaient accessibles.
Du jour au lendemain, ces droits leur ont été retirés.
En trois ans, les Talibans ont publié au moins 52 décrets instaurant un régime confinant les femmes dans l'isolement et l'oppression. Si, dans un premier temps, de très nombreux Etats se sont mobilisés pour leur apporter un soutien et leur offrir l’asile, aujourd’hui le silence et l’inaction des mêmes États les abandonnent à la merci de ceux qui sont devenus leurs tortionnaires.
Le 21 août dernier, en imposant de nouvelles lois interdisant aux femmes de parler, de chanter, ou de réciter de la poésie en public, tout en les obligeant à couvrir entièrement leur corps y compris le visage, les Talibans ont encore durci ce que l’on se doit de qualifier « d’apartheid de genre ». Ces mesures, promulguées par le « Ministère pour la Promotion de la Vertu et la Prévention du Vice », sous l'autorité du chef suprême Hibatullah Akhundzada, prévoient des sanctions allant de l'emprisonnement à la confiscation de biens.

L’article 13 définit précisément la tenue et le comportement des femmes dans l’espace public « 1. La couverture de tout le corps de la femme est obligatoire. 2. Cacher le visage de la femme par crainte de la tentation est nécessaire. 3. La voix des femmes (chanter à haute voix, réciter des chants religieux et lire des textes en public) est considérée comme une partie intime. 4. Les vêtements des femmes ne doivent pas être fins, courts ou moulants. 5. Les femmes musulmanes sont obligées de cacher leur corps et leur visage aux hommes étrangers. 6. Couvrir les femmes musulmanes et vertueuses face aux femmes infidèles et corrompues est obligatoire par crainte de la tentation. 7. Il est interdit pour les hommes adultes étrangers de regarder le corps et le visage des femmes, et vice versa. 8. Si une femme adulte sort de chez elle pour un besoin urgent, elle est obligée de couvrir sa voix, son visage et son corps ».
Nombre de ces prescriptions étaient déjà de fait appliquées par les Talibans. Des jeunes filles ont été arrêtées au cours de ces trois dernières années pour ne pas avoir respecté le port du voile et certaines d'entre elles ont disparu avant que leur corps sans vie soit retrouvé devant le domicile de leurs parents. Aujourd’hui, ces interdictions ont été élargies et ont valeur de loi.
Invisibilisées, les Afghanes sont désormais condamnées au mutisme.
Les lois adoptées par les Talibans s'inscrivent dans une stratégie systématique visant à effacer les femmes de la sphère publique. Elles leur interdisent de voyager sans être accompagnées d'un homme de leur famille, renforçant ainsi les nombreuses restrictions déjà en place depuis le retour au pouvoir des talibans. Réduites à des rôles domestiques, elles sont exclues de toute participation active dans la société.
La communauté internationale ne peut continuer d’ignorer les souffrances des femmes afghanes. Exprimer des préoccupations lors de réunions diplomatiques avec les talibans ne suffit plus. Tenir des sommets comme celui de Doha, où les talibans s’affichent, souriants, aux cotés de diplomates étrangers tout en excluant les femmes des discussions, est une insulte faite aux Afghanes et aux valeurs que nous prétendons défendre.
A l’heure où les rencontres se multiplient en vue de reconnaitre le régime des Talibans, les gouvernements doivent affirmer clairement que les violations des droits humains et notamment celles des droits des femmes ne seront plus tolérées. Que le respect des droits des femmes, leur participation à toutes les discussions internationales concernant leur pays sont un préalable non négociable à une quelconque légitimité internationale.
Soutenons les femmes afghanes
Ces trois dernières années, les femmes afghanes ont résisté, y compris en organisant des marches, malgré la répression, les arrestations, la torture et les meurtres. Nous ne pouvons continuer d’ignorer leur appel à les soutenir.
C’est pourquoi, nous, signataires de cette pétition, appelons à une mobilisation générale et urgente pour lutter contre ce régime oppressif et soutenir les femmes afghanes dans leur combat pour la dignité et la liberté.
Nous invitons tous et toutes à rejoindre la campagne « La voix des femmes n'est pas une honte », pour porter leurs voix confisquées en organisant des évènements dans l’espace public, en diffusant des messages vidéos sur les réseaux sociaux.

Toutefois dans ce contexte la mobilisation de la société civil n'est pas suffisante et nous en appelons à vous monsieur le président afin que vous preniez des décisions politiques qui seront mis en œuvre par le gouvernement du premier ministre pour :
- Faciliter l’évacuation des femmes, et leur famille, contraintes à l’exil par les Talibans puis renforcer leur accueil en France afin de permettre leur intégration dans des conditions dignes.
- Imposer des sanctions ciblées contre les dirigeants talibans et refuser toute reconnaissance diplomatique de leur régime sans contrepartie pour le respect des droits des femmes.
- Refuser de participer à des réunions internationales sur l’Afghanistan en l’absence de femmes afghanes.
- Porter au niveau international une campagne pour la reconnaissance de l'apartheid de genre comme crime contre l'humanité.
Monsieur le président de la république, le 5 octobre 2021, vous vous êtes engagé à ne reconnaitre les talibans que sous certaines conditions et notamment vous leur avez dit "Vous devez absolument donner un avenir aux jeunes filles dans votre pays" et respecter la "dignité des femmes afghanes".
Depuis le 5 octobre 2021, la situation s'est terriblement aggravé pour les femmes en Afghanistan. Aujourd'hui nous vous appelons à agir pour donner un avenir aux jeunes filles et respecter la dignité des femmes en Afghanistan.
Très respectueusement,
Premiers signataires :
Zakia Khudadadi médaille de bronze au para-taekwondo au Jeux paralympiques de Paris 2024, Mursal Sayas écrivaine, journaliste et militante pour les droits des femmes, Mortaza Behboudi journaliste franco-afghan, Hamida Aman journaliste et fondatrice de Radio Bagum, Alice Barbe cofondatrice de Singa, fondatrice de l’académie des Futurs Leaders, Rana Gorgani artiste chorégraphique iranienne, Collectif N’oublions pas l’Afghanistan, Darya Djavahery-Farsi présidente de Neda d’Iran.
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Pétition lancée le 12 septembre 2024