Stop aux écrans géants dans le métro

0 a signé. Prochain objectif : 500 !


En plein été caniculaire, alors que l'urgence est de réduire les consommations énergétiques, la RATP et la régie publicitaire Metrobus/Media Transports font installer de nouveaux écrans publicitaires numériques géants (remplaçant des affiches 4 par 3) dans le métro parisien. Il n'est pas normal que les pouvoirs publics demandent aux citoyens d'adopter des éco-gestes et laissent faire ces installations qui vont à l'encontre de tous nos efforts individuels !

Ces écrans sont une catastrophe écologique et sociale. En plus de leur consommation énergétique, c'est surtout l'impact de leur production qui pose problème : pour chaque écran, extraction de plusieurs tonnes de matières premières, émissions de centaines de kg de CO2 et autres gaz à effet de serre, consommation d'eau et pollutions induites tout au long du processus de production (1).

La RATP, citée dans cet article du Parisien, prévoit d'en installer 130 de cette taille gigantesque (98 pouces, soit 284 cm de diagonale) sur la ligne 4, qui viendront s'ajouter aux quelques 2000 écrans qui ont déjà envahi les couloirs du métro. Sans compter les centaines de caméras de surveillance visant à éviter toute dégradation... 

Il se trouve que la RATP est justement en train de réattribuer son (énorme) marché de régie publicitaire pour les 10 prochaines années. *** Demandons lui d'exclure ces écrans du cahier des charges ***  au lieu de prévoir leur déploiement ! (3)En tant qu'établissement public, la RATP devrait prendre en considération le lourd bilan environnemental de ces installations face à leur faible utilité sociale. Lumineux et conçus pour capter notre attention, ils s'imposent à nous et ajoutent à une surexposition aux écrans que nous avons déjà du mal à maîtriser pour nous-mêmes et pour les plus jeunes. L'intérêt principal des écrans publicitaires numériques semble être surtout de rapporter plus que les emplacements traditionnels à Metrobus (filiale de Publicis) qui est l'actuel (et historique) titulaire du marché. 

(1) l'Ademe a fait le calcul pour des écrans entre 20 et 49 pouces, donc bien moins grands que ceux en question, mais cela nous donne un ordre de grandeur.

(2) Le journal Challenges note dans cet article que les 2000 écrans ne représentent que 2% du parc d'affichage mais rapportent 25% du chiffre d'affaire de Metrobus

(3) Comme le réclament déjà depuis la publication du marché les membres de l'association Résistance à l'agression publicitaire. De nombreux arguments supplémentaire sur leur site.

Photo : Thibault Burban - Le Parisien