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Je m’appelle Sandra. J’habite dans le département de la Creuse. Je suis professeure des écoles pour des classes spécialisées. Je suis mère de deux filles de 10 et 3 ans. Je suis de nationalité française. Je vis maritalement avec Kamel Daoudi depuis mai 2008.

Mon conjoint est né algérien. Il est assigné à résidence depuis le 21 avril 2008 jusqu’à ce jour. Kamel a été accusé d’appartenir à un réseau terroriste suite aux événements du 11 septembre. Il a été condamné à 9 ans de prison ferme ramenés à 6 ans en appel. Une peine complémentaire d’interdiction définitive du territoire français (IDTF) a été prononcée à son encontre. Il a été déchu de sa nationalité française avant même d’avoir été jugé, au mépris du principe de présomption d’innocence.

Le 3 décembre 2009, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a recommandé à la France de ne pas l’expulser vers son pays d’origine car il y risquait des traitements dégradants et inhumains.

Le 3 janvier 2013, la CEDH a rejeté sa seconde requête contre l’Etat français. Cette requête visait à démontrer l’abus de pouvoir des autorités françaises. Outre le fait de continuer à pointer au commissariat de police dans une commune du Tarn, mon mari devait trouver un emploi et un logement en l’espace de quelques jours alors qu’il ne disposait d’aucune ressource.

Au-delà du mythe de « l’islamiste radical » véhiculé par certains média, il y a un individu avec une personnalité propre et une histoire particulière. Mais force est de constater que peu de gens sont prêts à l’entendre. Comme l’a maintes fois démontré l’Histoire, Il est bien plus facile de réduire un individu à une image fantasmée qui exorcise nos peurs profondes que de considérer la singularité d’une personne dans un contexte complexe.

Je ne ferai pas ici un plaidoyer sur l’attachement de Kamel à la France car cela reviendrait à me poser la question sur ma francité alors que mes aïeux ont toujours vécu en France et que je n’ai à ma connaissance aucun ascendant originaire d’un pays étranger. Car être français pour moi, c’est avoir vécu en France. Kamel vit en France depuis l’âge de 5 ans. C’est parler correctement français. Kamel a fait des études supérieures à Paris. C’est avoir des références culturelles. Kamel a eu une enfance et une adolescence similaire à la mienne.

Je ne ferai pas non plus un long discours sur l’innocence de Kamel. Oui, il a utilisé un faux passeport pour se rendre en Afghanistan. Oui, il a purgé l’intégralité de sa peine sans aucune remise de peine. Non, non, il n’a jamais eu l’intention, ni même l’idée de fomenter un quelconque attentat contre un quelconque intérêt. La Justice n’a jamais pu démontrer la moindre matérialité des faits pour lesquels il a été condamné ni définir son rôle. Il a été jugé pour ses relations et non pour ses actes.

Je ne m’apitoierai pas non plus sur son sort ou celui de notre famille. Malgré ses nombreux changements de lieux d’assignation à résidence, ses quatre pointages quotidiens au commissariat tous les jours depuis 5 ans, malgré le coût financier induit par cette situation (deux loyers pour un seul revenu), malgré une vie sociale et familiale lourdement perturbée, la patience et l’endurance ne nous ont pas abandonné.

Ce qui est difficile, c’est de n’avoir aucune perspective et de faire l’objet d’une injustice impalpable et lancinante.

Assigné à résidence à environ 5 heures de route du domicile familial, mon conjoint a l’obligation de trouver un pays d’accueil. 35 pays ont répondu négativement jusqu’à ce jour. Tant qu’il ne trouvera pas de pays d’accueil, la mesure administrative d’assignation à résidence s’appliquera. Ses demandes de relèvement en IDTF, de rapprochement familial, d’allègement du nombre de pointages quotidiens, d’élargissement de sa zone de mobilité sont constamment refusées sans aucune motivation. Les autorités françaises invoquent inlassablement la même antienne : la raison d’Etat.

Nous recherchons simplement à recouvrer une vie familiale apaisée et structurée. Notre quotidien est happé par les faux-espoirs, les attentes illusoires, l’indifférence des décideurs politiques.

Nous savons que la situation est complexe et qu’elle ne se dénouera pas aussi facilement qu’on le souhaiterait. Nous voulons simplement que le Ministère de l’Intérieur entre dans une logique de dialogue pour atténuer une situation délétère et interminable. Nos jeunes enfants méritent plus qu’une vie au rabais dictée par les contraintes de l’assignation à résidence.

Blog

http://sentiers-battants.blogspot.fr

___________________ Liens ___________________

Articles du blog "Combats pour les Droits de l'homme"

http://combatsdroitshomme.blog.lemonde.fr/tag/kamel-daoudi/

Assigné à résistance | Portrait de Gilbert Laval et Christian Bellavia

http://www.liberation.fr/societe/01012371741-assigne-a-resistance

Le casse tête de l'affaire Kamel Daoudi | Interview Europe 1

http://www.dailymotion.com/video/xm5adz_le-casse-tete-de-l-affaire-kamel-daoudi_news

Article de la Depêche | P.J. Pyrda

http://www.ladepeche.fr/article/2011/10/05/1184464-assigne-a-lacaune-il-raconte-son-quotidien.html

 

 

 

Letter to
Conseiller immigration au Ministre français de l'Intérieur Raphaël SODINI
Chef du Cabinet du Ministre français de l'Intérieur Secrétariat du Chef du Cabinet
Président de la République française François HOLLANDE
and 5 others
Ministre français de l'Intérieur Manuel VALLS
Directeur de Cabinet du Ministre français de l'Intérieur Thierry LATASTE
Directeur de Cabinet adjoint du Ministre français de l'Intérieur Renaud VEDEL
Directeur de Cabinet adjoint du Ministre français de l'Intérieur Thomas ANDRIEU
Directeur des Libertés Publiques et des Affaires juridiques (DLPAJ) Laurent TOUVET
Je me joins à Sandra, la compagne de Kamel Daoudi pour relayer sa pétition :

« Je m’appelle Sandra. J’habite dans le département de la Creuse. Je suis professeure des écoles pour des classes spécialisées. Je suis mère de deux filles de 10 et 3 ans. Je suis de nationalité française. Je vis maritalement avec Kamel Daoudi depuis mai 2008.

Mon conjoint est né algérien. Il est assigné à résidence depuis le 21 avril 2008 jusqu’à ce jour. Kamel a été accusé d’appartenir à un réseau terroriste suite aux événements du 11 septembre. Il a été condamné à 9 ans de prison ferme ramenés à 6 ans en appel. Une peine complémentaire d’interdiction définitive du territoire français (IDTF) a été prononcée à son encontre. Il a été déchu de sa nationalité française avant même d’avoir été jugé, au mépris du principe de présomption d’innocence.

Le 3 décembre 2009, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a recommandé à la France de ne pas l’expulser vers son pays d’origine car il y risquait des traitements dégradants et inhumains.

Le 3 janvier 2013, la CEDH a rejeté sa seconde requête contre l’Etat français. Cette requête visait à démontrer l’abus de pouvoir des autorités françaises. Outre le fait de continuer à pointer au commissariat de police dans une commune du Tarn, mon mari devait trouver un emploi et un logement en l’espace de quelques jours alors qu’il ne disposait d’aucune ressource.

Au-delà du mythe de « l’islamiste radical » véhiculé par certains média, il y a un individu avec une personnalité propre et une histoire particulière. Mais force est de constater que peu de gens sont prêts à l’entendre. Comme l’a maintes fois démontré l’Histoire, Il est bien plus facile de réduire un individu à une image fantasmée qui exorcise nos peurs profondes que de considérer la singularité d’une personne dans un contexte complexe.

Je ne ferai pas ici un plaidoyer sur l’attachement de Kamel à la France car cela reviendrait à me poser la question sur ma francité alors que mes aïeux ont toujours vécu en France et que je n’ai à ma connaissance aucun ascendant originaire d’un pays étranger. Car être français pour moi, c’est avoir vécu en France. Kamel vit en France depuis l’âge de 5 ans. C’est parler correctement français. Kamel a fait des études supérieures à Paris. C’est avoir des références culturelles. Kamel a eu une enfance et une adolescence similaire à la mienne.

Je ne ferai pas non plus un long discours sur l’innocence de Kamel. Oui, il a utilisé un faux passeport pour se rendre en Afghanistan. Oui, il a purgé l’intégralité de sa peine sans aucune remise de peine. Non, non, il n’a jamais eu l’intention, ni même l’idée de fomenter un quelconque attentat contre un quelconque intérêt. La Justice n’a jamais pu démontrer la moindre matérialité des faits pour lesquels il a été condamné ni définir son rôle. Il a été jugé pour ses relations et non pour ses actes.

Je ne m’apitoierai pas non plus sur son sort ou celui de notre famille. Malgré ses nombreux changements de lieux d’assignation à résidence, ses quatre pointages quotidiens au commissariat tous les jours depuis 5 ans, malgré le coût financier induit par cette situation (deux loyers pour un seul revenu), malgré une vie sociale et familiale lourdement perturbée, la patience et l’endurance ne nous ont pas abandonné.

Ce qui est difficile, c’est de n’avoir aucune perspective et de faire l’objet d’une injustice impalpable et lancinante.

Assigné à résidence à environ 5 heures de route du domicile familial, mon conjoint a l’obligation de trouver un pays d’accueil. 35 pays ont répondu négativement jusqu’à ce jour. Tant qu’il ne trouvera pas de pays d’accueil, la mesure administrative d’assignation à résidence s’appliquera. Ses demandes de relèvement en IDTF, de rapprochement familial, d’allègement du nombre de pointages quotidiens, d’élargissement de sa zone de mobilité sont constamment refusées sans aucune motivation. Les autorités françaises invoquent inlassablement la même antienne : la raison d’Etat.

Nous recherchons simplement à recouvrer une vie familiale apaisée et structurée. Notre quotidien est happé par les faux-espoirs, les attentes illusoires, l’indifférence des décideurs politiques.

Nous savons que la situation est complexe et qu’elle ne se dénouera pas aussi facilement qu’on le souhaiterait. Nous voulons simplement que le Ministère de l’Intérieur entre dans une logique de dialogue pour atténuer une situation délétère et interminable. Nos jeunes enfants méritent plus qu’une vie au rabais dictée par les contraintes de l’assignation à résidence. »