Rétablissons le port du calot au CHU de Grenoble

Signataires récents:
Jean Sébastien WEBEN - et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

Le port du calot dans les différents secteurs de soins était toléré jusqu’à présent au CHUGA. Il permettait alors à des femmes portant le voile dans leur vie privée de pouvoir exercer leur profession en étant en accord avec leurs convictions religieuses tout en restant discrètes et sans manifester quelconque forme de prosélytisme. Une récente circulaire reprécise l’interdiction du port du calot hors usage obligatoire.

En effet, ces femmes jusqu'à présent, pouvaient exercer leur profession grâce au port de ce calot. On ne peut leur reprocher de troubler l'ordre public en portant cet accessoire qui reste avant tout un outil professionnel d’hygiène. Elles exercent ainsi leur métier de la même manière que les autres professionnel.les du CHUGA. D'ailleurs nous sommes convaincu.es que l’immense majorité des patients ne font pas le rapprochement entre calot et signe religieux.

Actuellement, nous acceptons beaucoup sous couvert de notre “vocation”. Travailler dans des locaux vétustes ou l’on ressent parfois de la honte d'accueillir nos patients dans des cagibis ; jouer au Tétris tous les jours en jonglant avec le manque de lit ; perdre du temps avec le matériel défectueux que l’on ne remplace pas toujours ; travailler en organisation dégradée par manque de personnel, fermer des lits et donc dégrader l’offre de soins par manque de personnel … Tous ces éléments, nous en avons tous.tes conscience, mais on fait avec, on prend sur nous. On garde en tête qu’il faut faire un effort général, diminuer les dépenses publiques, aller à l'essentiel. Mais la dernière circulaire concernant la laïcité nous pose de nombreuses questions. Nous ressentons de l’injustice et un sentiment d’exclusion d’une minorité d’entre nous qui nous paraît inacceptable dans une époque où chaque soignant est précieux.

Aussi, les malades sont les premiers à nous parler de leurs croyances. Dans des moments de grande détresse physique et psychique, la spiritualité est essentielle pour certain.es patient.es, leurs familles. Elles font partie de leurs besoins fondamentaux, que nous prenons en compte dans nos projets de soin comme le théorise notamment Virginia Henderson, Abraham Maslow ou plus récemment Walter Hesbeen à travers le concept du care.

Il paraît clair que la plupart des femmes n’osent pas forcément faire entendre leurs voix et n’ont pas la possibilité économique de quitter leur poste. Ce qui pourrait les mettre dans des situations précaires ou accentuer de la précarité existante. C’est aussi pour l'hôpital entier que la perte de ces professionnelles nous paraît dramatique. Ces femmes sont un atout pour les équipes et les patients, grâce leurs connaissances de certaines coutumes, croyances, voire parfois par le bilinguisme et leur expérience qui apparait comme un réel atout de prise en charge.

Selon la loi actuelle, il n'est pas possible pour un agent de la fonction publique de porter un signe d’appartenance à un groupe religieux. Mais est-ce réaliste de prôner l’interdiction du calot alors que celui-ci, en pratique n’est clairement pas un signe religieux ? Le prénom de ces femmes ou encore leur couleur de peau le serait alors tout autant, non ? Ces éléments nous poussent à penser que la dernière circulaire sur la laïcité est discriminante et vise très clairement une minorité de femmes. L’interdiction du port du calot nous paraît tout à fait disproportionnée. N’est-il pas l’heure de changer notre regard sur la laïcité ? Cacher les religions ne semble pas efficace pour contrer l’obscurantisme. La mixité socio-culturelle, reflet de notre société, paraît plus que jamais comme une urgence.

S’il vous plaît, recentrons-nous sur les réelles difficultés du CHUGA plutôt que de pointer du doigt des femmes compétentes qui œuvrent pour le bien-être de la société.

 

L’équipe soignante de Neurologie vasculaire du CHU de Grenoble.

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Eve JOUSSELMELanceur de pétition

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Le problème

Le port du calot dans les différents secteurs de soins était toléré jusqu’à présent au CHUGA. Il permettait alors à des femmes portant le voile dans leur vie privée de pouvoir exercer leur profession en étant en accord avec leurs convictions religieuses tout en restant discrètes et sans manifester quelconque forme de prosélytisme. Une récente circulaire reprécise l’interdiction du port du calot hors usage obligatoire.

En effet, ces femmes jusqu'à présent, pouvaient exercer leur profession grâce au port de ce calot. On ne peut leur reprocher de troubler l'ordre public en portant cet accessoire qui reste avant tout un outil professionnel d’hygiène. Elles exercent ainsi leur métier de la même manière que les autres professionnel.les du CHUGA. D'ailleurs nous sommes convaincu.es que l’immense majorité des patients ne font pas le rapprochement entre calot et signe religieux.

Actuellement, nous acceptons beaucoup sous couvert de notre “vocation”. Travailler dans des locaux vétustes ou l’on ressent parfois de la honte d'accueillir nos patients dans des cagibis ; jouer au Tétris tous les jours en jonglant avec le manque de lit ; perdre du temps avec le matériel défectueux que l’on ne remplace pas toujours ; travailler en organisation dégradée par manque de personnel, fermer des lits et donc dégrader l’offre de soins par manque de personnel … Tous ces éléments, nous en avons tous.tes conscience, mais on fait avec, on prend sur nous. On garde en tête qu’il faut faire un effort général, diminuer les dépenses publiques, aller à l'essentiel. Mais la dernière circulaire concernant la laïcité nous pose de nombreuses questions. Nous ressentons de l’injustice et un sentiment d’exclusion d’une minorité d’entre nous qui nous paraît inacceptable dans une époque où chaque soignant est précieux.

Aussi, les malades sont les premiers à nous parler de leurs croyances. Dans des moments de grande détresse physique et psychique, la spiritualité est essentielle pour certain.es patient.es, leurs familles. Elles font partie de leurs besoins fondamentaux, que nous prenons en compte dans nos projets de soin comme le théorise notamment Virginia Henderson, Abraham Maslow ou plus récemment Walter Hesbeen à travers le concept du care.

Il paraît clair que la plupart des femmes n’osent pas forcément faire entendre leurs voix et n’ont pas la possibilité économique de quitter leur poste. Ce qui pourrait les mettre dans des situations précaires ou accentuer de la précarité existante. C’est aussi pour l'hôpital entier que la perte de ces professionnelles nous paraît dramatique. Ces femmes sont un atout pour les équipes et les patients, grâce leurs connaissances de certaines coutumes, croyances, voire parfois par le bilinguisme et leur expérience qui apparait comme un réel atout de prise en charge.

Selon la loi actuelle, il n'est pas possible pour un agent de la fonction publique de porter un signe d’appartenance à un groupe religieux. Mais est-ce réaliste de prôner l’interdiction du calot alors que celui-ci, en pratique n’est clairement pas un signe religieux ? Le prénom de ces femmes ou encore leur couleur de peau le serait alors tout autant, non ? Ces éléments nous poussent à penser que la dernière circulaire sur la laïcité est discriminante et vise très clairement une minorité de femmes. L’interdiction du port du calot nous paraît tout à fait disproportionnée. N’est-il pas l’heure de changer notre regard sur la laïcité ? Cacher les religions ne semble pas efficace pour contrer l’obscurantisme. La mixité socio-culturelle, reflet de notre société, paraît plus que jamais comme une urgence.

S’il vous plaît, recentrons-nous sur les réelles difficultés du CHUGA plutôt que de pointer du doigt des femmes compétentes qui œuvrent pour le bien-être de la société.

 

L’équipe soignante de Neurologie vasculaire du CHU de Grenoble.

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Pétition lancée le 14 novembre 2025