Quelle Wallonie voulons-nous laisser à nos enfants ?

Quelle Wallonie voulons-nous laisser à nos enfants ?

Signataires récents:
Veronique Goffinet et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

Quelle Wallonie voulons-nous protéger ?

Je suis agriculteur en Wallonie, issu d’une famille agricole depuis plusieurs générations. Avec mon épouse, nous développons une ferme agroécologique à Ciney. Nous produisons, transformons et commercialisons localement nos produits. Notre ambition est simple : créer de la valeur sur notre territoire, nourrir les habitants de notre région et préserver les ressources naturelles.

Aujourd’hui, comme de nombreux acteurs locaux, je me trouve directement concerné par un projet de poulailler industriel de 39.000 poulets de batterie autorisé à proximité immédiate de notre exploitation, à Leignon.

Je pourrais écrire en tant que riverain inquiet ou en tant qu’agriculteur impacté. Mais ce n’est pas, au fond, la raison de cette démarche.

Car au-delà d’un dossier local, une question bien plus large se pose : quel modèle de développement voulons-nous pour la Wallonie ?

L’eau : un risque sanitaire assumé ?

Le projet d’élevage industriel concerné se situe à quelques centaines de mètres de la zone de captage d’eau de Leignon qui alimente en eau potable plusieurs communes de la région.

Or, les analyses disponibles indiquent déjà une situation préoccupante, avec des niveaux de nitrates et autres substances chimiques élevés. Dans ce contexte, les riverains sont aujourd’hui profondément inquiets.

Car la question est simple : peut-on accepter d’augmenter le risque de pollution d’une eau destinée à des milliers de personnes, pour permettre l’installation d’un élevage de 39.000 poulets de batterie destinés à l’exportation ?

Autoriser un tel projet, avec des volumes importants de déjections et un pompage d’eau accru, revient à prendre un pari dangereux sur une ressource essentielle. Un pari dont les conséquences seraient supportées, non pas par le porteur du projet, mais par les habitants de toute une région.

Ce choix est d’autant plus difficile à comprendre que ce type d’exploitation génère peu d’emplois locaux et très peu de retombées économiques directes pour le territoire.

Pourquoi, dès lors, accepter de faire peser un risque sanitaire sur des riverains et sur l’ensemble des communes approvisionnées, pour un modèle qui crée si peu de valeur ici ? La question de l’eau est une responsabilité collective.

Peut-on raisonnablement autoriser un projet de cette nature, à proximité immédiate d’un captage, sans aucune étude d’incidences environnementales approfondie et indépendante ?

Un modèle agricole remis en question en Flandre

Ce projet interroge aussi le modèle agricole qu’il incarne. Un élevage industriel de 39.000 poulets implique des émissions importantes d’ammoniac, des volumes considérables de nitrates et des risques accrus de pollution des sols et des eaux.

Ces impacts ne sont pas théoriques. Ils ont déjà conduit, dans d’autres régions, à des crises environnementales majeures. En Flandre, notamment, la crise de l’azote a entraîné des restrictions très fortes sur ce type d’installations.

Dans ce contexte, il est légitime de s’interroger : pourquoi un modèle aujourd’hui contesté ailleurs serait-il encouragé en Wallonie ? Sommes-nous en train d’accueillir des activités que la Flandre ne souhaitent plus voir se développer chez elle?

Un modèle économique qui détruit plus de valeur qu’il n’en crée

Au-delà de l’environnement, ce projet met en péril notre développement économique local.

Dans le Condroz, la véritable richesse n’est pas industrielle. Elle est visible à l’œil nu : ce sont les paysages. Ce sont ces vallées, ces prairies, ces horizons ouverts que des milliers de visiteurs viennent chercher chaque année. C’est cette authenticité qui fait vivre les gîtes, les restaurants, les commerces, les producteurs locaux et toute une économie touristique en plein développement.

C’est cela, aujourd’hui, l’un des moteurs économiques du territoire.

Or, l’implantation d’un poulailler industriel de cette ampleur viendrait directement fragiliser cet équilibre. Odeurs, nuisances, trafic, artificialisation du paysage : autant d’éléments incompatibles avec l’image et l’attractivité que la région s’efforce de construire depuis des années.

Très concrètement, ce type d’infrastructure risque de compromettre, voire de réduire à néant, des projets touristiques existants ou en développement à proximité immédiate.

D’un côté, une économie locale fondée sur la qualité, qui crée de l’emploi, attire des visiteurs et réinvestit sur le territoire.

De l’autre, un projet industriel qui génère peu d’emplois, peu de retombées locales, mais dont les nuisances resteront durablement ici.

La question est simple : pourquoi prendre le risque de dégrader un modèle économique qui fonctionne, pour en favoriser un qui apporte si peu au territoire ?

Une population locale pas entendue

Dans ce dossier, un autre élément interpelle : le sentiment, largement partagé, que la voix du terrain n’a pas été pleinement entendue.

La commune, des riverains, plus de cent lettres d’opposition, des associations locales et des acteurs économiques se sont opposés au projet.

Pourtant, après une cabriole administrative, le Ministre a été obligé de signer le permis qu’il avait initialement refusé.

Ce décalage pose une question essentielle : quelle place reste-t-il, concrètement, à la démocratie locale et même régionale dans les décisions d’aménagement du territoire ?

Un choix de société à assumer collectivement

Ce débat dépasse largement la question d’un simple poulailler.

Il touche à l’essentiel : notre eau, nos paysages, notre agriculture, notre économie et notre manière de décider de l’avenir de nos territoires.

Le choix est clair : voulons-nous soutenir une économie locale qui crée de la valeur ici, protège nos ressources et fait vivre nos campagnes ?
Ou accepter des activités aux impacts lourds, pour des bénéfices limités pour notre région?

Car chaque projet autorisé façonne durablement notre territoire.
Chaque décision prise aujourd’hui dessine la Wallonie de demain.

À l’heure où la qualité de l’eau devient un enjeu majeur, où les défis climatiques s’intensifient et où les citoyens attendent plus de cohérence, ce type de choix ne peut plus être considéré comme anodin.

Il engage notre responsabilité collective.

C’est pourquoi nous appelons les autorités à reconsidérer ce dossier et à ouvrir un véritable débat démocratique.

Mais cet appel ne s’adresse pas qu’aux décideurs.

Si vous souhaitez protéger notre eau, préserver nos paysages et soutenir une économie locale durable, faites entendre votre voix.

Signez cette pétition. Partagez-la. Mobilisez autour de vous.

Parce qu’aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement d’un projet.

Il s’agit du territoire dans lequel nous voulons vivre demain.

 

Nicolas le Hardÿ
Agriculteur à Ciney

Ciney environnement ASBL, …

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Le problème

Quelle Wallonie voulons-nous protéger ?

Je suis agriculteur en Wallonie, issu d’une famille agricole depuis plusieurs générations. Avec mon épouse, nous développons une ferme agroécologique à Ciney. Nous produisons, transformons et commercialisons localement nos produits. Notre ambition est simple : créer de la valeur sur notre territoire, nourrir les habitants de notre région et préserver les ressources naturelles.

Aujourd’hui, comme de nombreux acteurs locaux, je me trouve directement concerné par un projet de poulailler industriel de 39.000 poulets de batterie autorisé à proximité immédiate de notre exploitation, à Leignon.

Je pourrais écrire en tant que riverain inquiet ou en tant qu’agriculteur impacté. Mais ce n’est pas, au fond, la raison de cette démarche.

Car au-delà d’un dossier local, une question bien plus large se pose : quel modèle de développement voulons-nous pour la Wallonie ?

L’eau : un risque sanitaire assumé ?

Le projet d’élevage industriel concerné se situe à quelques centaines de mètres de la zone de captage d’eau de Leignon qui alimente en eau potable plusieurs communes de la région.

Or, les analyses disponibles indiquent déjà une situation préoccupante, avec des niveaux de nitrates et autres substances chimiques élevés. Dans ce contexte, les riverains sont aujourd’hui profondément inquiets.

Car la question est simple : peut-on accepter d’augmenter le risque de pollution d’une eau destinée à des milliers de personnes, pour permettre l’installation d’un élevage de 39.000 poulets de batterie destinés à l’exportation ?

Autoriser un tel projet, avec des volumes importants de déjections et un pompage d’eau accru, revient à prendre un pari dangereux sur une ressource essentielle. Un pari dont les conséquences seraient supportées, non pas par le porteur du projet, mais par les habitants de toute une région.

Ce choix est d’autant plus difficile à comprendre que ce type d’exploitation génère peu d’emplois locaux et très peu de retombées économiques directes pour le territoire.

Pourquoi, dès lors, accepter de faire peser un risque sanitaire sur des riverains et sur l’ensemble des communes approvisionnées, pour un modèle qui crée si peu de valeur ici ? La question de l’eau est une responsabilité collective.

Peut-on raisonnablement autoriser un projet de cette nature, à proximité immédiate d’un captage, sans aucune étude d’incidences environnementales approfondie et indépendante ?

Un modèle agricole remis en question en Flandre

Ce projet interroge aussi le modèle agricole qu’il incarne. Un élevage industriel de 39.000 poulets implique des émissions importantes d’ammoniac, des volumes considérables de nitrates et des risques accrus de pollution des sols et des eaux.

Ces impacts ne sont pas théoriques. Ils ont déjà conduit, dans d’autres régions, à des crises environnementales majeures. En Flandre, notamment, la crise de l’azote a entraîné des restrictions très fortes sur ce type d’installations.

Dans ce contexte, il est légitime de s’interroger : pourquoi un modèle aujourd’hui contesté ailleurs serait-il encouragé en Wallonie ? Sommes-nous en train d’accueillir des activités que la Flandre ne souhaitent plus voir se développer chez elle?

Un modèle économique qui détruit plus de valeur qu’il n’en crée

Au-delà de l’environnement, ce projet met en péril notre développement économique local.

Dans le Condroz, la véritable richesse n’est pas industrielle. Elle est visible à l’œil nu : ce sont les paysages. Ce sont ces vallées, ces prairies, ces horizons ouverts que des milliers de visiteurs viennent chercher chaque année. C’est cette authenticité qui fait vivre les gîtes, les restaurants, les commerces, les producteurs locaux et toute une économie touristique en plein développement.

C’est cela, aujourd’hui, l’un des moteurs économiques du territoire.

Or, l’implantation d’un poulailler industriel de cette ampleur viendrait directement fragiliser cet équilibre. Odeurs, nuisances, trafic, artificialisation du paysage : autant d’éléments incompatibles avec l’image et l’attractivité que la région s’efforce de construire depuis des années.

Très concrètement, ce type d’infrastructure risque de compromettre, voire de réduire à néant, des projets touristiques existants ou en développement à proximité immédiate.

D’un côté, une économie locale fondée sur la qualité, qui crée de l’emploi, attire des visiteurs et réinvestit sur le territoire.

De l’autre, un projet industriel qui génère peu d’emplois, peu de retombées locales, mais dont les nuisances resteront durablement ici.

La question est simple : pourquoi prendre le risque de dégrader un modèle économique qui fonctionne, pour en favoriser un qui apporte si peu au territoire ?

Une population locale pas entendue

Dans ce dossier, un autre élément interpelle : le sentiment, largement partagé, que la voix du terrain n’a pas été pleinement entendue.

La commune, des riverains, plus de cent lettres d’opposition, des associations locales et des acteurs économiques se sont opposés au projet.

Pourtant, après une cabriole administrative, le Ministre a été obligé de signer le permis qu’il avait initialement refusé.

Ce décalage pose une question essentielle : quelle place reste-t-il, concrètement, à la démocratie locale et même régionale dans les décisions d’aménagement du territoire ?

Un choix de société à assumer collectivement

Ce débat dépasse largement la question d’un simple poulailler.

Il touche à l’essentiel : notre eau, nos paysages, notre agriculture, notre économie et notre manière de décider de l’avenir de nos territoires.

Le choix est clair : voulons-nous soutenir une économie locale qui crée de la valeur ici, protège nos ressources et fait vivre nos campagnes ?
Ou accepter des activités aux impacts lourds, pour des bénéfices limités pour notre région?

Car chaque projet autorisé façonne durablement notre territoire.
Chaque décision prise aujourd’hui dessine la Wallonie de demain.

À l’heure où la qualité de l’eau devient un enjeu majeur, où les défis climatiques s’intensifient et où les citoyens attendent plus de cohérence, ce type de choix ne peut plus être considéré comme anodin.

Il engage notre responsabilité collective.

C’est pourquoi nous appelons les autorités à reconsidérer ce dossier et à ouvrir un véritable débat démocratique.

Mais cet appel ne s’adresse pas qu’aux décideurs.

Si vous souhaitez protéger notre eau, préserver nos paysages et soutenir une économie locale durable, faites entendre votre voix.

Signez cette pétition. Partagez-la. Mobilisez autour de vous.

Parce qu’aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement d’un projet.

Il s’agit du territoire dans lequel nous voulons vivre demain.

 

Nicolas le Hardÿ
Agriculteur à Ciney

Ciney environnement ASBL, …

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