Que l'"empreinte immortelle" de Fatima Hassouna illumine Cannes


Que l'"empreinte immortelle" de Fatima Hassouna illumine Cannes
Le problème
Nous, citoyennes et citoyens engagés pour la liberté d’expression, la mémoire des voix réduites au silence et la défense des droits humains, nous tournons avec une urgence poignante vers Madame Juliette Binoche, présidente du jury du 78e Festival de Cannes, et Madame Rachida Dati, ministre de la Culture. Face à l'assassinat barbare de Fatima Hassouna, photojournaliste palestinienne dont le regard acéré documentait l'insoutenable réalité de Gaza, nous vous implorons : honorez sa mémoire avec la force et l'éclat qu'elle mérite.
Le 16 avril 2025, un bombardement israélien a brutalement arraché Fatima Hassouna à la vie, emportant avec elle dix membres de sa famille. Celle que l'on surnommait "l'œil de Gaza" n'était pas une simple spectatrice. Au péril de son existence, elle a fixé sur pellicule les destructions, la mort, la douleur indicible, mais aussi la dignité inébranlable d'un peuple assiégé, bombardé sans relâche et affamé avec une cruauté délibérée depuis dix-huit mois. Fatima faisait partie de ces âmes courageuses qui, par la puissance de l'image, dénoncent l'innommable génocide en cours.
Son histoire résonne tragiquement avec le septième art : Fatima était la protagoniste du documentaire poignant Put your soul on your hand and walk, sélectionné cette année par l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID)[1] pour être présenté à Cannes. Ironie amère, son regard devait témoigner sur les écrans de ce même festival qui célèbre la force du récit visuel.
Aujourd'hui, face à cet acte d'une violence aveugle, symbole terrifiant d'une offensive qui ne distingue ni les civils ni la liberté d'informer, les communiqués du Festival de Cannes[2] et de l’ACID[3] , bien que nécessaires, ne suffisent plus. L'heure n'est plus aux silences prudents, mais à une prise de parole publique, forte et solennelle. Madame Binoche, Madame la Ministre, votre voix, portée par l'écho mondial du Festival de Cannes, doit s'élever avec une clarté implacable.
Nous demandons instamment qu'une minute de silence poignante soit observée lors de la cérémonie d’ouverture. Un hommage nécessaire non seulement à Fatima Hassouna, mais à toutes ces voix de la culture, ces regards essentiels, fauchés par la guerre, la répression et la censure à travers le monde.
Avant de connaître cette fin tragique, Fatima Hassouna avait couché sur le papier des mots d'une puissance prophétique, un véritable testament qui nous brûle aujourd'hui : « Quant à la mort, qui est inévitable, si je meurs, je veux une mort retentissante. Je ne veux pas être une simple brève dans un flash info, ni un chiffre parmi d’autres. Je veux une mort dont le monde entier entendra parler, une empreinte qui restera à jamais, et des images immortelles que ni le temps ni l’espace ne pourront enterrer. »
Le monde ne peut plus se voiler la face. Depuis octobre 2023, plus de 200 journalistes ont été assassinés à Gaza, selon Reporters Sans Frontières[4]. Il s'agit d'une guerre abjecte contre la vérité, contre ceux qui osent témoigner, contre ceux qui montrent ce que certains voudraient désespérément cacher.
La France, terre de culture, de liberté artistique et de défense des droits fondamentaux, a le devoir sacré d'honorer cette femme exceptionnelle et tout ce qu'elle incarnait. Que le Festival de Cannes, vitrine mondiale du cinéma, et le ministère de la Culture rendent à Fatima Hassouna l'hommage retentissant qu'elle souhaitait tant : un hommage à la résistance face à l'oppression, à la vérité obstinée, et au courage indomptable.
Pour que ses images continuent de vivre. Pour que sa voix brisée résonne avec une force nouvelle. Pour que le monde, enfin, n'oublie jamais.
autrices : Diana ISMAÏL & Nasséra ZAÏDI
[1] Cette structure, créée en 1992 par des cinéastes, a pour mission de soutenir et faire découvrir des films indépendants, souvent hors des circuits traditionnels.
[2] Hommage à Fatma Hassona - Festival de Cannes
[3] L'ACID - « Fatma Hassona, Les yeux de Gaza » par Sepideh Farsi
[4] Gaza : RSF dénonce la mort du journaliste indépendant Yahya Sobeih dans une frappe israélienne | RSF
1 823
Le problème
Nous, citoyennes et citoyens engagés pour la liberté d’expression, la mémoire des voix réduites au silence et la défense des droits humains, nous tournons avec une urgence poignante vers Madame Juliette Binoche, présidente du jury du 78e Festival de Cannes, et Madame Rachida Dati, ministre de la Culture. Face à l'assassinat barbare de Fatima Hassouna, photojournaliste palestinienne dont le regard acéré documentait l'insoutenable réalité de Gaza, nous vous implorons : honorez sa mémoire avec la force et l'éclat qu'elle mérite.
Le 16 avril 2025, un bombardement israélien a brutalement arraché Fatima Hassouna à la vie, emportant avec elle dix membres de sa famille. Celle que l'on surnommait "l'œil de Gaza" n'était pas une simple spectatrice. Au péril de son existence, elle a fixé sur pellicule les destructions, la mort, la douleur indicible, mais aussi la dignité inébranlable d'un peuple assiégé, bombardé sans relâche et affamé avec une cruauté délibérée depuis dix-huit mois. Fatima faisait partie de ces âmes courageuses qui, par la puissance de l'image, dénoncent l'innommable génocide en cours.
Son histoire résonne tragiquement avec le septième art : Fatima était la protagoniste du documentaire poignant Put your soul on your hand and walk, sélectionné cette année par l’Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion (ACID)[1] pour être présenté à Cannes. Ironie amère, son regard devait témoigner sur les écrans de ce même festival qui célèbre la force du récit visuel.
Aujourd'hui, face à cet acte d'une violence aveugle, symbole terrifiant d'une offensive qui ne distingue ni les civils ni la liberté d'informer, les communiqués du Festival de Cannes[2] et de l’ACID[3] , bien que nécessaires, ne suffisent plus. L'heure n'est plus aux silences prudents, mais à une prise de parole publique, forte et solennelle. Madame Binoche, Madame la Ministre, votre voix, portée par l'écho mondial du Festival de Cannes, doit s'élever avec une clarté implacable.
Nous demandons instamment qu'une minute de silence poignante soit observée lors de la cérémonie d’ouverture. Un hommage nécessaire non seulement à Fatima Hassouna, mais à toutes ces voix de la culture, ces regards essentiels, fauchés par la guerre, la répression et la censure à travers le monde.
Avant de connaître cette fin tragique, Fatima Hassouna avait couché sur le papier des mots d'une puissance prophétique, un véritable testament qui nous brûle aujourd'hui : « Quant à la mort, qui est inévitable, si je meurs, je veux une mort retentissante. Je ne veux pas être une simple brève dans un flash info, ni un chiffre parmi d’autres. Je veux une mort dont le monde entier entendra parler, une empreinte qui restera à jamais, et des images immortelles que ni le temps ni l’espace ne pourront enterrer. »
Le monde ne peut plus se voiler la face. Depuis octobre 2023, plus de 200 journalistes ont été assassinés à Gaza, selon Reporters Sans Frontières[4]. Il s'agit d'une guerre abjecte contre la vérité, contre ceux qui osent témoigner, contre ceux qui montrent ce que certains voudraient désespérément cacher.
La France, terre de culture, de liberté artistique et de défense des droits fondamentaux, a le devoir sacré d'honorer cette femme exceptionnelle et tout ce qu'elle incarnait. Que le Festival de Cannes, vitrine mondiale du cinéma, et le ministère de la Culture rendent à Fatima Hassouna l'hommage retentissant qu'elle souhaitait tant : un hommage à la résistance face à l'oppression, à la vérité obstinée, et au courage indomptable.
Pour que ses images continuent de vivre. Pour que sa voix brisée résonne avec une force nouvelle. Pour que le monde, enfin, n'oublie jamais.
autrices : Diana ISMAÏL & Nasséra ZAÏDI
[1] Cette structure, créée en 1992 par des cinéastes, a pour mission de soutenir et faire découvrir des films indépendants, souvent hors des circuits traditionnels.
[2] Hommage à Fatma Hassona - Festival de Cannes
[3] L'ACID - « Fatma Hassona, Les yeux de Gaza » par Sepideh Farsi
[4] Gaza : RSF dénonce la mort du journaliste indépendant Yahya Sobeih dans une frappe israélienne | RSF
1 823
Voix de signataires
Mises à jour sur la pétition
Partager la pétition
Pétition lancée le 9 mai 2025