Les femmes, les mères, les veuves:grandes sacrifiées de la réforme des retraites de Macron

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Alors que le Président de la République a proclamé les droits des femmes « grande cause du quinquennat », force est de constater que la logique poursuivie par le Gouvernement ne va définitivement pas dans le sens des femmes, en particulier celles qui travaillent et qui ont des enfants.

Après les avoir pénalisées avec la baisse du quotient familial et de la PAJE, le Gouvernement risque de créer de nouvelles contraintes avec une réforme des retraites qui leur sera défavorable. 

L’Institut de la protection sociale (IPS) a récemment révélé dans une étude, que le futur système universel par point, envisagé par le Gouvernement dans sa réforme des retraites – dont on ignore encore aujourd’hui la finalité – pourrait faire de nombreuses perdantes parmi les mères de famille. Un système, initialement décrit comme favorable aux femmes, qui mettrait un coup d’arrêt aux ambitions féministes du gouvernement. 

Et comme souvent, les femmes qui travaillent et qui ont des enfants – et davantage lorsque ces derniers souffrent de handicap - risquent d'être les grandes oubliées de la politique gouvernementale. 

Mardi 3 décembre avait lieu la journée mondiale du handicap. Pourtant malgré nos nombreuses interrogations, le Gouvernement reste toujours muet concernant les familles qui élèvent un enfant handicapé. En effet, de nombreuses femmes mettent leur carrière entre parenthèses pour s’occuper de leur enfant et subvenir à ses besoins décuplés. 

Actuellement, les parents d’enfants handicapés bénéficient de deux grandes mesures : la retraite à 65 ans à taux plein quel que soit le nombre de trimestre et la majoration de trimestres.

Mais aujourd’hui, le doute subsiste sur la pérennité de ces dispositions qui offraient aux parents – et particulièrement aux mères – la possibilité d’accéder à une retraite à taux plein après avoir consacré leur vie à leur enfant souffrant de handicap. Mais le système de retraites à point que souhaite instaurer le Gouvernement ne risque-t-il pas de supprimer l’assurance vieillesse pour le parent qui a cessé de travailler pour s’occuper de son enfant handicapé ?  

Parallèlement, des complémentaires accordent actuellement une majoration des droits en cas d’enfants invalides. Est-ce que ces majorations seront maintenues dans la nouvelle réforme des retraites ?

Nous avons les raisons d’en douter puisque les premières annonces de la réforme pénalisent d’ores et déjà les mères de famille qui travaillent. Par exemple, le Gouvernement n’a pas dissimulé son intention de supprimer les 8 trimestres par enfant et les 10% de majoration pour le 3ème enfant.

Ainsi, une femme qui travaille et qui a des enfants est sanctionnée doublement, à la fois pendant sa carrière et une fois à la retraite. Actuellement, 79% des femmes partent à la retraites avant 64 ans parce qu’elles bénéficient de ces 8 trimestres. Sans cette mesure, elles devront partir deux ans plus tard pour avoir une retraite à taux plein, de même pour les mères d’enfants handicapés.

Cet acharnement se poursuit avec les pensions de réversion. En effet, les veuves bénéficient aujourd’hui d’une pension de réversion dès l’âge de 55 ans. Avec la réforme elles ne pourront y accéder que 7 ans plus tard, à 62 ans. Pourquoi retarder à ce point l’accès à cette pension pour la femme qui a perdu son mari ?

Sachant que les pensions de réversion représentent 36 milliards d’euros, soit 11,7% de l’ensemble des retraites, le Gouvernement n’essaierait-il pas de faire main basse sur la retraite des femmes pour financer sa réforme sur les retraites? 

C’est la raison pour laquelle je réclame des réponses à ces questions ainsi que des données précises. Les femmes qui travaillent et qui ont des enfants doivent-elles craindre de nouvelles injustices avec cette réforme opaque ?