Projet de loi 106 : danger imminent pour le système de santé au Québec


Projet de loi 106 : danger imminent pour le système de santé au Québec
The Issue
Le projet de loi 106, déposé par le ministre de la Santé, Christian Dubé, représente un réel danger pour l’avenir des soins de santé au Québec.
Ce projet vise à lier la rémunération des médecins à leur performance, en imposant des cibles humainement inatteignables. Pour y parvenir, un médecin devrait, en moyenne, voir ses patients en moins de 10 minutes — à un rythme que nous n’avons jamais connu auparavant.
Plus que jamais, il est évident que le ministre actuel est déconnecté de la réalité de nos milieux de soins. Il faut se rendre à l’évidence : ce projet n’a qu’un objectif, celui de tenter de tenir une promesse électorale à tout prix, peu importe les conséquences. En effet, le gouvernement s’est engagé à ce qu’en 2026, chaque Québécois ait accès à un médecin de famille.
Pour ce faire, M. Dubé propose simplement d’augmenter drastiquement « l’efficacité » des médecins, en leur faisant porter le fardeau de la triste réalité de notre système de santé. Ce n’est évidemment pas la solution.
Pour les patients, les conséquences seront immédiates et néfastes. Entre autres :
- Déshumanisation des soins
- Risque accru de mauvais diagnostics, d’erreurs médicales et de traitements inadéquats
- Exacerbation des inégalités sociales
- Dévalorisation de plusieurs domaines de la santé (ex. : soins à domicile, soins palliatifs, réadaptation, enseignement, prévention, population en situation de précarité ou marginalisée)
- Épuisement du personnel soignant
- Départ et exode des médecins vers d’autres provinces, vers le secteur privé ou vers une réorientation de carrière
Il faut se l’avouer : il n’est plus possible d’être aveugle aux carences et aux déficits de notre réseau. L’accès à un premier rendez-vous se détériore, les urgences débordent, la lourdeur administrative est gargantuesque, les ratés se multiplient, et les fonds publics sont dilapidés par une gestion inefficace.
Dans ce domaine où l’empathie et le sens du devoir des soignants représentaient jusqu’à aujourd’hui la dernière ligne de défense, il faut reconnaître que cette ressource n’est pas infinie. L’épuisement, la frustration et la tristesse sont désormais palpables.
Le projet de loi 106 vise à faire porter tout le poids de ce mammouth qu’est le système de santé sur les épaules déjà fragilisées des médecins. Coupables jusqu’à preuve du contraire, nous vivons depuis plusieurs semaines une véritable épreuve. Le ministre Dubé tient un discours réducteur, intimidant et mensonger. Rarement aura-t-on assisté à une telle campagne de diffamation sur la place publique. Pour nous tous, c’est la goutte de trop.
De nombreuses autres solutions auraient pu être envisagées pour s’attaquer aux véritables problèmes :
- Modernisation des hôpitaux et des dossiers médicaux
- Réduction de la charge administrative, unification des formulaires
- Embauche de physiothérapeutes, psychologues, ergothérapeutes et autres professionnels dans les cliniques et les hôpitaux
- Augmentation des postes en médecine de famille et revalorisation de cette spécialité (nous sommes la province comptant le plus de postes vacants en résidence de médecine de famille au Canada)
- Embauche de plus d’infirmières et de préposés afin de faire fonctionner toutes les salles d’opération fermées par manque de personnel
- Campagne gouvernementale pour la prévention des maladies : valorisation de l’activité physique, révision des étiquettes nutritionnelles, etc.
- Création d’un véritable dossier patient virtuel (consultations de spécialistes, accès aux rendez-vous, sommaires d’hospitalisation, etc.)
- Imputabilité des dépenses gouvernementales et tenue d’un sommet sur la santé au Québec pour définir des priorités claires et une vision à long terme (10–15 ans), résistante aux changements de partis politiques
Comme vous le voyez, ce ne sont pas les solutions qui manquent. Ce qui manque, c’est une véritable discussion entre ceux qui sont sur le terrain et ceux qui prennent les décisions. Actuellement, le ministre Dubé refuse d’écouter les différentes parties, y compris nos deux fédérations médicales, la FMOQ et la FMSQ.
Plus récemment, on apprenait même que M. Dubé n’a pas tenu compte des recommandations du comité d’experts qu’il avait lui-même mandaté — pour un coût de 300 000$. Ce comité a rejeté la solution actuellement proposée.
Il y a quelques jours, le Collège des médecins du Québec (CMQ), historiquement neutre, s’est également positionné contre ce projet de loi — un geste majeur de la part d’un organisme dont la seule mission est la protection de la population en matière de santé. Cela traduit l’urgence de la situation.
Nous demandons le retrait de ce projet de loi.
C’est pourquoi nous vous invitons à signer cette pétition, pour manifester votre soutien à notre cause, pour refuser une fausse solution, pour affirmer que vous méritez mieux.
Ayons ensemble le courage de dire non. Levons-nous contre la démagogie et la désinformation.
Faisons front commun, afin que l’histoire retienne qu’il existe encore en nous un sens de la justice, le rêve d’une médecine humaine, et la résilience de nous opposer à l’inertie d’un gouvernement volontairement aveugle.
Signons ensemble pour faire changer les choses. C’est peut-être la seule chose qui est encore entre nos mains.
Dr Nacim Kerouch
GMF-U Hôpital Maisonneuve-Rosemont
Un médecin « paresseux » qui, aux yeux du gouvernement, n’en fait pas assez
Au nom de tous mes collègues, unis, engagés, et prêts à se battre jusqu’au bout
26,963
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Le projet de loi 106, déposé par le ministre de la Santé, Christian Dubé, représente un réel danger pour l’avenir des soins de santé au Québec.
Ce projet vise à lier la rémunération des médecins à leur performance, en imposant des cibles humainement inatteignables. Pour y parvenir, un médecin devrait, en moyenne, voir ses patients en moins de 10 minutes — à un rythme que nous n’avons jamais connu auparavant.
Plus que jamais, il est évident que le ministre actuel est déconnecté de la réalité de nos milieux de soins. Il faut se rendre à l’évidence : ce projet n’a qu’un objectif, celui de tenter de tenir une promesse électorale à tout prix, peu importe les conséquences. En effet, le gouvernement s’est engagé à ce qu’en 2026, chaque Québécois ait accès à un médecin de famille.
Pour ce faire, M. Dubé propose simplement d’augmenter drastiquement « l’efficacité » des médecins, en leur faisant porter le fardeau de la triste réalité de notre système de santé. Ce n’est évidemment pas la solution.
Pour les patients, les conséquences seront immédiates et néfastes. Entre autres :
- Déshumanisation des soins
- Risque accru de mauvais diagnostics, d’erreurs médicales et de traitements inadéquats
- Exacerbation des inégalités sociales
- Dévalorisation de plusieurs domaines de la santé (ex. : soins à domicile, soins palliatifs, réadaptation, enseignement, prévention, population en situation de précarité ou marginalisée)
- Épuisement du personnel soignant
- Départ et exode des médecins vers d’autres provinces, vers le secteur privé ou vers une réorientation de carrière
Il faut se l’avouer : il n’est plus possible d’être aveugle aux carences et aux déficits de notre réseau. L’accès à un premier rendez-vous se détériore, les urgences débordent, la lourdeur administrative est gargantuesque, les ratés se multiplient, et les fonds publics sont dilapidés par une gestion inefficace.
Dans ce domaine où l’empathie et le sens du devoir des soignants représentaient jusqu’à aujourd’hui la dernière ligne de défense, il faut reconnaître que cette ressource n’est pas infinie. L’épuisement, la frustration et la tristesse sont désormais palpables.
Le projet de loi 106 vise à faire porter tout le poids de ce mammouth qu’est le système de santé sur les épaules déjà fragilisées des médecins. Coupables jusqu’à preuve du contraire, nous vivons depuis plusieurs semaines une véritable épreuve. Le ministre Dubé tient un discours réducteur, intimidant et mensonger. Rarement aura-t-on assisté à une telle campagne de diffamation sur la place publique. Pour nous tous, c’est la goutte de trop.
De nombreuses autres solutions auraient pu être envisagées pour s’attaquer aux véritables problèmes :
- Modernisation des hôpitaux et des dossiers médicaux
- Réduction de la charge administrative, unification des formulaires
- Embauche de physiothérapeutes, psychologues, ergothérapeutes et autres professionnels dans les cliniques et les hôpitaux
- Augmentation des postes en médecine de famille et revalorisation de cette spécialité (nous sommes la province comptant le plus de postes vacants en résidence de médecine de famille au Canada)
- Embauche de plus d’infirmières et de préposés afin de faire fonctionner toutes les salles d’opération fermées par manque de personnel
- Campagne gouvernementale pour la prévention des maladies : valorisation de l’activité physique, révision des étiquettes nutritionnelles, etc.
- Création d’un véritable dossier patient virtuel (consultations de spécialistes, accès aux rendez-vous, sommaires d’hospitalisation, etc.)
- Imputabilité des dépenses gouvernementales et tenue d’un sommet sur la santé au Québec pour définir des priorités claires et une vision à long terme (10–15 ans), résistante aux changements de partis politiques
Comme vous le voyez, ce ne sont pas les solutions qui manquent. Ce qui manque, c’est une véritable discussion entre ceux qui sont sur le terrain et ceux qui prennent les décisions. Actuellement, le ministre Dubé refuse d’écouter les différentes parties, y compris nos deux fédérations médicales, la FMOQ et la FMSQ.
Plus récemment, on apprenait même que M. Dubé n’a pas tenu compte des recommandations du comité d’experts qu’il avait lui-même mandaté — pour un coût de 300 000$. Ce comité a rejeté la solution actuellement proposée.
Il y a quelques jours, le Collège des médecins du Québec (CMQ), historiquement neutre, s’est également positionné contre ce projet de loi — un geste majeur de la part d’un organisme dont la seule mission est la protection de la population en matière de santé. Cela traduit l’urgence de la situation.
Nous demandons le retrait de ce projet de loi.
C’est pourquoi nous vous invitons à signer cette pétition, pour manifester votre soutien à notre cause, pour refuser une fausse solution, pour affirmer que vous méritez mieux.
Ayons ensemble le courage de dire non. Levons-nous contre la démagogie et la désinformation.
Faisons front commun, afin que l’histoire retienne qu’il existe encore en nous un sens de la justice, le rêve d’une médecine humaine, et la résilience de nous opposer à l’inertie d’un gouvernement volontairement aveugle.
Signons ensemble pour faire changer les choses. C’est peut-être la seule chose qui est encore entre nos mains.
Dr Nacim Kerouch
GMF-U Hôpital Maisonneuve-Rosemont
Un médecin « paresseux » qui, aux yeux du gouvernement, n’en fait pas assez
Au nom de tous mes collègues, unis, engagés, et prêts à se battre jusqu’au bout
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Petition created on 19 May 2025