Petition Closed

J’ai servi l’Armée de l’Air Américaine pendant 25 ans. J’ai travaillé deux ans comme Procureur en Chef de Guantánamo. Aujourd’hui, j’ai besoin de vous.

J’ai moi-même inculpé le chauffeur d’Osama Ben Laden, Salim Hamdan, l’Australien David Hicks et l’adolescent Canadian Omar Khadr. Tous trois ont été incriminés... puis ont quitté Guantánamo. Plus de 160 hommes qui n’ont jamais été inquiétés d’aucun délit, encore moins de crime de guerre, demeurent à Guantánamo sans espoir de répit. Il y a quelque chose de fondamentalement injuste dans ce système qui assure un billet retour aux criminels de guerre et garde les autres enfermés pour une durée illimitée.

Depuis le 29 avril 2013, 100 hommes, sur les 166 enfermés à Guantánamo, sont engagés dans une grève de la faim pour protester contre leur détention illimitée. Vingt-et-un d'entre eux sont alimentés de force et 5 sont hospitalisés. À Guantánamo, certains détenus ont passé plus de onze années sans charges ni procès. Les États-Unis ont autorisé le transfert d’une majorité des détenus, mais à cause de leurs citoyennetés ou de manoeuvres politiques intérieures, ces personnes restent incarcérées année après année.

Le 30 avril, Obama a annoncé qu’il s’engageait à fermer Guantánamo, mais il a déjà fait cette promesse il y a bien longtemps; il doit maintenant tenir parole et mettre en oeuvre les moyens pour démanteler cette prison.

Si tout autre pays se comportait avec ses détenus comme les États-Unis traite les siens à Guantanamo, d’une seule voix, les Américains critiqueraient les pratiques de ce pays. L’Amérique ne peut prétendre incarner les plus hauts standards légaux et moraux quand elle s’autorise à faire à d’autres ce qu’elle condamnerait avec véhémence si cela était infligé à notre peuple.

Ce n'est pas surprenant que les droits de l'homme et des groupes d'activistes comme Amnesty International, le Center for Constitutional Rights, ou Witness Against Torture, critiquent publiquement Guantánamo. Cela peut surprendre en revanche qu'un ancien Procureur général militaire Américain, avec beaucoup d'autres militaires de haut rang retraités, des membres de la communauté du renseignement, partagent leur opinion.

Être humain, c’est fermer Guantánamo.

Merci de nous rejoindre en signant cette pétition.

Letter to
President Obama
President Barack Obama

The White House

1600 Pennsylvania Avenue, NW

Washington DC, 20500


Objet: PRÉOCCUPATIONS À PROPOS DE LA GRÈVE DE LA FAIM ET EFFORTS POUR FERMER LE CENTRE DE DÉTENTION DE GUANTANAMO.



Monsieur Obama,

Je vous écris pour vous demander de prendre immédiatement les dispositions nécessaires pour mettre fin aux détentions illimitées et sans charges et fermer le centre de détention de la baie de Guantánamo. S’il y a un moment opportun pour honorer la promesse que vous avez formulée il y a plus de quatre ans de fermer la prison, pour commencer à reconstruire l’image et la réputation de l’Amérique comme pays champion des États de droit, c’est maintenant.

Depuis plusieurs semaines, des médias d’influence, des avocats de détenus, même des militaires de haut rang rapportent que la grêve de la faim touche énormément de détenus de Guantánamo. La semaine du 15 avril, un officiel de la prison annoncait aux journalistes venus sur place: “Il y aura plus d’un mort”. La situation actuelle est l’aboutissement prévisible de 11 années d’enfermement sans charge et sans espoir de sortie. Je vous encourage à procéder au transfèrement des hommes dans leurs pays d’origine, ou autres pays, ou bien à leur assurer un procès qui respecte les standards qu’une cour suivrait si les condamnés étaient des ressortissants américains.

Je vous recommande par ailleurs de nommer sans attendre une personne au sein de votre administration pour mener ces transferts.

Plus précisément, je demande:

1) Que le ministre de la Défense Charles Hagel exerce son autorité pour publier les certificats ou les dérogations de sécurité nationale exigés par le “National Defense Authorization Act” (NDAA 2013) pour effectuer des transfèrements de Guantánamo;

2) Qu’une personne soit mandatée au sein de votre administration pour mener à bien la mission de fermeture de Guantánamo

3) Que vous annonciez un plan concrêt et adapté pour fermer le centre. Comme première étape indispensable pour donner le message que nous sommes au début d’un nouveau chapitre de l’histoire de Guantánamo, vous devriez libérer immédiatement Shaker Aamer et Djamel Ameziane.


Je vous exhorte à donner l’ordre immédiat aux parties concernées d’apporter des réponses à la grève de faim, de prendre des mesures humaines et juridiques, conformément aux normes internationales, avant que le mal ne soit irréparable. De plus, je vous appelle à prendre des mesures pour vous attaquer à la racine du problème en remplissant votre promesse de fermer Guantánamo sans plus attendre. Mon soutien aux efforts de l'Administration pour fermer la prison de Guantánamo, en accord avec les normes légales internationales, exige une dynamique que seul vous, en tant que Président des États-Unis, pouvez apporter. Je vous appelle donc à agir sans délai.

Très sincèrement,