Disons tous non à la discrimination à la stigmatisation des femmes musulmanes "voilées" CI

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《Mon voile ma liberté, ma religion ma foi》《Non à la vulgarisation de l'islamophobie en Côte d'Ivoire.》

Depuis quelques temps, l'Administration de l'institution universitaire Ivoirienne INPHB (Institut National Polytechnique Felix Houphouët Boigny) de Yamoussoukro a pris une décision unilatérale d'interdire le port du "voile" aux femmes musulmanes et toute manifestation de la foi au sein de l'établissement.

La "constitution" III-2016 a défini le principe de la laïcité et la liberté qui permet à chaque citoyen(ne) de manifester sa foi sur toute l'étendue du territoire national.


Excellence, Mr le Président de la République, garant de la constitution, si cette note de service "discriminatoire" de l'INPHB, nous choque tant, c'est parce que nous sommes collectivement responsables.

Disons-le, rien ne justifie cette note de service qui tend à "stigmatiser" nos innocentes sœurs qui ont le droit de porter leur voile dans ce pays laïc; cet harcèlement d'une violence psychologique inouïe est perçu comme discriminatoire par la majorité de la communauté musulmane et par certains citoyens anonymes.

De plus en plus, nous assistons à une pléiade d'actions discriminatoires contre les femmes voilées au sein de nos entreprises, de nos écoles, de notre administration, et même en public, dans notre pays, la Côte d'Ivoire. Ces islamophobes haineux sont de plus en plus consommateurs d'une violence inouïe envers la communauté musulmane.

Excellence M. le Président, quelles seront les conséquences de telles humiliations publiques, répétitives, si ce n’est renvoyer à ces personnes qu’elles demeurent des citoyens de seconde zone, indignes d’être pleinement ivoiriennes, et reconnues comme telles ? Assistons-nous à une indignation sélective ? Des anonymes ont usé de leur voix sur les canaux de leurs réseaux sociaux pour dire leur colère depuis quelques temps, mais qu’en est-il de l’indignation générale ?

Pourquoi les émissions de télévision, de radio, hormis quelques billets et tribunes comme celle-ci n’en parlent pas pour condamner cette intolérance inouïe contre la communauté musulmane de Côte d'Ivoire, dont l'image palpable est celle de la note de service de l'INPHB? Quid des réactions de nos élus, des partis politiques, des ministres, du Président de la République pour refuser l’inacceptable? De fait, l’émotion légitime qui devrait s’exprimer dans l’opinion est aux abonnés absents : trop nombreux sont ceux qui se disent : « Elles l’ont bien cherché », « le voile les empêche d'être brillantes pendant leurs études », <<ces musulmans nous étouffent>>, <<on veut pas la langue arabe dans notre système éducatif>>, << on ne doit pas accorder d'importance aux diplômes scolaires musulmans, c'est nul !...>>, etc., ou qui légitiment les "stigmatisations" envers les musulmans.

Que feront nos jeunes frères et sœurs croyant(e)s de l'INPHB pendant le Ramadan? Comment prierons-t-ils/elles? Nos sœurs ne devraient t-elles pas se voiler?

Excellence, Mr. le Président de la république de Côte d'Ivoire, la laïcité, consacrée par la loi (constitution III-2016-RCI) est certes la séparation de l’Etat et du religieux, mais aussi la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté d’exercer sa foi ou de ne pas l’exercer, la liberté de manifester ses convictions dans les limites du respect de l’ordre public. Malgré les nombreuses alertes des associations et des militants, malgré le travail de déconstruction des universitaires, nous avons trop longtemps laissé la voie libre aux interprétations dévoyées du principe de laïcité, semant la division et la haine.

Excellence, M. le Président de la république, nos frères et sœurs ne peuvent plus prier en groupe, nos sœurs musulmanes sont dépouillées de leur plus minime droit et subiront cet abus disproportionné pendant toute la période du mois de Ramadan. Cette note de service de l'INPHB est discriminatoire; aujourd'hui nos frères et sœurs en payent le prix, comme d’autres avant eux, mais qu’en sera-t-il demain ? Jusqu’où laisserons-nous passer cette haine prospérer?

Des plateaux télé dans leur course au buzz et à l’audience permanente, dans nos rangs d’élus et de décideurs avides de gains électoraux, sans parler de nos sphères privées, elles aussi imprégnées d’intolérances, jusqu’à quand allons-nous accepter que des citoyennes, des citoyens soient insultés, agressés, attaqués, stigmatisés en raison de leur religion ? Jusqu’à quand allons-nous accepter que la laïcité, socle de notre République, soit instrumentalisée pour le compte d’une vision ségrégationniste, raciste, xénophobe, mortifère de notre société ? Accepterons-nous de nous laisser sombrer collectivement ou dirons-nous stop maintenant, tant qu’il est encore temps ?

 

Nous comptons sur votre sens de l'équité jamais égalé, votre foi, votre croyance, votre attachement à la liberté, au bien être de vos concitoyen(ne)s, au développement harmonieux, à la cohésion sociale, à la recherche perpétuelle de la paix, à la solidarité et à l'hospitalité pour prendre la décision favorable à la manifestation de la liberté de foi et de libre choix de croyance. Tout en vous adressant nos meilleures salutations et dans l'attente d'une réponse favorable, veuillez recevoir l'expression de nos salutations distinguées.

AbdAllah Ahua Sampan

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Fait à Abidjan le 29 Février 2020.