Défense d'une lycéenne étrangère, indignement menacée d'expulsion du territoire


Défense d'une lycéenne étrangère, indignement menacée d'expulsion du territoire
Le problème
Nous, équipe éducative du Lycée Jean Monnet de Joué les Tours, avons appris avec indignation qu'une de nos élèves est menacée d'expulsion du territoire des suites d'un contrôle d'identité, durant lequel elle n'a pas été en mesure de présenter un titre de séjour valide.
Contrôlée sur les quais de la gare de Lille, elle a passé 24 heures au commissariat dont la nuit en cellule. Elle est ressortie le lendemain midi, sans son passeport, confisqué par les autorités, mais avec une « obligation de quitter le territoire français dans les plus brefs délais » .
Nous accueillons cette nouvelle avec d'autant plus de sidération que cette élève est arrivée en France en 2014 afin de rejoindre sa mère, que des motifs politiques avaient contraint à fuir la Mongolie, et a toujours été scolarisée depuis.
Aujourd'hui en terminale, notre élève s’apprête à passer son baccalauréat. Nous reconnaissons et saluons tous son investissement, ainsi que les efforts qu’elle déploie pour surmonter les obstacles. Cette dernière a fait le pari ambitieux des études supérieures, elle est sur le point de le remporter et, si près du but, nous lui ôtons ses chances et la privons d'un avenir. C'est indigne des valeurs que nous défendons.
Article détaillé du journal d'Indre et Loire, la Nouvelle République :
Lettre ouverte à Madame la Préfète d’Indre et Loire, le 18 mai 2021
Madame la Préfète,
Nous, membres de la communauté enseignante et éducative du lycée Jean-Monnet, apprenons avec stupéfaction et effroi que l’une de nos élèves, Enkhjin Oyuntugs, fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français, suite à un contrôle de police au cours duquel elle n’a pas été en mesure de présenter un titre de séjour valide.
Arrivée en 2014 de Mongolie pour rejoindre sa mère – que des motifs politiques avaient contraint à fuir son pays – Enkhjin est désormais élève en Terminale dans notre établissement ; elle y prépare un baccalauréat de série générale et y construit son avenir, avec un courage et une détermination qui forcent l’admiration de ses professeurs et de ses camarades. Toutes et tous reconnaissent et saluent son sérieux et son investissement, ainsi que les efforts qu’elle déploie pour surmonter les difficultés scolaires que ne manque pas de rencontrer un élève qui a dû s’adapter à un pays, à une langue, à un système éducatifs nouveaux. C’est un pari très ambitieux qu’Enkhjin est sur le point de remporter et que rien ne devrait compromettre, si près du but.
En conséquence, nous vous demandons instamment de faire valoir vos prérogatives et d’accorder à Enkhjin le droit de demeurer sur le territoire français pour poursuivre ses études. Si le droit français prévoit des mesures tels que l’obligation de quitter le territoire, il confère aussi aux préfets et aux préfètes le pouvoir de suspendre une telle décision lorsque celle-ci, bien que conforme à la législation, heurte si manifestement les principes moraux qui fondent notre République.
Aujourd’hui, nous sommes, et Enkhjin se trouve, dans une situation de la sorte. Il serait contraire aux valeurs que nous, enseignantes et enseignants, et vous, haut-fonctionnaire, nous sommes engagés à respecter, à défendre, à transmettre, de vouloir la priver de la vie qu’elle s’est construite ici.
En Mongolie, nul foyer, nul projet, nul avenir concret n’attendent plus Enkhjin ; sa place est incontestablement parmi nous.
Nous vous remercions donc de l’attention que vous voudrez bien accorder au sort de notre élève et à notre demande, et nous vous prions d’agréer, Madame la Préfète, l’expression de nos hommages les plus respectueux.
L’ équipe éducative du Lycée Jean Monnet de Joué les Tours.

Le problème
Nous, équipe éducative du Lycée Jean Monnet de Joué les Tours, avons appris avec indignation qu'une de nos élèves est menacée d'expulsion du territoire des suites d'un contrôle d'identité, durant lequel elle n'a pas été en mesure de présenter un titre de séjour valide.
Contrôlée sur les quais de la gare de Lille, elle a passé 24 heures au commissariat dont la nuit en cellule. Elle est ressortie le lendemain midi, sans son passeport, confisqué par les autorités, mais avec une « obligation de quitter le territoire français dans les plus brefs délais » .
Nous accueillons cette nouvelle avec d'autant plus de sidération que cette élève est arrivée en France en 2014 afin de rejoindre sa mère, que des motifs politiques avaient contraint à fuir la Mongolie, et a toujours été scolarisée depuis.
Aujourd'hui en terminale, notre élève s’apprête à passer son baccalauréat. Nous reconnaissons et saluons tous son investissement, ainsi que les efforts qu’elle déploie pour surmonter les obstacles. Cette dernière a fait le pari ambitieux des études supérieures, elle est sur le point de le remporter et, si près du but, nous lui ôtons ses chances et la privons d'un avenir. C'est indigne des valeurs que nous défendons.
Article détaillé du journal d'Indre et Loire, la Nouvelle République :
Lettre ouverte à Madame la Préfète d’Indre et Loire, le 18 mai 2021
Madame la Préfète,
Nous, membres de la communauté enseignante et éducative du lycée Jean-Monnet, apprenons avec stupéfaction et effroi que l’une de nos élèves, Enkhjin Oyuntugs, fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français, suite à un contrôle de police au cours duquel elle n’a pas été en mesure de présenter un titre de séjour valide.
Arrivée en 2014 de Mongolie pour rejoindre sa mère – que des motifs politiques avaient contraint à fuir son pays – Enkhjin est désormais élève en Terminale dans notre établissement ; elle y prépare un baccalauréat de série générale et y construit son avenir, avec un courage et une détermination qui forcent l’admiration de ses professeurs et de ses camarades. Toutes et tous reconnaissent et saluent son sérieux et son investissement, ainsi que les efforts qu’elle déploie pour surmonter les difficultés scolaires que ne manque pas de rencontrer un élève qui a dû s’adapter à un pays, à une langue, à un système éducatifs nouveaux. C’est un pari très ambitieux qu’Enkhjin est sur le point de remporter et que rien ne devrait compromettre, si près du but.
En conséquence, nous vous demandons instamment de faire valoir vos prérogatives et d’accorder à Enkhjin le droit de demeurer sur le territoire français pour poursuivre ses études. Si le droit français prévoit des mesures tels que l’obligation de quitter le territoire, il confère aussi aux préfets et aux préfètes le pouvoir de suspendre une telle décision lorsque celle-ci, bien que conforme à la législation, heurte si manifestement les principes moraux qui fondent notre République.
Aujourd’hui, nous sommes, et Enkhjin se trouve, dans une situation de la sorte. Il serait contraire aux valeurs que nous, enseignantes et enseignants, et vous, haut-fonctionnaire, nous sommes engagés à respecter, à défendre, à transmettre, de vouloir la priver de la vie qu’elle s’est construite ici.
En Mongolie, nul foyer, nul projet, nul avenir concret n’attendent plus Enkhjin ; sa place est incontestablement parmi nous.
Nous vous remercions donc de l’attention que vous voudrez bien accorder au sort de notre élève et à notre demande, et nous vous prions d’agréer, Madame la Préfète, l’expression de nos hommages les plus respectueux.
L’ équipe éducative du Lycée Jean Monnet de Joué les Tours.

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Pétition lancée le 18 mai 2021