

Chers signataires,
La pétition qui vous a mobilisés, en ligne depuis 2014, gagne des signatures tous les jours. Pour poursuivre ensemble son action nous avions fondé en février 2018, Marie Godard, Annie Babu et moi-même, l'Association Le Choix, Citoyens pour une mort choisie qui nous a réunis.
Nous vous avons fait connaître dimanche avec tristesse, Annie Babu et moi même, que nous étions contraintes de démissionner de cette association.
Je reprends donc seule à compter de cette date toute action, initiative ou utilisation de ma pétition.
Vous avez été nombreux, à l'annonce de notre démission à nous demander pourquoi nous abandonnions une association que nous avions construite méticuleusement, patiemment, passionnément, sans jamais baisser les bras, même après que des raisons de santé aient obligé certains d’entre nous à se retirer.
Il est légitime que nous vous donnions des explications, mais autorisez moi à être brève.
Monsieur Labayle, arrivé tout récemment, est maintenant l’unique président du Choix, conformément à ses vœux. Il a réussi à faire partir peu à peu tous les fondateurs de l'association en quatre mois.
Restées seules à tenir le cap, nous avons cependant choisi avec une énorme tristesse de partir nous aussi avant que le climat délétère et injurieux qu'il a installé par sa détermination à prendre le pouvoir ne retentisse gravement sur la notoriété et l'avenir de notre projet à tous.
Cette décision a été douloureuse à prendre mais il n’y avait pas d’alternative. Souvenez vous du jugement de Salomon, c'est la véritable mère aimante qui abandonne son enfant à l'usurpatrice pour ne pas le voir déchiré.
Nous ne pouvons évidemment plus cautionner Le Choix dans ces conditions.
Nous remercions tous ceux d'entre vous, qui, en grand nombre, (et nous en sommes très touchées) signataires de nos pétitions, ou adhérents postérieurs, nous ont déjà témoigné depuis dimanche leur soutien, leur sympathie, leurs regrets, leur compréhension instinctive d'une situation d’impasse qu'ils ne devinaient que trop bien à la lecture de notre lettre de démission.
Nous comprenons votre colère, elle est la nôtre.
La vie est faite d’épreuves, et d’expériences heureuses. Il y en aura d’autres.
Nous sommes en train de mettre en place pour vous une structure nouvelle, qui poursuivra dans la voie des pétitions qui nous ont réunis autour d'un objectif direct et clairement exprimé. Nous vous faisons signe dès que c'est, bientôt, prêt.
C’est portés par vous que nous avons obtenu, en 2018, une première avancée concrète : le vote du Conseil Économique, Social et Environnemental en faveur d’une sédation explicitement létale.
Notre combat citoyen continuera avec la même force, et en ressortira grandi, loin des querelles, déchirements et compromissions qui entravent l’action.
Nous étions intervenus aux États généraux de la bioéthique, nous avons déjà plusieurs fois témoigné devant les institutions … nous le referons … nous n’abandonnerons jamais ce combat qui nous tient tant à cœur.
Chaque jour nos deux pétitions, "mariées" en 2017, continuent de mobiliser.
Nous serons bientôt 500 000. C'est une grande victoire et nous la fêterons ensemble.
N’oubliez jamais que notre légitimité citoyenne est notre force !
Le monde de demain, dont nul ne sait ce qu’il sera, devra compter avec nous !
Enfin, la bouleversante situation sanitaire actuelle nous affecte tous et nous invite à maintenir une action vigilante mais prudente. Nous avons bien conscience que beaucoup de vérités tragiques seront probablement révélées dans les prochains mois.
Prenez soin de vous !
A très bientôt, pour continuer ensemble ce combat que nous devons absolument gagner, et que nous veillerons, parce que c'est notre nature, à mener en liaison avec les autres combattants du terrain, quels qu'ils soient.
Nathalie Debernardi