Petition updateLégalisation de l'aide active à mourirLa Haute Autorité de Santé, ses oublis, ses ambiguïtés…
NATHALIE DEBERNARDIParis, France
Feb 22, 2020

Deux médecins défenseurs de la liberté de choisir sa fin de vie, et signataires de cette pétition, s'expriment suite à la  recommandation récente de la Haute Autorité de Santé (HAS) relative à l'utilisation du midazolam en ville : 

 

La Haute Autorité de Santé, ses oublis, ses ambiguïtés…

Suite à l’affaire des deux médecins, suspendus pour avoir aidé leurs patients à mourir en prescrivant du Midazolam à leur domicile, la Haute Autorité de Santé (HAS) conseille enfin aux pouvoirs publics de permettre aux médecins généralistes de prescrire ce médicament, dans le cadre de la loi sur la « sédation profonde et continue provoquant une altération de la conscience maintenue jusqu'au décès », loi de 2016 dite Claeys-Léonetti.

Ce changement soudain d’attitude de la Haute Autorité de Santé est-il un progrès ? Ou la simple correction d’un oubli ? Ou une nouvelle preuve que les conditions drastiques exigées par la loi actuelle n’ont en réalité qu’un but : réduire à tout prix les indications de la sédation terminale ? Jusqu’à obliger les patients à mourir à l’hôpital…

Permettre aux médecins généralistes d’aider médicalement leurs patients à mourir à leur domicile et non en institution relève de la plus évidente humanité. Une évidence pourtant qui n’a pas sauté aux yeux des rédacteurs du texte touffu de la Haute Autorité de Santé. Car il faut s’appliquer à lire ce document, pour saisir à quel point ses multiples restrictions ne visent qu’à en réduire l’application. Un texte rédigé sous l’influence directe de la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP) dont on connait les positions conservatrices et rigides en matière de fin de vie. Où les influences religieuses ne sont pas loin.

Cette loi, présentée comme un progrès, garde toute une part d’inhumanité. On sait, par exemple, que la suppression de l’hydratation destinée à créer une insuffisance rénale ne fait que prolonger une agonie, inutile pour les malades, douloureuse pour la famille présente.

Cette loi reste une atteinte à la liberté de choix.

L’Association Le Choix, Citoyens pour une mort choisie rappelle qu’il est temps que les femmes et les hommes politiques prennent leurs responsabilités sur ce sujet qui concerne tous les citoyens. Sans exception. Eux y compris. Qu’il est temps de répondre au désir de l’immense majorité de la population qui réclame depuis plusieurs dizaines d’années une loi réellement humaine, respectant la liberté de chacun.

Alors pourquoi cette frilosité politique ? Certes une telle loi provoquera, on le sait, quelques manifestations dans la rue, avec la présence de ceux qui s’opposent systématiquement à tout changement sociétal, mais les élus auraient tout à gagner à écouter l’extrême majorité de leurs concitoyens qui réclament un changement de la loi. Une loi plus libre, plus humaine.

Alors un peu de courage, mesdames et messieurs les politiques. D’autres pays nous ont précédé depuis longtemps et ne sont pas tombés dans la barbarie annoncée.

Alors pourquoi pas nous ?

 

Docteur Denis Labayle et Docteur Bernard Senet
Co-président et membre du collège décisionnel de l’Association
Le Choix Citoyens pour une mort choisie.


Merci de partager ce texte avec le plus grand nombre autour de vous,

Avec mes remerciements à toutes et tous,

 

Nathalie Debernardi

Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X