Pour une allée "Claude Lanzmann" à Paris - Lettre au Conseil de Paris

Signataires récents:
Celine GELPEROWIC et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

Lettre adressée au Conseil de Paris

 

Nous demandons solennellement au Conseil de Paris de revenir sur cette annulation accablante, et de nommer l’allée, « Claude-Lanzmann » qui, au-delà d’un homme, salue l’effort de justice face au plus incommensurable crime contre l’humanité que l’Histoire ait jamais connu.

 

Médaillé de la Résistance, Grand-croix de l’ordre national du Mérite, Grand officier de la Légion d’honneur, signataire du Manifeste des 121 – la « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie » –, directeur de la revue Les Temps Modernes pendant plus de trente ans, Claude Lanzmann est une figure majeure qui a marqué les consciences. Il est mondialement reconnu pour son film Shoah, inscrit au registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO, œuvre monumentale, sans équivalent, consacrée à l’extermination des Juifs d’Europe. Projeté dans les salles du monde entier, vu par des générations d’adultes et d’enfants, ce film-mémorial, rempart contre le négationnisme et contre la haine antisémite, appartient au patrimoine culturel de l’humanité.

Dans le cadre des commémorations des cent ans de sa naissance (1925-2018), la Mairie de Paris a souhaité lui rendre hommage en donnant son nom à l’allée centrale du square des Martyrs-Juifs-du-Vélodrome-d’Hiver. Mais en décembre 2025, des élus écologistes du Conseil de Paris, conduits par Alice Coffin, ont obtenu le retrait de la délibération qui devait permettre cet hommage. 

Pour justifier cette manœuvre d’appareil, ces élus invoquent des accusations de violences sexistes et sexuelles prêtées à Claude Lanzmann. Or aucune plainte n’a jamais été déposée. A fortiori, aucun jugement n’a été rendu.

Des membres d’un parti se sont ainsi substitués aux juges pour désigner un coupable sans que les concernées n’aient porté plainte et pour imposer leur idéologie, sans discussion, aux autres élus. 

Dans une démocratie digne de ce nom, les rumeurs et les ragots ne constituent pas le droit. Ils ne sauraient fonder une décision politique. C’est pourquoi cet épisode est grave, et ne doit pas rester sans réponse.

Par ailleurs, ne soyons pas naïfs : au-delà de la question démocratique, c’est la question de la mémoire de la Shoah et, à travers elle, de la lutte contre l’antisémitisme, qui se trouve ici atteinte. Dans un contexte d’aggravation de l’antisémitisme, de négation et/ou d’instrumentalisation de la Shoah, comment ne pas interpréter cet affront à la mémoire de Claude Lanzmann comme une démission voire – pire – une compromission ?

Nous ne pouvons l’accepter. 

C’est pourquoi nous demandons solennellement au Conseil de Paris de revenir sur cette annulation accablante, et de nommer l’allée, « Claude Lanzmann » qui, au-delà d’un homme, salue l’effort de justice face au plus incommensurable crime contre l’humanité que l’histoire ait jamais connu. 

Et si l’actuel Conseil se dérobait à cette obligation à la fois politique et morale, nous appelons les candidats aux prochaines élections municipales de s’engager clairement à réparer cette tache. 

 

Cette Lettre ouverte est parue dans le Point.fr et devient une pétition que vous pouvez signer 

Premiers signataires : 

1.     Paul Audi, philosophe

2.     Elisabeth Badinter, philosophe

3.     Corinna Coulmas, écrivaine, assistante de Claude Lanzmann sur son film Shoah

4.     Simone Harari Baulieu, productrice

5.     Martine Benoit, professeure des universités, germaniste

6.     Belinda Cannone, écrivain et essayiste

7.     Sophie Chauveau, écrivain

8.     Jerôme Clément, ancien président d’ARTE, écrivain

9.     Emmanuelle Cuau, réalisatrice

10.  Jean-Pierre Dardenne, réalisateur

11.  Luc Dardenne, cinéaste

12.  Marie-Pierre Doassans, parodontiste

13.  Caroline Eliacheff, pédopsychiatre, psychanalyste

14.  Renée Fregosi, philosophe et politologue

15.  Jasmine Getz, ancien membre du comité de rédaction des Temps Modernes, Maître de conférences émérite

16.  Nathalie Heinich, sociologue

17.  Eva Illouz, sociologue

18.  Liliane Kandel, sociologue et féministe, ancienne membre du comité de rédaction des Temps Modernes

19.  Marin Karmitz, cinéaste, producteur

20.  Bruno Karsenti, philosophe

21.  Colette Kerber, libraire

22.  Serge Klarsfeld, président de l’Association Les Fils et Filles des Déportés Juifs de France, vice-président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et de la Fondation Mémoire du Camp des Milles

23.  Beate Klarsfeld, présidente d’honneur de l’Association pour le jugement des criminels nazis ayant opéré en France, ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour l’enseignement de l’histoire de la Shoah

24.  Arno Klarsfeld, conseiller d’État, avocat

25.  Delia Kohen, psychanalyste

26.  Dominique Lanzmann-Petithory, praticienne hospitalière, présidente de l’Association Claude et Felix Lanzmann

27.  Bernard-Henri Lévy, philosophe et écrivain

28.  Nicolas Lévy-Beff, auteur-réalisateur

29.  Manuel Maidenberg, pédiatre

30.  Marc Maidenberg, chirurgien

31.  Eric Marty, essayiste, professeur émérite de littérature française contemporaine

32.  Céline Masson, professeure des universités, psychanalyste

33.  Anne Mélice, anthropologue, membre du comité de rédaction des Temps Modernes

34.  Isabelle de Mecquenem, professeure agrégée de philosophie

35.  Jean-Jacques Moscovitz, psychiatre, psychanalyste

36.  Anne-Élisabeth Moutet, journaliste

37.  Angélique Nabet, secrétaire de rédaction des Temps Modernes.

38.  Eugène Perla, psychiatre, psychanalyste

39.  Denis Peschanski, historien, directeur de recherche émérite au CNRS

40.  Richard Prasquier, médecin, ancien président du CRIF

41.  Gérard Rabinovitch, sociologue et philosophe, directeur de l’Institut Européen Emmanuel Levinas

42.  François Rastier, directeur de recherche honoraire au CNRS

43.  David Reinharc, éditeur

44.  Marc Sagnol, écrivain, ancien membre du comité de rédaction de la revue Les Temps Modernes

45. Jean-Pierre Sakoun, président d'Unité Laïque

46.  Josyane Savigneau, journaliste

47.  Dominique Schnapper, sociologue

48.  Didier Sicard, professeur émérite, Université Paris Cité

49.  Marie-Noëlle Sicard, professeure émérite, Université de Versailles Saint-Quentin

50.  Bertrand de Solliers, réalisateur

51.  Brigitte Sy, réalisatrice

52.  Jean Szlamowicz, linguiste

53.  Pierre-André Taguieff, philosophe, CNRS

54.  Serge Toubiana, critique de cinéma, ancien directeur de la cinémathèque, écrivain

55.  Sonya Zadig, psychanalyste et écrivain

56.  François Zimeray, avocat, ancien ambassadeur de France

 

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Céline MASSONLanceur de pétition

2 597

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Le problème

Lettre adressée au Conseil de Paris

 

Nous demandons solennellement au Conseil de Paris de revenir sur cette annulation accablante, et de nommer l’allée, « Claude-Lanzmann » qui, au-delà d’un homme, salue l’effort de justice face au plus incommensurable crime contre l’humanité que l’Histoire ait jamais connu.

 

Médaillé de la Résistance, Grand-croix de l’ordre national du Mérite, Grand officier de la Légion d’honneur, signataire du Manifeste des 121 – la « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie » –, directeur de la revue Les Temps Modernes pendant plus de trente ans, Claude Lanzmann est une figure majeure qui a marqué les consciences. Il est mondialement reconnu pour son film Shoah, inscrit au registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO, œuvre monumentale, sans équivalent, consacrée à l’extermination des Juifs d’Europe. Projeté dans les salles du monde entier, vu par des générations d’adultes et d’enfants, ce film-mémorial, rempart contre le négationnisme et contre la haine antisémite, appartient au patrimoine culturel de l’humanité.

Dans le cadre des commémorations des cent ans de sa naissance (1925-2018), la Mairie de Paris a souhaité lui rendre hommage en donnant son nom à l’allée centrale du square des Martyrs-Juifs-du-Vélodrome-d’Hiver. Mais en décembre 2025, des élus écologistes du Conseil de Paris, conduits par Alice Coffin, ont obtenu le retrait de la délibération qui devait permettre cet hommage. 

Pour justifier cette manœuvre d’appareil, ces élus invoquent des accusations de violences sexistes et sexuelles prêtées à Claude Lanzmann. Or aucune plainte n’a jamais été déposée. A fortiori, aucun jugement n’a été rendu.

Des membres d’un parti se sont ainsi substitués aux juges pour désigner un coupable sans que les concernées n’aient porté plainte et pour imposer leur idéologie, sans discussion, aux autres élus. 

Dans une démocratie digne de ce nom, les rumeurs et les ragots ne constituent pas le droit. Ils ne sauraient fonder une décision politique. C’est pourquoi cet épisode est grave, et ne doit pas rester sans réponse.

Par ailleurs, ne soyons pas naïfs : au-delà de la question démocratique, c’est la question de la mémoire de la Shoah et, à travers elle, de la lutte contre l’antisémitisme, qui se trouve ici atteinte. Dans un contexte d’aggravation de l’antisémitisme, de négation et/ou d’instrumentalisation de la Shoah, comment ne pas interpréter cet affront à la mémoire de Claude Lanzmann comme une démission voire – pire – une compromission ?

Nous ne pouvons l’accepter. 

C’est pourquoi nous demandons solennellement au Conseil de Paris de revenir sur cette annulation accablante, et de nommer l’allée, « Claude Lanzmann » qui, au-delà d’un homme, salue l’effort de justice face au plus incommensurable crime contre l’humanité que l’histoire ait jamais connu. 

Et si l’actuel Conseil se dérobait à cette obligation à la fois politique et morale, nous appelons les candidats aux prochaines élections municipales de s’engager clairement à réparer cette tache. 

 

Cette Lettre ouverte est parue dans le Point.fr et devient une pétition que vous pouvez signer 

Premiers signataires : 

1.     Paul Audi, philosophe

2.     Elisabeth Badinter, philosophe

3.     Corinna Coulmas, écrivaine, assistante de Claude Lanzmann sur son film Shoah

4.     Simone Harari Baulieu, productrice

5.     Martine Benoit, professeure des universités, germaniste

6.     Belinda Cannone, écrivain et essayiste

7.     Sophie Chauveau, écrivain

8.     Jerôme Clément, ancien président d’ARTE, écrivain

9.     Emmanuelle Cuau, réalisatrice

10.  Jean-Pierre Dardenne, réalisateur

11.  Luc Dardenne, cinéaste

12.  Marie-Pierre Doassans, parodontiste

13.  Caroline Eliacheff, pédopsychiatre, psychanalyste

14.  Renée Fregosi, philosophe et politologue

15.  Jasmine Getz, ancien membre du comité de rédaction des Temps Modernes, Maître de conférences émérite

16.  Nathalie Heinich, sociologue

17.  Eva Illouz, sociologue

18.  Liliane Kandel, sociologue et féministe, ancienne membre du comité de rédaction des Temps Modernes

19.  Marin Karmitz, cinéaste, producteur

20.  Bruno Karsenti, philosophe

21.  Colette Kerber, libraire

22.  Serge Klarsfeld, président de l’Association Les Fils et Filles des Déportés Juifs de France, vice-président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et de la Fondation Mémoire du Camp des Milles

23.  Beate Klarsfeld, présidente d’honneur de l’Association pour le jugement des criminels nazis ayant opéré en France, ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour l’enseignement de l’histoire de la Shoah

24.  Arno Klarsfeld, conseiller d’État, avocat

25.  Delia Kohen, psychanalyste

26.  Dominique Lanzmann-Petithory, praticienne hospitalière, présidente de l’Association Claude et Felix Lanzmann

27.  Bernard-Henri Lévy, philosophe et écrivain

28.  Nicolas Lévy-Beff, auteur-réalisateur

29.  Manuel Maidenberg, pédiatre

30.  Marc Maidenberg, chirurgien

31.  Eric Marty, essayiste, professeur émérite de littérature française contemporaine

32.  Céline Masson, professeure des universités, psychanalyste

33.  Anne Mélice, anthropologue, membre du comité de rédaction des Temps Modernes

34.  Isabelle de Mecquenem, professeure agrégée de philosophie

35.  Jean-Jacques Moscovitz, psychiatre, psychanalyste

36.  Anne-Élisabeth Moutet, journaliste

37.  Angélique Nabet, secrétaire de rédaction des Temps Modernes.

38.  Eugène Perla, psychiatre, psychanalyste

39.  Denis Peschanski, historien, directeur de recherche émérite au CNRS

40.  Richard Prasquier, médecin, ancien président du CRIF

41.  Gérard Rabinovitch, sociologue et philosophe, directeur de l’Institut Européen Emmanuel Levinas

42.  François Rastier, directeur de recherche honoraire au CNRS

43.  David Reinharc, éditeur

44.  Marc Sagnol, écrivain, ancien membre du comité de rédaction de la revue Les Temps Modernes

45. Jean-Pierre Sakoun, président d'Unité Laïque

46.  Josyane Savigneau, journaliste

47.  Dominique Schnapper, sociologue

48.  Didier Sicard, professeur émérite, Université Paris Cité

49.  Marie-Noëlle Sicard, professeure émérite, Université de Versailles Saint-Quentin

50.  Bertrand de Solliers, réalisateur

51.  Brigitte Sy, réalisatrice

52.  Jean Szlamowicz, linguiste

53.  Pierre-André Taguieff, philosophe, CNRS

54.  Serge Toubiana, critique de cinéma, ancien directeur de la cinémathèque, écrivain

55.  Sonya Zadig, psychanalyste et écrivain

56.  François Zimeray, avocat, ancien ambassadeur de France

 

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Céline MASSONLanceur de pétition

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