Pour un hebergement immédiat des mineurs isolés en recours des Bois Blancs à Lille


Pour un hebergement immédiat des mineurs isolés en recours des Bois Blancs à Lille
Le problème
Nous sommes des habitantes et habitants des Bois Blancs à Lille, solidaires et indigné.es face à la situation des 70 mineurs isolés qui dorment sous des tentes dans un parc public de notre quartier depuis le début de l’année 2024.
Alors que débute la trêve hivernale, nous demandons aux institutions publiques d’organiser dans les plus brefs délais l’hébergement de ces adolescents qui attendent une audience devant le Juge des Enfants pour faire reconnaître leur minorité.
En tant que citoyen.nes lillois.es, nous signons et relayons cet appel pour témoigner des attentes démocratiques que nous avons vis-à-vis des pouvoirs publics locaux. Nous leur demandons de réagir à la hauteur de leurs responsabilités politiques et morales, pour accueillir dignement ces mineurs isolés. Nous devons pouvoir compter sur la Ville de Lille, avec l’appui des autres communes métropolitaines, et sur le Département du Nord pour rendre concret le projet de société qu’ils disent défendre et faire rempart aux pensées et politiques racistes et xénophobes qui se diffusent dans notre pays. Le territoire lillois doit résonner avec accueil et hospitalité !
Lille, le 7 novembre 2024
Le Collectif des Habitant.es Solidaires et Indigné.es des Bois Blancs
__________________________
Pour mieux comprendre la situation et notre interpellation :
Depuis janvier 2024, après le démantèlement d’un camp à Lille Sud, des Mineurs Non Accompagnés ont trouvé pour seul refuge des tentes installées dans un parc public du quartier des Bois Blancs à Lille. Le Département du Nord les a considérés comme majeurs lors d’une évaluation menée quelques jours après leur arrivée à Lille dans des conditions difficiles (30% ont été reconnus mineurs à cette étape et sont hébergés en foyer). Ils ont déposé un recours devant le Juge des Enfants et doivent attendre environ 7 à 9 mois pour obtenir une audience, à l’issue de laquelle 80% sont effectivement reconnus mineurs. Pendant cette attente, la présomption de minorité promue au niveau international n’est pas respectée et l’Aide Sociale à l’Enfance n’assure pas leur prise en charge. Ils sont à la rue et leur survie dépend de l’engagement des associations et de la solidarité citoyenne.
Des habitant.es solidaires et engagé.es auprès des mineurs isolés en recours des Bois Blancs
Au début du printemps, notre collectif d’habitant.es a émergé spontanément à l’annonce de l’agrandissement du camp installé sur la Plaine des Vachers, dans notre quartier des Bois Blancs. Depuis sept mois, nous sommes plus de 150 à nous engager auprès de ces jeunes pour répondre à leurs besoins urgents du quotidien, en complémentarité avec les accueils de jour et les associations. Nous préparons des petits-déjeuners et des repas du soir le weekend quand aucune autre association n’est ouverte ; nous emportons des sacs de linge chez nous pour le rapporter propre et sec aux jeunes ; nous ouvrons des lieux-ressources du quartier (café coopératif, maison paroissiale, association sportive, épicerie solidaire*…) pour leur permettre de prendre une douche ou de préparer et servir un repas chaud ; nous leur proposons du soutien scolaire chaque dimanche.
C’est un engagement solidaire, bénévole, qui a une valeur inestimable tant nos rencontres, entre jeunes et habitant.es, sont sources de richesse, de joie et d’espoir. Mais c’est un engagement qui s’est imposé à nous, qui demande du temps, de l’énergie et de l’argent à des citoyen.es lillois.es qui ne font que pallier les manquements des institutions publiques pour l’accueil et l’accompagnement de ces mineurs dont les droits ne sont pas respectés (la France n’applique pas la Convention internationale des droits de l’enfant qu’elle a pourtant signée).
Aujourd’hui, après des mois d’attente, qui ont des conséquences délétères sur leur santé physique et mentale, et de présence à leurs côtés, nous pouvons témoigner : ils survivent dans des conditions de très grande vulnérabilité mais ils sont déterminés à se construire une vie et un avenir en France. Leur volonté de maîtriser le français, d’être scolarisés, d’apprendre un métier, de découvrir nos cultures est à la hauteur de la force qu’ils ont dû déployer pour arriver en vie en Europe depuis leur pays d’origine en Afrique.
Des lillois.es indigné.es face à l’absence de prise en charge par les pouvoirs publics
Notre colère et notre épuisement montent à mesure que le temps passé par les jeunes sur le camp s’allonge et que les interpellations faites auprès de la Ville de Lille et du Département du Nord restent sans effet.
La dureté des conditions de vie des jeunes et l’injustice avec laquelle leur situation administrative est traitée les a poussés à se mobiliser. Depuis la fin de l’été, ils s’organisent et manifestent pour défendre leurs droits. Ils réclament des solutions d’hébergement, la scolarisation et la réduction de la durée du recours devant le Tribunal des Enfants. L’association Utopia 56, qui œuvre en accompagnement et en soutien des jeunes, mène depuis plus d’un an un travail minutieux de plaidoyer auprès des institutions responsables. Nous avons nous-mêmes entamé un dialogue avec la Ville de Lille au niveau local. Nos alertes ont suscité l’interpellation des élus municipaux et métropolitains par notre Adjoint au Maire de Quartier.
Pour quel résultat ? Alors que l’hiver est déjà là, 70 jeunes sont toujours sous la tente et sans perspective pendant la durée de leur recours (70 autres sont hébérgés par des citoyen.nes dans l’attente d’une solution plus durable).
Nous demandons la mise à l’abri urgente des 70 jeunes garçons en recours des Bois Blancs et la recherche de solutions d'hébergement pérennes pour toutes et tous, filles et garçons, pendant toute la durée de leur recours.
Soutenir la mobilisation pour les droits des mineurs isolés à Lille
Pour agir à nos côtés en tant que citoyen.ne, collectif ou association lillois.e, vous pouvez :
- Signer et relayer cet appel pour donner à voir la force collective des habitant.es solidaires et indigné.es engagé.es aux côtés des mineur.es isolé.es qui veulent construire leur vie dans le Nord.
- Interpeller directement nos élus et responsables locaux pour leur demander d’agir.
- Suivre et relayer sur les réseaux sociaux la mobilisation et les revendications des jeunes en recours des Bois Blancs, qui s’organisent aux côtés d’autres collectifs en France : @mna_des_bois_blancs.
- Joindre et rejoindre le collectif à l’adresse solidarite-boisblancs@proton.me.
- Vous renseigner auprès de l’association Utopia 56 (utopia56.org) pour mieux comprendre la situation des MNA dans le Nord et l’action de plaidoyer déjà menée.
* Acteurs du quartier qui contribuent au soutien auprès des jeunes : Le Jardin des Passereaux (maison paroissiale), le café coopératif Le Tok'Ici, l'association La Deule, l'épicerie solidaire Chez Rabiaa, les Restos du Cœur, les habitats partagés, le théâtre Le Grand Bleu, la Maison de Quartier et le Comité d'Insertion des Bois Blancs.
Crédit photo : Félix Vanderdonckt
Le problème
Nous sommes des habitantes et habitants des Bois Blancs à Lille, solidaires et indigné.es face à la situation des 70 mineurs isolés qui dorment sous des tentes dans un parc public de notre quartier depuis le début de l’année 2024.
Alors que débute la trêve hivernale, nous demandons aux institutions publiques d’organiser dans les plus brefs délais l’hébergement de ces adolescents qui attendent une audience devant le Juge des Enfants pour faire reconnaître leur minorité.
En tant que citoyen.nes lillois.es, nous signons et relayons cet appel pour témoigner des attentes démocratiques que nous avons vis-à-vis des pouvoirs publics locaux. Nous leur demandons de réagir à la hauteur de leurs responsabilités politiques et morales, pour accueillir dignement ces mineurs isolés. Nous devons pouvoir compter sur la Ville de Lille, avec l’appui des autres communes métropolitaines, et sur le Département du Nord pour rendre concret le projet de société qu’ils disent défendre et faire rempart aux pensées et politiques racistes et xénophobes qui se diffusent dans notre pays. Le territoire lillois doit résonner avec accueil et hospitalité !
Lille, le 7 novembre 2024
Le Collectif des Habitant.es Solidaires et Indigné.es des Bois Blancs
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Pour mieux comprendre la situation et notre interpellation :
Depuis janvier 2024, après le démantèlement d’un camp à Lille Sud, des Mineurs Non Accompagnés ont trouvé pour seul refuge des tentes installées dans un parc public du quartier des Bois Blancs à Lille. Le Département du Nord les a considérés comme majeurs lors d’une évaluation menée quelques jours après leur arrivée à Lille dans des conditions difficiles (30% ont été reconnus mineurs à cette étape et sont hébergés en foyer). Ils ont déposé un recours devant le Juge des Enfants et doivent attendre environ 7 à 9 mois pour obtenir une audience, à l’issue de laquelle 80% sont effectivement reconnus mineurs. Pendant cette attente, la présomption de minorité promue au niveau international n’est pas respectée et l’Aide Sociale à l’Enfance n’assure pas leur prise en charge. Ils sont à la rue et leur survie dépend de l’engagement des associations et de la solidarité citoyenne.
Des habitant.es solidaires et engagé.es auprès des mineurs isolés en recours des Bois Blancs
Au début du printemps, notre collectif d’habitant.es a émergé spontanément à l’annonce de l’agrandissement du camp installé sur la Plaine des Vachers, dans notre quartier des Bois Blancs. Depuis sept mois, nous sommes plus de 150 à nous engager auprès de ces jeunes pour répondre à leurs besoins urgents du quotidien, en complémentarité avec les accueils de jour et les associations. Nous préparons des petits-déjeuners et des repas du soir le weekend quand aucune autre association n’est ouverte ; nous emportons des sacs de linge chez nous pour le rapporter propre et sec aux jeunes ; nous ouvrons des lieux-ressources du quartier (café coopératif, maison paroissiale, association sportive, épicerie solidaire*…) pour leur permettre de prendre une douche ou de préparer et servir un repas chaud ; nous leur proposons du soutien scolaire chaque dimanche.
C’est un engagement solidaire, bénévole, qui a une valeur inestimable tant nos rencontres, entre jeunes et habitant.es, sont sources de richesse, de joie et d’espoir. Mais c’est un engagement qui s’est imposé à nous, qui demande du temps, de l’énergie et de l’argent à des citoyen.es lillois.es qui ne font que pallier les manquements des institutions publiques pour l’accueil et l’accompagnement de ces mineurs dont les droits ne sont pas respectés (la France n’applique pas la Convention internationale des droits de l’enfant qu’elle a pourtant signée).
Aujourd’hui, après des mois d’attente, qui ont des conséquences délétères sur leur santé physique et mentale, et de présence à leurs côtés, nous pouvons témoigner : ils survivent dans des conditions de très grande vulnérabilité mais ils sont déterminés à se construire une vie et un avenir en France. Leur volonté de maîtriser le français, d’être scolarisés, d’apprendre un métier, de découvrir nos cultures est à la hauteur de la force qu’ils ont dû déployer pour arriver en vie en Europe depuis leur pays d’origine en Afrique.
Des lillois.es indigné.es face à l’absence de prise en charge par les pouvoirs publics
Notre colère et notre épuisement montent à mesure que le temps passé par les jeunes sur le camp s’allonge et que les interpellations faites auprès de la Ville de Lille et du Département du Nord restent sans effet.
La dureté des conditions de vie des jeunes et l’injustice avec laquelle leur situation administrative est traitée les a poussés à se mobiliser. Depuis la fin de l’été, ils s’organisent et manifestent pour défendre leurs droits. Ils réclament des solutions d’hébergement, la scolarisation et la réduction de la durée du recours devant le Tribunal des Enfants. L’association Utopia 56, qui œuvre en accompagnement et en soutien des jeunes, mène depuis plus d’un an un travail minutieux de plaidoyer auprès des institutions responsables. Nous avons nous-mêmes entamé un dialogue avec la Ville de Lille au niveau local. Nos alertes ont suscité l’interpellation des élus municipaux et métropolitains par notre Adjoint au Maire de Quartier.
Pour quel résultat ? Alors que l’hiver est déjà là, 70 jeunes sont toujours sous la tente et sans perspective pendant la durée de leur recours (70 autres sont hébérgés par des citoyen.nes dans l’attente d’une solution plus durable).
Nous demandons la mise à l’abri urgente des 70 jeunes garçons en recours des Bois Blancs et la recherche de solutions d'hébergement pérennes pour toutes et tous, filles et garçons, pendant toute la durée de leur recours.
Soutenir la mobilisation pour les droits des mineurs isolés à Lille
Pour agir à nos côtés en tant que citoyen.ne, collectif ou association lillois.e, vous pouvez :
- Signer et relayer cet appel pour donner à voir la force collective des habitant.es solidaires et indigné.es engagé.es aux côtés des mineur.es isolé.es qui veulent construire leur vie dans le Nord.
- Interpeller directement nos élus et responsables locaux pour leur demander d’agir.
- Suivre et relayer sur les réseaux sociaux la mobilisation et les revendications des jeunes en recours des Bois Blancs, qui s’organisent aux côtés d’autres collectifs en France : @mna_des_bois_blancs.
- Joindre et rejoindre le collectif à l’adresse solidarite-boisblancs@proton.me.
- Vous renseigner auprès de l’association Utopia 56 (utopia56.org) pour mieux comprendre la situation des MNA dans le Nord et l’action de plaidoyer déjà menée.
* Acteurs du quartier qui contribuent au soutien auprès des jeunes : Le Jardin des Passereaux (maison paroissiale), le café coopératif Le Tok'Ici, l'association La Deule, l'épicerie solidaire Chez Rabiaa, les Restos du Cœur, les habitats partagés, le théâtre Le Grand Bleu, la Maison de Quartier et le Comité d'Insertion des Bois Blancs.
Crédit photo : Félix Vanderdonckt
Victoire
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Pétition lancée le 7 novembre 2024