Pour sauver l’ancienne Fabrique Hugues-Aîné à Grasse

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Le problème

Monsieur le maire, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil municipal de la ville de Grasse,

 

Nous avons appris, mardi 25 février 2025, lors de la dernière réunion du conseil municipal, dans la délibération 2025-23, le projet de vente des locaux municipaux dits ancienne usine Hugues Ainé[1] pour une superficie totale de 466m² environ, au profit de la SAEML foncière Pays de Grasse Dynamique, au prix de 300.000 euros, soit 644 €/m² environ pour un bien à la situation exceptionnelle, situé dans le carré des musées de la cité historique. Son caractère remarquable est reconnu de tous et sa proximité immédiate avec le Musée d’Art et Histoire de Provence en fait un joyau très photographié, tant par les touristes que par les grassois, ainsi que les chercheurs[2].

 

Rappelons à tous que ces locaux faisaient partie, avec leurs adjacents[3], de l’Hôtel-Dieu Hôpital Saint Jacques, principal hôpital de la ville pour lequel vous trouverez toutes les informations nécessaires dans un livre récent [4].

 

C’est durant la période de la Révolution française, après la construction du nouvel hôpital de la Charité, situé au bout du Cours, que la municipalité d’alors a décidé de vendre ce local.

Le 18 octobre 1799, l’ancien hôpital était acquis en 4 lots inégaux, par Antoine QUINE, Jean-Joseph HUGUES, Charles ARCEL et Pierre-Jean SAUMON. Cette division correspond aux 4 adresses actuelles.

Jean-Joseph HUGUES, alors menuisier, acheta le plus petit des lots mais surtout la moitié de l’eau provenant des canaux souterrains de la ville.

Datée de 1817, la création de la marque Hugues Aîné correspond aux 18 ans d’Henri HUGUES, fils aîné et successeur du fondateur. Cette nomination proviendrait plus certainement de la séparation des 3 frères héritiers en deux entreprises, de manière à les différencier.

De la 2ème à la 4ème génération (les deux Henri HUGUES), en passant par la 3ème et plus importante, c’est-à-dire celle de jean-Joseph HUGUES[5], deuxième du nom, l’entreprise va se développer tant économiquement qu’en matière foncière. Ce seront les achats successifs des lots adjacents, ainsi que d’autres locaux à travers la ville et le territoire grassois, aux quartiers du Berouard, de la Sabrane et de Malbosc notamment.

En 1864, Jean-Joseph HUGUES mit au point un nouveau procédé de distillation par injection de vapeur directe, invention mise en valeur par l’iconographie présente sur la façade de son usine, élevée en 1881, venant couronner ses derniers achats fonciers sur ce site.

Après 4 générations familiales, cet héritage finit entre les mains de la famille HARMEL, déjà héritière des familles GOBY et TOMBAREL, à la mort du 2ème Henri HUGUES.

 

C’est en novembre 1985 que la commune de Grasse acheta la plus grande partie des lots de la dernière fabrique, « en l’état », présente dans le centre-ville[6].

Cet achat a été réalisé dans le but de servir d’annexe aux musées de la ville, comme le MAHP et le Musée International de la Parfumerie[7] alors en création. C’est bien d’ailleurs à cet usage que ces locaux sont toujours affectés actuellement, restant la dernière annexe de proximité des musées depuis la suppression de celle située dans l’ancien palais de justice transformé en campus.

En 2018-2019, la ville a même effectué la restauration de la façade principale grâce au mécénat de ROBERTET-CHARABOT à travers le fond de dotation Baudelaire pour un montant de 80.000 euros[8].

 

C’est pourquoi, nous vous demandons aujourd’hui de faire annuler la délibération 2025-23, de renoncer à la vente de ces locaux au profit d’un organisme de droit privé (bien que la commune y soit partie prenante[9],[10]) afin de conserver ce trésor patrimonial dans le giron des biens communaux, véritable vitrine des savoir-faire de la parfumerie grassoise.

 

A ce titre, un tout autre projet devrait être envisagé par la commune :

Avec dans un 1er temps :

  • conserver la fonction d’annexe des musées de la ville dans le niveau le plus bas, s’ouvrant directement sur une rue carrossable et en face du MAHP ;
  • créer des expositions temporaires liées aux savoir-faire de la parfumerie, à l’artisanat ou à l’art contemporain dans le local intermédiaire dit du Secours Catholique ;
  • ouvrir un pôle de restauration et de convivialité en lien avec les musées dans le local supérieur avec son balcon faisant face à l’hôtel Clapiers-Cabris.

Dans un 2ème temps, avec l’achat des autres lots complétant l’ancienne emprise industrielle, et après restauration de l’ensemble :

  • créer l’extension nécessaire aux musées en reliant le MIP et le MAHP par les souterrains de la ville, offrant ainsi une toute nouvelle expérience et la création d’un véritable parcours muséal, s’ouvrant également sur le Barri et l’ancienne usine Jean NIEL.

 

Depuis 2014, la commune affiche sa volonté de mette en valeur son patrimoine et a même obtenu la reconnaissance du label UNESCO pour son patrimoine immatériel. Nous avons la chance d’être propriétaire de ce bien, ne nous en séparons pas.

Cette demande s’inscrit dans une démarche participative dont l’objectif final est la recherche de l’intérêt commun.

 

Je vous prie d'agréer, Mesdames, Messieurs, ma considération distinguée.

 

Note : Une fois soumise au Conseil, cette pétition devient un document public, accessible à tous. L’information contenue dans cette pétition n’est pas jugée confidentielle et elle est accessible à quiconque demande de voir des copies de la pétition. L’information ne servira pas à la Ville à d’autres fins que d’assurer que le document répond aux normes établies par le Conseil pour une pétition valide, et pour assurer la communication avec le pétitionnaire principal ou porte-parole.

 


[1] Soit les lots 12 et 13 de la copropriété cadastrée section BH n°332 sise au n°6 de la rue Jean Ossola, les lots 1 et 2 de la copropriété cadastrée section BH n°331 sise au n°8 de la rue Jean Ossola, ainsi que les lots 1 et 2 de la copropriété cadastrée section BH n°330 sise au n°10 de la rue Jean Ossola.
[2] « Grasse, l’usine à parfums » de Gabriel BENALLOUL et Géraud BUFFA et paru en 2015.
[3] Les n°6, 8,10 et 12 de l’actuelle rue Jean Ossola.
[4] « Soulager tant de pauvres épars, hôpitaux et institutions charitables à Grasse (XVIIème-XVIIIème siècle) » de Gilles SINICROPI et paru en 2024.
[5] Dit Hugues Aîné ou Hugues Tunnel, son portrait est visible dans le grand escalier du MIP.
[6] HUGUES AINE ayant déjà déménagé sur le site de la Sabrane avant de devenir CHARABOT.
[7] Le Musée d’Art et d’Histoire de Provence et le Musée International de la Parfumerie.
[8] https://www.nicematin.com/vie-locale/grasse-le-fonds-baudelaire-au-chevet-du-patrimoine-278110
[9] https://www.pappers.fr/entreprise/pays-de-grasse-dynamiques-922674007/documents/PAYS%20DE%20GRASSE%20DYNAMIQUES%20-%20Attestation%20de%20d%C3%A9p%C3%B4t%20des%20fonds%2030-12-2022.pdf 
[10] http://grasseatous.viabloga.com/files//CM_2022_06_28___Creation_SEM_Grasse_Dynamiques__86__P_E_2.pdf

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Bastien BOTAZZILanceur de pétition

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Monsieur le maire, Mesdames et Messieurs les membres du Conseil municipal de la ville de Grasse,

 

Nous avons appris, mardi 25 février 2025, lors de la dernière réunion du conseil municipal, dans la délibération 2025-23, le projet de vente des locaux municipaux dits ancienne usine Hugues Ainé[1] pour une superficie totale de 466m² environ, au profit de la SAEML foncière Pays de Grasse Dynamique, au prix de 300.000 euros, soit 644 €/m² environ pour un bien à la situation exceptionnelle, situé dans le carré des musées de la cité historique. Son caractère remarquable est reconnu de tous et sa proximité immédiate avec le Musée d’Art et Histoire de Provence en fait un joyau très photographié, tant par les touristes que par les grassois, ainsi que les chercheurs[2].

 

Rappelons à tous que ces locaux faisaient partie, avec leurs adjacents[3], de l’Hôtel-Dieu Hôpital Saint Jacques, principal hôpital de la ville pour lequel vous trouverez toutes les informations nécessaires dans un livre récent [4].

 

C’est durant la période de la Révolution française, après la construction du nouvel hôpital de la Charité, situé au bout du Cours, que la municipalité d’alors a décidé de vendre ce local.

Le 18 octobre 1799, l’ancien hôpital était acquis en 4 lots inégaux, par Antoine QUINE, Jean-Joseph HUGUES, Charles ARCEL et Pierre-Jean SAUMON. Cette division correspond aux 4 adresses actuelles.

Jean-Joseph HUGUES, alors menuisier, acheta le plus petit des lots mais surtout la moitié de l’eau provenant des canaux souterrains de la ville.

Datée de 1817, la création de la marque Hugues Aîné correspond aux 18 ans d’Henri HUGUES, fils aîné et successeur du fondateur. Cette nomination proviendrait plus certainement de la séparation des 3 frères héritiers en deux entreprises, de manière à les différencier.

De la 2ème à la 4ème génération (les deux Henri HUGUES), en passant par la 3ème et plus importante, c’est-à-dire celle de jean-Joseph HUGUES[5], deuxième du nom, l’entreprise va se développer tant économiquement qu’en matière foncière. Ce seront les achats successifs des lots adjacents, ainsi que d’autres locaux à travers la ville et le territoire grassois, aux quartiers du Berouard, de la Sabrane et de Malbosc notamment.

En 1864, Jean-Joseph HUGUES mit au point un nouveau procédé de distillation par injection de vapeur directe, invention mise en valeur par l’iconographie présente sur la façade de son usine, élevée en 1881, venant couronner ses derniers achats fonciers sur ce site.

Après 4 générations familiales, cet héritage finit entre les mains de la famille HARMEL, déjà héritière des familles GOBY et TOMBAREL, à la mort du 2ème Henri HUGUES.

 

C’est en novembre 1985 que la commune de Grasse acheta la plus grande partie des lots de la dernière fabrique, « en l’état », présente dans le centre-ville[6].

Cet achat a été réalisé dans le but de servir d’annexe aux musées de la ville, comme le MAHP et le Musée International de la Parfumerie[7] alors en création. C’est bien d’ailleurs à cet usage que ces locaux sont toujours affectés actuellement, restant la dernière annexe de proximité des musées depuis la suppression de celle située dans l’ancien palais de justice transformé en campus.

En 2018-2019, la ville a même effectué la restauration de la façade principale grâce au mécénat de ROBERTET-CHARABOT à travers le fond de dotation Baudelaire pour un montant de 80.000 euros[8].

 

C’est pourquoi, nous vous demandons aujourd’hui de faire annuler la délibération 2025-23, de renoncer à la vente de ces locaux au profit d’un organisme de droit privé (bien que la commune y soit partie prenante[9],[10]) afin de conserver ce trésor patrimonial dans le giron des biens communaux, véritable vitrine des savoir-faire de la parfumerie grassoise.

 

A ce titre, un tout autre projet devrait être envisagé par la commune :

Avec dans un 1er temps :

  • conserver la fonction d’annexe des musées de la ville dans le niveau le plus bas, s’ouvrant directement sur une rue carrossable et en face du MAHP ;
  • créer des expositions temporaires liées aux savoir-faire de la parfumerie, à l’artisanat ou à l’art contemporain dans le local intermédiaire dit du Secours Catholique ;
  • ouvrir un pôle de restauration et de convivialité en lien avec les musées dans le local supérieur avec son balcon faisant face à l’hôtel Clapiers-Cabris.

Dans un 2ème temps, avec l’achat des autres lots complétant l’ancienne emprise industrielle, et après restauration de l’ensemble :

  • créer l’extension nécessaire aux musées en reliant le MIP et le MAHP par les souterrains de la ville, offrant ainsi une toute nouvelle expérience et la création d’un véritable parcours muséal, s’ouvrant également sur le Barri et l’ancienne usine Jean NIEL.

 

Depuis 2014, la commune affiche sa volonté de mette en valeur son patrimoine et a même obtenu la reconnaissance du label UNESCO pour son patrimoine immatériel. Nous avons la chance d’être propriétaire de ce bien, ne nous en séparons pas.

Cette demande s’inscrit dans une démarche participative dont l’objectif final est la recherche de l’intérêt commun.

 

Je vous prie d'agréer, Mesdames, Messieurs, ma considération distinguée.

 

Note : Une fois soumise au Conseil, cette pétition devient un document public, accessible à tous. L’information contenue dans cette pétition n’est pas jugée confidentielle et elle est accessible à quiconque demande de voir des copies de la pétition. L’information ne servira pas à la Ville à d’autres fins que d’assurer que le document répond aux normes établies par le Conseil pour une pétition valide, et pour assurer la communication avec le pétitionnaire principal ou porte-parole.

 


[1] Soit les lots 12 et 13 de la copropriété cadastrée section BH n°332 sise au n°6 de la rue Jean Ossola, les lots 1 et 2 de la copropriété cadastrée section BH n°331 sise au n°8 de la rue Jean Ossola, ainsi que les lots 1 et 2 de la copropriété cadastrée section BH n°330 sise au n°10 de la rue Jean Ossola.
[2] « Grasse, l’usine à parfums » de Gabriel BENALLOUL et Géraud BUFFA et paru en 2015.
[3] Les n°6, 8,10 et 12 de l’actuelle rue Jean Ossola.
[4] « Soulager tant de pauvres épars, hôpitaux et institutions charitables à Grasse (XVIIème-XVIIIème siècle) » de Gilles SINICROPI et paru en 2024.
[5] Dit Hugues Aîné ou Hugues Tunnel, son portrait est visible dans le grand escalier du MIP.
[6] HUGUES AINE ayant déjà déménagé sur le site de la Sabrane avant de devenir CHARABOT.
[7] Le Musée d’Art et d’Histoire de Provence et le Musée International de la Parfumerie.
[8] https://www.nicematin.com/vie-locale/grasse-le-fonds-baudelaire-au-chevet-du-patrimoine-278110
[9] https://www.pappers.fr/entreprise/pays-de-grasse-dynamiques-922674007/documents/PAYS%20DE%20GRASSE%20DYNAMIQUES%20-%20Attestation%20de%20d%C3%A9p%C3%B4t%20des%20fonds%2030-12-2022.pdf 
[10] http://grasseatous.viabloga.com/files//CM_2022_06_28___Creation_SEM_Grasse_Dynamiques__86__P_E_2.pdf

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