POUR QUE LES AUTORITÉS SÉNÉGALAISES INTERDISENT L’ACHAT DE CARBURANTS TOXIQUES AU SÉNÉGAL

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Madame, Messieurs,

Inspirés par les mesures prises par les autorités de nos voisins ouest-africains que sont le Ghana, le Nigéria, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Bénin, nous vous soumettons officiellement et publiquement la demande de légiférer afin que notre pays s’aligne aux normes européennes relatives aux limitations des polluants dans carburants importés.

Comme vous le savez, les carburants utilisés au Sénégal, honteusement appelé « qualité africaine » par les négociants qui nous les vendent, contiennent 200 à 1000 fois plus toxiques que ceux autorisés en Europe.[1]

Ces trop grandes quantités de souffre et de particules fines dans les carburateurs de notre pays, combiné à l’augmentation du parc automobile de ces dernières années (environ 350 000 de plus par an), triplent les risques de cancers, de maladies cardiaques et respiratoires pour le peuple. Si rien n’est fait, on estime qu'en 2030, la pollution de l'air sera la cause de 30 000 décès prématurés en Afrique soit trois fois plus qu'en Europe, aux Etats-Unis ou au Japon. [2] 

Le Ghana et le Nigeria ont, depuis juillet 2017, divisé par soixante la teneur en soufre autorisée dans l’essence et le diesel qu’ils importent pour arriver à un seuil maximal de 50 ppm (parties par million). Le Bénin, le Togo et la Cote d’Ivoire ont eux aussi pris des engagements similaires en Décembre 2017. [3] Il s’agit là de mesures législatives volontaires de ces pays qui vont dans le sens d’un renforcement des standards internationaux, soucieux de la santé de leur population et de l’environnement.

Malheureusement, nous constatons que dans notre pays le Sénégal, le taux de soufre présent dans les carburants diesel ou essence reste anormalement élevé. 

Force est de relever, qu’en plus, une grande partie de notre parc automobile est mal entretenu et rejette des nuages irrespirables de fumée sans être empêchés par la loi.

Nous sommes au fait des discussions récentes au sein du gouvernement sénégalais et prions nos autorités de ne pas gaspiller des ressources précieuses pour mettre en place un systeme de collecte de données sans avoir au préalable mis en place un cadre légal valable. A quoi bon mesurer des données que nous savons d'emblée catastrophiques?

L’article 8 de la Constitution de notre pays, le Sénégal, donne à chaque citoyen le droit à la Santé. Or nous sommes contraints de vivre dans une capitale où l'air est tellement toxique que les pédiatres prescrivent à nos enfants régulièrement et dès leur plus jeune âge des anti-allergiques et de la cortisone pour faire face aux troubles respiratoires dont ils souffrent de plus en plus.

Selon le rapport annuel 2017 du Centre de Gestion de la Qualité de l’Air (CGQA), les véhicules diesel (PM2,5) ont le plus affecté la qualité de l’air à Dakaret sont principales sources de pollution aux particules.[4]

En tant que citoyens soucieux d’offrir un environnement saint à nos enfants, tout en étant conscients des contraintes économiques de notre pays, nous demandons aux autorités nationales Sénégalaise adopter des standards stricts quant à la teneur en polluants (y compris le soufre) des carburants importés au Sénégal. Nous demandons à ce que le Sénégal s’aligne sur les taux EURO et fasse ainsi preuve de leadership dans la protection de la santé publique et fasse en sorte, grâce à son pouvoir législateur, que notre santé et notre environnement ne soit pas à la merci de négociants pour qui notre santé n’a pas de valeur.  En effet, leur modèle d’affaires se basent justement sur les standards laxistes de nos pays qui leur permettent de maximiser leurs profits au détriment de la santé de millions d’Africains et Africaines.

II a été montré que les coûts de la désulfuration des carburants ne sont pas prohibitifs : réduire la teneur en soufre d’un diesel de 1000 ppm au niveau admis en Europe, soit 10 ppm, coûterait en effet 9,5 Francs CFA par litre. Cela représente une hausse de 475 Francs CFA pour faire le plein d’un réservoir de 50 litres. Cette hausse ne doit pas nécessairement être reportée sur les consommateurs et consommatrices sénégalais. En 2015, cinq pays d’Afrique de l’Est ont considérablement abaissé la limite de soufre admise. Les surcoûts correspondants ont pu être répercutés sur les négociants internationaux. Les économies permises par de telles mesures sont nettement supérieures aux coûts qu’elles représentent : la Banque Mondiale a estimé que la mise en œuvre d’une limite de soufre autorisée dans le diesel à 50 ppm induirait, en dix ans, une économie de 3900 milliards de Francs CFA sur les coûts de la santé en Afrique subsaharienne.

Nous demandons aussi aux négociants suisses Vitol, Addax & Oryx et Trafigura de cesser d’inonder l’Afrique de carburants toxiques ; de produire pour ces pays, et d’y vendre, une essence et un diesel à faible teneur en soufre et autres polluants comme ils le font dans leur pays sans aucun problème.

 

Madame, Messieurs, c’est avec fierté que nous, signataires de cette pétition, vous demandons d’utiliser les moyens légaux à votre disposition afin de remédier à une situation qui n’est pas digne d’un pays qui a une vision de l’émergence qui dépasse la simple atteinte d’une croissance à deux chiffres.

 

Dans l’attente d’une réponse de votre part, nous vous prions de croire en l’expression de nos sentiments les plus distingués.

 



[1] Rapport de l’ONG Public Eye : « « Dirty Diesel » – Les négociants suisses inondent l’Afrique de carburants toxiques. » Datant de Septembre 2016. https://www.dirtydiesel.ch/fr/background/1   et  https://www.dirtydiesel.ch/pdf/2016-DirtyDiesel-Public-Eye-Investigation.pdf
[2] Chiffres de l'International Council on Clean Transportation (ICCT).
[3] Le Nigeria, le Bénin, la Côte d'Ivoire et le Togo, réunis à Abuja sous l'égide du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), en présence de l’International Council on Clean Transportation, la compagnie pétrolière Nigeria National Petroleum Corporation (NNPC), l’African Refiners Association (ARA), ainsi que des représentants de la CEDEAO, le 1er Decembre 2016.  http://www.jeuneafrique.com/379152/economie/carburants-toxiques-quatre-pays-dafrique-de-louest-sengagent-a-faire-menage/
[4] Rapport annuel 2017 du CGQA : http://www.airdakar.org/images/pdf/bulletins/rapport_annuel_2017.pdf



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