

Pour que la Mairie de Paris déclare Javier Milei "persona non grata"
Le problème
Le 30 septembre 2026, le président argentin Javier Milei sera présent à Paris à l’occasion de la Argentina Week Paris, vitrine destinée à attirer des capitaux européens. Nous demandons au Conseil de Paris de déclarer le président argentin persona non grata dans notre ville.
Après presque trois ans de mandat, la politique d’austérité radicale de Javier Milei pèse lourdement sur la société argentine : baisse du pouvoir d’achat et de la consommation des ménages, licenciements massifs de fonctionnaires, transformation profonde du marché du travail marquée par le recul de l’emploi formel et protégé au profit de l’emploi précaire et paupérisé — et ce malgré le recul de l’inflation —, coupes drastiques dans les services publics qui ont lourdement affecté le fonctionnement des universités publiques, de la recherche, de l’éducation, de la culture et des hôpitaux, récession qui frappe les entreprises non liées aux matières premières ou à la finance.
Corruption : plusieurs affaires ont touché l’entourage présidentiel et la haute administration, dont le scandale de la cryptomonnaie $LIBRA en 2025, qui a éclaboussé le chef de l’État lui-même. Karina Milei, sa propre sœur, secrétaire générale de la présidence, a été mise en cause dans une affaire de pots-de-vin présumés versés par des laboratoires à l’Agence nationale du handicap (ANDIS), au détriment des personnes en situation de handicap. Fernando Cerimedo — ancien stratège numérique du président argentin et du président bolivien actuel — a été arrêté en Bolivie pour tentative de féminicide sur son ex-compagne ; plutôt que de prendre ses distances, Milei l’a publiquement défendu et a relayé des théories mettant en doute l’agression.
Endettement : la politique d’ajustement budgétaire a fait exploser le surendettement et le recours au crédit des ménages (besoins en nourriture et paiement des services essentiels, dont les tarifs ont augmenté exponentiellement). Cette politique économique a provoqué la destruction de 411 000 emplois formels (déclarés) et la disparition de 30 600 entreprises. L’endettement croissant auprès du FMI et des détenteurs d’obligations accentue la dépendance extérieure de l’Argentine et a restreint sa souveraineté dans l’élaboration de sa politique économique.
Démantèlement des services publics : les coupes brutales dans la santé, l’éducation et la recherche scientifique ont provoqué l’exode des chercheurs et la fermeture de programmes essentiels.
Privatisation de ressources stratégiques : la mise en danger des principales réserves d’eau douce (glaciers) et des ressources naturelles et foncières au profit de multinationales, affecte sérieusement la souveraineté du pays.
Atteintes aux droits des femmes : les récentes déclarations de Milei contre l’IVG : « cette obsession d’assassiner des enfants dans le ventre de leur mère nous coûte également très cher en termes de croissance », font scandale et font craindre une remise en cause de la loi de 2020.
Répression policière : l’usage systématique de la force s’exerce contre les retraités, les mouvements sociaux et les manifestants pacifiques, et notamment contre les peuples originaires expulsés de leurs terres ancestrales.
Négationnisme d’État : le président et la vice-présidente relativisent les crimes de la dictature militaire (1976-1983) et les 30 000 disparus et s’attaquent aux organismes chargés de faire la lumière sur les disparitions et les vols de bébés. D’autre part, Javier Milei nie le changement climatique et l’impact d’activités humaines dévastatrices sur les catastrophes écologiques.
Violences verbales : les propos orduriers et scatologiques, les insultes et menaces récurrentes à l’égard de journalistes, d’opposants, de femmes — artistes, journalistes, politiques —, de référents des droits humains, de personnes en situation de handicap, de la communauté LGBTQI+ et de tout citoyen ne partageant pas les vues du président.
Le cas de la Maison de l’Argentine : depuis la nomination en 2024 d’un directeur proche du président, Santiago Muzio, la Maison de l’Argentine à la Cité internationale universitaire de Paris est au cœur d’une polémique croissante. L’éviction de résidents pour motifs idéologiques et le refus de Santiago Muzio de signer la charte des valeurs de la Cité U — engagement contre les discriminations et pour la liberté de conscience — ont conduit plusieurs maisons nationales (Japon, Canada, Allemagne, Danemark) à suspendre leurs échanges avec elle. La Mairie de Paris elle-même a demandé au gouvernement français d’enquêter sur son fonctionnement, notamment sur l’utilisation de la Maison pour des réunions de l’extrême droite européenne. Ce cas illustre la dérive autoritaire que le gouvernement argentin souhaite exporter en France.
Avec ces antécédents, la promotion de Javier Milei en France, soutenue par quelques médias et organisations patronales ainsi que par quelques dirigeants français, nous semble de la plus haute gravité. Nous demandons donc au Conseil de Paris et à son Maire :
1. de déclarer Javier Milei persona non grata sur le territoire parisien ;
2. de refuser tout accueil officiel, toute distinction ou tout événement institutionnel en son honneur pendant son séjour ;
3. de rappeler publiquement son attachement au respect irréprochable et strict des droits humains et sa solidarité avec les luttes démocratiques de la société argentine.
Premiers 50 signataires :
Diana Quattrocchi-Woisson, docteure en Histoire de l’Université de Paris VII, chercheuse honoraire du CNRS, présidente fondatrice de l’Observatoire de l’Argentine contemporaine — Carlos Schmerkin, conseil en édition, membre du comité éditorial du magazine Books, cofondateur de l’Observatoire de l’Argentine contemporaine — Alicia Dujovne Ortiz, écrivaine — Olivier Compagnon, professeur d’histoire contemporaine à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine — Lamia Oualalou, secrétaire générale de l’Observatoire international de la fiscalité — Pablo Nemirovsky, musicien, compositeur, écrivain — Françoise Moulin Civil, professeure émérite de littérature et culture de l’Amérique latine, CY Cergy Paris Université — Giancarlo Summa, directeur de l’Institut latino-américain pour le multilatéralisme — Martine Billard, ancienne députée de Paris, ancienne vice-présidente du groupe d’amitié France-Argentine — Sergio Aquindo, artiste et auteur — Geneviève Garrigos, conseillère de Paris — Eduardo Makaroff, musicien, compositeur, cofondateur du trio Gotan Project — Laura Alcoba, écrivaine, universitaire — Pierre Dardot, philosophe, universitaire — Mariana di Ció, maîtresse de conférences à l’Université Sorbonne Nouvelle — Christophe Giudicelli, historien, spécialiste de l’Amérique latine, professeur à Sorbonne Université — Esteban Buch, historien, musicologue, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales — Jean-Marie Laclavetine, écrivain, éditeur — Jérémy Rubenstein, historien, journaliste, chercheur indépendant — Edgardo Manero, directeur de recherche au CNRS, EHESS — Sophie Thonon, avocat à la Cour — José Eduardo Wesfreid, physicien à l’ESPCI, directeur de recherche émérite au CNRS — David Copello, politiste — Nicolas Schmerkin, producteur de cinéma d’animation — Martine Sin Blima-Barru, conservatrice du patrimoine, Archives nationales, membre de la section Archives et droits humains du Conseil international des archives (ICA) — Tomás Gubitsch, musicien, compositeur — Alberto Marquardt, réalisateur et directeur de la photographie — Julio Premat, Université Paris VIII, Institut universitaire de France, CONICET — Daniela Abadi, sage-femme, activiste féministe — Patrice Vermeren, philosophe, professeur émérite, Université Paris VIII, docteur honoris causa, Université de Buenos Aires — Pablo Stefanoni, journaliste, docteur en histoire — Caryl Férey, écrivain — José Muchnik, poète et anthropologue — Maria Amaral, artiste peintre — Frédéric Couderc, écrivain — Miguel Benasayag, philosophe, psychanalyste — Santiago Amigorena, réalisateur, scénariste, producteur de cinéma et écrivain — Frédéric Vabre, directeur de cabinet, vice-président de l’Observatoire de l’Argentine contemporaine — Federica Matta, artiste peintre — Guillaume Dumora, libraire, Le Monte-en-l’air — Philippe Enquin, photographe — Elena Pietrarelli, ancienne cadre de la Mairie de Paris — Miguel Angel Petracca, directeur de la librairie Cien Fuegos — Sylvie Braibant, journaliste et écrivaine — Nahuel Perez Biscayart, acteur — José Cuneo, artiste pluridisciplinaire — Armelle de Frondeville, artiste lyrique, metteuse en scène, professeure de chant — Cristina Ruiz Guiñazú, artiste peintre — Gaëlle Lassé, librairie Les Caractères — Jean Jacques Kourliandky, Directeur de l'Observatoire Amérique latine et des Caraïbes de la Fondation Jean Jaurès et chroniqueur de Nouveaux Espaces Latinos — Rodrigo Arenas, député de Paris, 10ème circonscription — Frédéric Lebaron, professeur de sociologie à l'École normale supérieure de Paris-Saclay et chercheur à l'IDHES.
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Le problème
Le 30 septembre 2026, le président argentin Javier Milei sera présent à Paris à l’occasion de la Argentina Week Paris, vitrine destinée à attirer des capitaux européens. Nous demandons au Conseil de Paris de déclarer le président argentin persona non grata dans notre ville.
Après presque trois ans de mandat, la politique d’austérité radicale de Javier Milei pèse lourdement sur la société argentine : baisse du pouvoir d’achat et de la consommation des ménages, licenciements massifs de fonctionnaires, transformation profonde du marché du travail marquée par le recul de l’emploi formel et protégé au profit de l’emploi précaire et paupérisé — et ce malgré le recul de l’inflation —, coupes drastiques dans les services publics qui ont lourdement affecté le fonctionnement des universités publiques, de la recherche, de l’éducation, de la culture et des hôpitaux, récession qui frappe les entreprises non liées aux matières premières ou à la finance.
Corruption : plusieurs affaires ont touché l’entourage présidentiel et la haute administration, dont le scandale de la cryptomonnaie $LIBRA en 2025, qui a éclaboussé le chef de l’État lui-même. Karina Milei, sa propre sœur, secrétaire générale de la présidence, a été mise en cause dans une affaire de pots-de-vin présumés versés par des laboratoires à l’Agence nationale du handicap (ANDIS), au détriment des personnes en situation de handicap. Fernando Cerimedo — ancien stratège numérique du président argentin et du président bolivien actuel — a été arrêté en Bolivie pour tentative de féminicide sur son ex-compagne ; plutôt que de prendre ses distances, Milei l’a publiquement défendu et a relayé des théories mettant en doute l’agression.
Endettement : la politique d’ajustement budgétaire a fait exploser le surendettement et le recours au crédit des ménages (besoins en nourriture et paiement des services essentiels, dont les tarifs ont augmenté exponentiellement). Cette politique économique a provoqué la destruction de 411 000 emplois formels (déclarés) et la disparition de 30 600 entreprises. L’endettement croissant auprès du FMI et des détenteurs d’obligations accentue la dépendance extérieure de l’Argentine et a restreint sa souveraineté dans l’élaboration de sa politique économique.
Démantèlement des services publics : les coupes brutales dans la santé, l’éducation et la recherche scientifique ont provoqué l’exode des chercheurs et la fermeture de programmes essentiels.
Privatisation de ressources stratégiques : la mise en danger des principales réserves d’eau douce (glaciers) et des ressources naturelles et foncières au profit de multinationales, affecte sérieusement la souveraineté du pays.
Atteintes aux droits des femmes : les récentes déclarations de Milei contre l’IVG : « cette obsession d’assassiner des enfants dans le ventre de leur mère nous coûte également très cher en termes de croissance », font scandale et font craindre une remise en cause de la loi de 2020.
Répression policière : l’usage systématique de la force s’exerce contre les retraités, les mouvements sociaux et les manifestants pacifiques, et notamment contre les peuples originaires expulsés de leurs terres ancestrales.
Négationnisme d’État : le président et la vice-présidente relativisent les crimes de la dictature militaire (1976-1983) et les 30 000 disparus et s’attaquent aux organismes chargés de faire la lumière sur les disparitions et les vols de bébés. D’autre part, Javier Milei nie le changement climatique et l’impact d’activités humaines dévastatrices sur les catastrophes écologiques.
Violences verbales : les propos orduriers et scatologiques, les insultes et menaces récurrentes à l’égard de journalistes, d’opposants, de femmes — artistes, journalistes, politiques —, de référents des droits humains, de personnes en situation de handicap, de la communauté LGBTQI+ et de tout citoyen ne partageant pas les vues du président.
Le cas de la Maison de l’Argentine : depuis la nomination en 2024 d’un directeur proche du président, Santiago Muzio, la Maison de l’Argentine à la Cité internationale universitaire de Paris est au cœur d’une polémique croissante. L’éviction de résidents pour motifs idéologiques et le refus de Santiago Muzio de signer la charte des valeurs de la Cité U — engagement contre les discriminations et pour la liberté de conscience — ont conduit plusieurs maisons nationales (Japon, Canada, Allemagne, Danemark) à suspendre leurs échanges avec elle. La Mairie de Paris elle-même a demandé au gouvernement français d’enquêter sur son fonctionnement, notamment sur l’utilisation de la Maison pour des réunions de l’extrême droite européenne. Ce cas illustre la dérive autoritaire que le gouvernement argentin souhaite exporter en France.
Avec ces antécédents, la promotion de Javier Milei en France, soutenue par quelques médias et organisations patronales ainsi que par quelques dirigeants français, nous semble de la plus haute gravité. Nous demandons donc au Conseil de Paris et à son Maire :
1. de déclarer Javier Milei persona non grata sur le territoire parisien ;
2. de refuser tout accueil officiel, toute distinction ou tout événement institutionnel en son honneur pendant son séjour ;
3. de rappeler publiquement son attachement au respect irréprochable et strict des droits humains et sa solidarité avec les luttes démocratiques de la société argentine.
Premiers 50 signataires :
Diana Quattrocchi-Woisson, docteure en Histoire de l’Université de Paris VII, chercheuse honoraire du CNRS, présidente fondatrice de l’Observatoire de l’Argentine contemporaine — Carlos Schmerkin, conseil en édition, membre du comité éditorial du magazine Books, cofondateur de l’Observatoire de l’Argentine contemporaine — Alicia Dujovne Ortiz, écrivaine — Olivier Compagnon, professeur d’histoire contemporaine à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine — Lamia Oualalou, secrétaire générale de l’Observatoire international de la fiscalité — Pablo Nemirovsky, musicien, compositeur, écrivain — Françoise Moulin Civil, professeure émérite de littérature et culture de l’Amérique latine, CY Cergy Paris Université — Giancarlo Summa, directeur de l’Institut latino-américain pour le multilatéralisme — Martine Billard, ancienne députée de Paris, ancienne vice-présidente du groupe d’amitié France-Argentine — Sergio Aquindo, artiste et auteur — Geneviève Garrigos, conseillère de Paris — Eduardo Makaroff, musicien, compositeur, cofondateur du trio Gotan Project — Laura Alcoba, écrivaine, universitaire — Pierre Dardot, philosophe, universitaire — Mariana di Ció, maîtresse de conférences à l’Université Sorbonne Nouvelle — Christophe Giudicelli, historien, spécialiste de l’Amérique latine, professeur à Sorbonne Université — Esteban Buch, historien, musicologue, directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales — Jean-Marie Laclavetine, écrivain, éditeur — Jérémy Rubenstein, historien, journaliste, chercheur indépendant — Edgardo Manero, directeur de recherche au CNRS, EHESS — Sophie Thonon, avocat à la Cour — José Eduardo Wesfreid, physicien à l’ESPCI, directeur de recherche émérite au CNRS — David Copello, politiste — Nicolas Schmerkin, producteur de cinéma d’animation — Martine Sin Blima-Barru, conservatrice du patrimoine, Archives nationales, membre de la section Archives et droits humains du Conseil international des archives (ICA) — Tomás Gubitsch, musicien, compositeur — Alberto Marquardt, réalisateur et directeur de la photographie — Julio Premat, Université Paris VIII, Institut universitaire de France, CONICET — Daniela Abadi, sage-femme, activiste féministe — Patrice Vermeren, philosophe, professeur émérite, Université Paris VIII, docteur honoris causa, Université de Buenos Aires — Pablo Stefanoni, journaliste, docteur en histoire — Caryl Férey, écrivain — José Muchnik, poète et anthropologue — Maria Amaral, artiste peintre — Frédéric Couderc, écrivain — Miguel Benasayag, philosophe, psychanalyste — Santiago Amigorena, réalisateur, scénariste, producteur de cinéma et écrivain — Frédéric Vabre, directeur de cabinet, vice-président de l’Observatoire de l’Argentine contemporaine — Federica Matta, artiste peintre — Guillaume Dumora, libraire, Le Monte-en-l’air — Philippe Enquin, photographe — Elena Pietrarelli, ancienne cadre de la Mairie de Paris — Miguel Angel Petracca, directeur de la librairie Cien Fuegos — Sylvie Braibant, journaliste et écrivaine — Nahuel Perez Biscayart, acteur — José Cuneo, artiste pluridisciplinaire — Armelle de Frondeville, artiste lyrique, metteuse en scène, professeure de chant — Cristina Ruiz Guiñazú, artiste peintre — Gaëlle Lassé, librairie Les Caractères — Jean Jacques Kourliandky, Directeur de l'Observatoire Amérique latine et des Caraïbes de la Fondation Jean Jaurès et chroniqueur de Nouveaux Espaces Latinos — Rodrigo Arenas, député de Paris, 10ème circonscription — Frédéric Lebaron, professeur de sociologie à l'École normale supérieure de Paris-Saclay et chercheur à l'IDHES.
Les décisionnaires
Voix de signataires
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Pétition lancée le 1 septembre 2026