Réponse au communiqué de la mairie : Le préau photovoltaïque face à la réalité

Le 9 juillet 2026, la mairie de Port-Saint-Père publiait un communiqué pour défendre le futur préau photovoltaïque du restaurant scolaire, qui implique l’abattage d’un grand noyer. Si l'intention d'informer est louable, le texte officiel accumule approximations et raccourcis. Confronté aux conclusions de la réunion du 29 juin 2026 et aux propos du maire Gaëtan Léauté dans la presse, le projet révèle une méthode du « fait accompli » empreinte de déni écologique.
1. Le mépris face à la mobilisation : « Les parents sont butés »
Alors que les familles, l'OGEC, la direction de l'école et l’association Anim’Action partagent une inquiétude légitime face à la destruction du seul espace végétalisé de l'îlot des enfants, la réponse du maire est d'une agressivité déconcertante. Dans Ouest-France, il lâche : « Les parents sont butés », avant d'ajouter au sujet de cet arbre qui protégeait pourtant les enfants par 42°C : « Ce n’est pas cet arbre qui va sauver le monde ». Une posture désobligeante qui balaie le bien-être des enfants face aux canicules qui s’accumulent et qui vont s’amplifier dans le futur.
2. L’argument de « l’arbre remarquable » : une formule vide de sens
Le communiqué précise que le noyer « ne figure pas parmi les arbres remarquables de la commune », pour minimiser sa valeur. Or, il n'existe aucune liste d'arbres remarquables à Port-Saint-Père. Brandir l'absence d'un label sur un registre inexistant est un procédé purement rhétorique qui ne repose sur rien de vérifiable.
3. Un litige d'assurance désormais soldé
Pour justifier l'urgence de l'abattage, la commune évoquait un sinistre de voisinage imputé aux racines et aux branches. C'est doublement faux :
- Les difficultés découlaient d'un manque d'entretien de la mairie elle-même suite à une division foncière.
- Surtout, le litige a été définitivement soldé. Le plaignant à fait classer le dossier sans suite il y a une dizaine de jours par son assurance car la mairie refuse obstinément de reconnaître sa responsabilité. Maintenir cet argument est une contre-vérité flagrante, d'autant qu'un certificat d'élagueur prouvait qu'un simple entretien classique suffisait à sécuriser le site.
4. Des alternatives concrètes et locales ignorées
La mairie affirme que l'emplacement retenu est la « seule option technique ». Des solutions évidentes ont pourtant été balayées :
- L'adaptation de l'existant : Agrandir le préau actuel (à l’ouest de la cantine) sur une zone déjà imperméabilisée éviterait tout abattage. L'argument selon lequel on ne peut installer de panneaux photovoltaïques sur le toit en zinc de la cantine est faux : ces solutions existent (notamment chez VMZINC).
- Les préaux des écoles : Les parents ont proposé d'utiliser les préaux existants des deux écoles (l’Alliance et les Hirondelles), situés à moins de 100 mètres de la cantine. Une réorganisation simple du temps du midi abriterait les enfants sans dépenser un centime. La mairie a catégoriquement refusé d'en discuter.
5. L'illusion écologique du remplacement d'un arbre mature
La municipalité promet de replanter quatre arbres de 2,5 mètres de haut pour compenser la perte. C'est une illusion scientifique : un arbre transplanté possède un système racinaire extrêmement pauvre et traumatisé par l'arrachage en pépinière. Contrairement au vieux noyer profondément ancré, ces jeunes arbres sont incapables de puiser l'eau en profondeur. Face aux canicules, leur taux de mortalité est très élevé et ils exigeront une perfusion d'arrosage automatique pendant 3 ans, sans garantie de survie.
6. Des choix techniques à contresens de la santé des enfants
- Le piège du sable compacté : La mairie vante ce sol pour prouver qu'elle ne « bétonne » pas. Or, privé d'humidité naturelle sous un préau étanche, le sable compacté s'assèche, perd sa cohésion et devient une poussière volatile (pulvérulente), créant une gêne respiratoire pour les enfants.
- L'effet de serre du bac acier : La couverture métallique nécessaire au support des panneaux photovoltaïques protège de la pluie mais s'avère totalement contre-productive en cas de canicule. Le métal accumule et rayonne la chaleur vers le bas, créant une étuve thermique étouffante là où l'ombre naturelle et l'évapotranspiration du noyer offraient une fraîcheur réelle.
7. Contradictions flagrantes : circulez, il n'y a rien à voir
L'ironie est totale : le 11 mai dernier, la municipalité organisait une conférence intitulée « Réintroduire le vivant dans les cours d’école ». Pourtant, sur le terrain, elle l'abat et invite dédaigneusement les enseignants et Anim'Action à « utiliser les autres îlots de fraîcheur » de la commune (place de la Bascule, port) — des espaces ouverts, non sécurisés et proches de routes passantes, inadaptés pour une pause méridienne.
Affirmant qu'un retour en arrière est « impossible » pour ne pas perdre 30 000 € de frais d'études (sur un projet à 150 000 €), le maire a unilatéralement décrété vouloir « mettre fin au débat ». Face à ce déni de démocratie, les usagers maintiennent leur opposition et exigent l’ouverture d’une véritable concertation.