
À vous tous, citoyens, auteurs et protecteurs de l'enfance,
L'actualité de ces derniers jours marque un tournant décisif dans notre combat. Alors que notre pétition « Corps à Cœur » rassemble désormais 96 811 voix, le débat dépasse nos frontières et met en lumière une prise de conscience européenne majeure.
Le Luxembourg montre la voie : une réalité pénale
Je salue la position exemplaire du Luxembourg, qui a pris ses responsabilités en statuant sur l'ouvrage en question. Ce n'est plus un simple débat littéraire : au Luxembourg, la loi est claire. Toute personne qui s'est procuré cet ouvrage s'expose désormais à des poursuites pénales pour détention de contenus illicites. Cette décision confirme ce que nous crions depuis des mois : la protection de l'enfance n'est pas négociable et sa violation a des conséquences réelles devant les tribunaux.
Liberté de création vs Devoir d'alerte
Si l’on invoque aujourd’hui la liberté de création pour l’auteur, il ne faut pas oublier le contrepoids démocratique essentiel : le devoir d’alerte de chaque citoyen.
En France, il est techniquement possible de dénoncer de manière anonyme. Mais à mes yeux, l'anonymat est un renvoi aux heures les plus sombres de notre histoire, aux méthodes de la Seconde Guerre mondiale que nous ne voulons plus voir. C'est pourquoi je tiens à vous remercier du fond du cœur d'avoir signé en votre nom propre, avec vos visages et vos identités, tout comme je l'ai fait. C'est cette transparence et ce courage qui font notre force et notre honneur.
L'aberration française : s'attaquer au bouclier
Pendant que nos voisins agissent, nous assistons en France à un spectacle aberrant : la plainte de l'auteur contre la Haute Commissaire à l’enfance. S'attaquer à l'institution garante de la protection des plus vulnérables est une inversion des valeurs que nous ne pouvons accepter.
« La littérature est un miroir de la société, mais lorsqu'elle devient un complice de l'ombre, elle cesse d'être de l'art pour devenir une blessure. On ne bâtit pas l'imaginaire sur les décombres de l'innocence. »
Un message de solidarité
À travers vos nombreux messages privés, j'entends l'inquiétude des créateurs de contenus. Sachez-le : vous n'êtes pas seuls. Votre devoir d'alerte est légitime et honorable. Je mets à la disposition de l'auteur et de ses conseils le lien de notre pétition : qu'ils y voient la preuve d'un traumatisme moral collectif.
Prochaines étapes
Je travaille actuellement sur une réponse juridique structurée et poursuis mon analyse comparative pour démontrer pourquoi cet ouvrage contrevient aux traités internationaux ratifiés par la France (Convention de Lanzarote, CIDE). La fiction doit rester un espace de liberté, mais elle ne sera jamais une zone de non-droit.
Nous restons unis, déterminés et plus que jamais lucides.
Bienveillamment,
Anaïs FENAUTRIGUES-PETRELLI
Une maman et une lectrice engagée