
Amélie TSAAG VALRENJosselin, France
Jan 2, 2017
Bonsoir.
Les incitations abattages semblaient plus ou moins oubliées depuis un an, mais un bruit de couloir laisse entendre que la question de la fin de vie des chevaux devrait être abordée prochainement au parlement européen.
C'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.
Une bonne nouvelle, car en passant à l'échelle européenne, nous rejoindrons des personnes mobilisées dans d'autres pays, comme le Royaume-Uni et l'Allemagne, où les chevaux ont d'excellents avocats, compétents et motivés.
Une mauvaise, car comme nous le savons tous, les lobbies de la viande sont très bien installés à Bruxelles. Il sera difficile d'ériger un rempart suffisant contre la réification des êtres vivants. Les intérêts de ces lobbies sont clairs : balayer les législations empêchant l'abattage des chevaux médicamentés, empêcher toute possibilité d'exclusion à vie de la chaîne alimentaire, et généraliser les "camps d'embouche", "parcs d'engraissements" ou "sas de blanchiment" sur le modèle des feedlots américains, où les chevaux non-désirés, juments gravides, coursiers accidentés, montures de club usées, seront légalement "engraissés" par centaines, voire par milliers, avant leur dernier voyage.
Je suivrai les avancées de ces négociations avec attention, mais une pétition française ne fera jamais le poids. De plus, comme vous le savez, je suis autiste. Bien que je parle anglais, ma voix seule ne pourra défendre la cause des équidés à Bruxelles. M'exprimer en public reste à ce jour extrêmement difficile. Et nous ne parlons pas là de simplement s'exprimer, mais bien de barrer la route aux lobbies, d'empêcher les abattoirs et les sociétés d'équarrissage de nous dépouiller, de mettre au jour ce que les chevaux apportent grâce à leurs qualités, en premier lieu leur différence, leur infinie patience, leur tolérance à notre égard.
Les chevaux ont besoin de votre voix.
Merci.
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