
Ferdaous Najar, en chaise roulante, au deuxième étage d’une tour qui en compte 16, ramène ses problèmes au rapport de force : le bruit médiatique est le chemin le plus court pour faire bouger un bailleur social trop occupé, peu pressé ou débordé. Elle nous a écrit un long message étayé. Jurisprudence d’hiver : une vidéo virale d’elle en début d’année lui a permis, assure-t-elle, de recevoir deux offres de relogement (qui ne convenaient pas) quelques semaines plus tard. Après plus de deux ans d’attente.
La séquence raconte sa vie à Nanterre quand l’ascenseur lâche. Sa mère qui tape aux portes des voisins pour savoir si ces derniers peuvent l’aider à la descendre – son matériel médical pèse autour des 100 kilos. Elle, l’immobilisée qui craint d’être virée de son service civique à Pôle Emploi si elle ne parvient pas à sortir de l’immeuble.
Ferdaous y voit quelque chose relevant du «tout ça pour ça» : décevoir un patron, après l’avoir convaincu d’être aussi compétente que n’importe qui, est une charge mentale aussi lourde que rageante. Certitude d’été : sans une responsable compréhensive, elle aurait fini à la porte, déroule-t-elle dans son salon. Soit une dépendance supplémentaire, celle à l’empathie.
Onze pannes
La jeune femme, 23 ans, souhaite quitter le bâtiment Noirmoutier, situé dans un quartier populaire proche de la gare et promis à une démolition prochaine. A cause d’un ascenseur qui bloque sans prévenir. Plus que tout, elle se plaint d’y voir flou. Où en est sa demande de relogement depuis trois ans ? Pourquoi ça dure autant alors qu’elle est malade ? Comment un bailleur gère-t-il les priorités ? Pourquoi est-il si laborieux de sécuriser des ascenseurs en 2020 ?